Des secouristes nocturnes veulent plus de soutien à Lausanne

Nuits lausannoisesUne société menace de cesser ses patrouilles, faute d’argent. La chaîne d’urgence classique suffit répondent certains.

L'infirmerie du Mad, gérée par Hemostaz est trop souvent utilisée par des personnes prises en charge ailleurs dans le quartier, estime la société.

L'infirmerie du Mad, gérée par Hemostaz est trop souvent utilisée par des personnes prises en charge ailleurs dans le quartier, estime la société. Image: Marc-André Marmillod - A

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Habituée à faire de la prévention auprès des noctambules lausannois, l’organisation médicale Hemostaz prévient cette fois les discothèques et la Municipalité: faute de soutiens financiers, elle cessera ses patrouilles de rue au 24 juillet et se contentera d’œuvrer pour les clubs qui la paient, rapporte 20 minutes.

«Nous ne nous déplacerons plus si un témoin nous alerte hors des discothèques qui font appel à nous, annonce David Ferreira, coordinateur chez Hemostaz. Nous les orienterons vers le 144. Et ça donnera lieu à un ballet d’ambulances qui viendront réveiller des gens endormis ou leur tendre un sac pour vomir.» Persuadée d’avoir un rôle intermédiaire à jouer entre les correspondants de nuit et les urgences, Hemostaz aimerait que plus de clubs assument leurs responsabilités et acceptent de payer pour financer sa patrouille «constituée de personnes formées et encadrées par des professionnels de la santé». «Trop d’établissements nous répondent qu’ils sont là pour divertir et qu’ils ne forcent pas les gens à boire. Résultat, nous abusons de notre infirmerie située au Mad, l’un de nos partenaires, pour des gens qui ne sont pas clients», regrette David Ferreira.

«Je ne remets pas en cause l’activité d’Hemostaz mais, en l’état, les correspondants de nuit me semblent plus pertinents»

Au-delà des clubs, Hemostaz pointe le manque de soutien de la Ville. «Nous faisons confiance à notre propre système, pour lequel nous dépensons déjà beaucoup d’argent, répond le municipal de la Sécurité, Pierre-Antoine Hildbrand. Les clubs ont une responsabilité morale, de périmètre, et les gens sont responsables d’eux-mêmes. Je ne remets pas en cause l’activité d’Hemostaz mais, en l’état, les correspondants de nuit me semblent plus pertinents.»

Un avis partagé par Stephan Misteli, directeur de la Fondation Urgences Santé. Ce dernier estime que la palette de prestations est déjà suffisamment large. «Je ne vois pas un partenaire qui ferait défaut dans la chaîne de secours. Je ne suis pas sûr que l’arrêt des patrouilles génère beaucoup d’appels supplémentaires et, de toute façon, nous serions en capacité d’y répondre», envisage-t-il. Par contre, il souligne que l’activité de cette patrouille permet une meilleure appréciation des situations profitable à Urgences Santé, qui gère le 144.

«Pour moi, c’est un service à la clientèle avec un côté préventif très intéressant», vante Thierry Wegmüller, patron du D! Club et président de GastroLausanne. La charte Label Nuit qui doit être lancée à la fin de l’année impliquera d’ailleurs une affiliation aux services d’Hemostaz ou de toute entité similaire. (24 heures)

Créé: 14.07.2017, 20h06

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