Le stationnement sauvage fait tomber les prunes à Lavaux

VoituresLes deux polices de l’Est lausannois ont vu leurs recettes de «défense publique» augmenter ces dernières années. Explications

Les dénonciations concernant des voitures garées sans autorisation ont plus que doublé entre 2014 et 2016. Image: Philippe Maeder

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Les propriétaires de places de parc privées se rebellent à Lavaux. Ces dernières années, le nombre de dénonciations concernant des voitures garées sans autorisation sur ces places privées a fortement grimpé dans toutes les communes entre Pully et Saint-Saphorin, selon les chiffres de la Police Est lausannois et de l’Association Police Lavaux (APOL). La première en dénombrait 159 en 2014 et 343 en 2016, contre 152 et 330 pour la seconde.

«Nous avons peu de problèmes de sécurité dans cette région située entre deux pôles (ndlr: Lausanne et Vevey), sauf ceux qui concernent la mobilité et le stationnement», indique Eugène Chollet, commandant de l’APOL. Et ces dernières années, ces points noirs se sont confirmés. En 2016, l’APOL voyait son budget dopé de 200'000 francs supplémentaires au rayon des amendes liées à la vitesse et de celles de défense publique (lire ci-dessous). «Le nombre d’infractions au radar est stable, mais les amendes sont plus élevées car les gens vont plus vite, précise Eugène Chollet. Et pour ce qui est de la défense publique, cela a plus que doublé en deux ans.»

Des horodateurs partout

La raison de cette explosion est à chercher du côté des horodateurs, explique le commandant. En cinq ans, toutes les communes couvertes par l’APOL (Lutry, Bourg-en-Lavaux, Puidoux, Chexbres, Rivaz, Saint-Saphorin) ont rendu leurs parkings publics payants - 40 horodateurs pour quelque 8000 places à temps limité. Du coup, les voitures débordent du domaine public sur le domaine privé, parfois même aux abords des champs, rendant difficile le travail des agriculteurs.

Les chiffres lausannois sont aussi éclairants: la commission de police observe une stabilité, voire même une sensible baisse des recettes en 2016. Sans que cela puisse être prouvé, on pourrait y voir un report.

Pour Dan-Henri Weber, commandant de la police de l’Est lausannois, la raison est aussi à chercher ailleurs. «Il a été remarqué ces dernières années que les propriétaires étaient plus à même de dénoncer les stationnements illicites, peut-être parce qu’ils ont constaté que les ordonnances pénales de la commission de police faisaient leur effet sur les récidivistes.» A l’APOL, on confirme: une campagne de dénonciations d’une durée d’un mois suffit souvent à décourager les contrevenants et à endiguer le problème. C’est au propriétaire de le faire et en aucun cas aux autorités, s’agissant du domaine privé.

Tarifs dissuasifs

Et le tarif de la prune est dissuasif. Un parcage sauvage peut coûter jusqu’à 500 francs au propriétaire du véhicule, voire 1000 en cas de récidive. Jusqu’en 2004, ces amendes s’élevaient à 30 francs (60 en cas de récidive). Des tarifs qui n’avaient «aucun effet», selon Eugène Chollet. Ce changement a été opéré en 2004, lorsque la compétence de réprimer les infractions aux défenses publiques a été transférée des juges de paix aux autorités municipales (soit à la commission de police).

Fixés par les communes, ces tarifs diffèrent d’une région à l’autre, mais sont loin des maximums autorisés. A Bourg-en-Lavaux et environs, ce sont 130 francs (et 40 fr. de frais) qui sont perçus, à Pully, 90 francs (et 50 de frais), et à Lausanne, 120 francs (et 50 de frais). Et en cas de récidive, 40 fr. sont ajoutés à Pully, tandis qu’à Bourg-en-Lavaux et Lutry, l’amende dépend de la situation du (multi) récidiviste.


Mode d’emploi juridique

La défense publique (d’un passage ou d’un autre usage abusif comme le stationnement) est prononcée par la Justice de Paix sur demande du propriétaire. Une fois la mise à ban prononcée, un panneau réglementaire signé par le Juge de Paix - qui annonce l’interdiction et la sanction, soit une amende - doit être installé sur la parcelle aux frais du propriétaire. Dès lors, ce dernier (ou toute autre personne détenant une procuration) peut dénoncer une infraction (gratuitement) à la commission de police de sa commune ou région. Cette commission, qui dépend de la Municipalité, est composée d’un ou trois municipaux ou/et, dans tous les cas dans les villes, d’un fonctionnaire supérieur de police. Elle se charge d’identifier le contrevenant et de lui transmettre l’amende. Son tarif est fixé par les autorités municipales, mais ne doit pas dépasser 500 francs (1000 fr. en cas de récidive). La recette de ces amendes revient aux autorités (ou au corps de police s’il est mandaté). (24 heures)

Créé: 18.04.2017, 14h44

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