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Lausanne

Le Vivarium, un musée qui risque l’extinction

Par Philippe Dubath. Mis à jour le 09.03.2013 10 Commentaires

L’institution cherche 650 000 francs, un nouveau lieu et des dirigeants.

1/28 Michel Ansermet, directeur du Vivarium, avec un serpent
Jean-Paul Guinnard

   

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Le Vivarium est un bateau qui tangue. Des locaux décatis, un conseil de fondation décapité, des lettres de licenciement que les employés ont déjà reçues… à titre préventif. Tout cela sur fond de gestion financière chaotique. Bref, l’institution bien connue des Lausannois a besoin d’argent. Il lui faut 250'000 francs d’ici à la fin du mois. A quoi s’ajoute un trou de 400'000 francs.

Départs

Ces derniers jours, selon nos informations, que la direction ne confirme ni n’infirme, deux membres du conseil de fondation du Vivarium ont démissionné, et deux employés, qui ont reçu leur lettre de licenciement en janvier déjà, effectuent leurs dernières heures de travail. Ils ne seront peut-être pas les seuls à devoir quitter le bateau. Tous les employés, à titre préventif, directeur compris, auraient aussi reçu leur congé pour plus tard. Une sorte d’anticipation au cas où…

Un centre de compétences

Comment en est-on arrivé là? Michel Ansermet, qui a repris la direction du Vivarium il y a deux ans, ne cache pas la réalité: «En automne 2010, quand je suis arrivé, nous avons décidé de transformer le Vivarium en véritable centre de compétences. Il fallait changer de peau, ne plus offrir seulement à la population une exposition de reptiles. Nous avons donc formé un comité scientifique de haute valeur et, dans notre conseil de fondation, des gens se sont engagés à gérer les finances, à chercher des soutiens. Mais cette partie-là de notre plan n’a pas fonctionné, il faut le dire.»

Elle a si mal fonctionné, à l’insu des gens plutôt occupés à veiller sur la santé et sur le bien-être des reptiles, que le Vivarium se retrouve avec un trou de 400 000 francs. L’une des personnes qui était chargée de la stabilité financière et de la recherche de fonds est démissionnaire et, toujours selon des informations fournies par un visiteur fidèle du Vivarium, cette personne aurait déjà connu de gros problèmes en 2003 et en 2004 dans une autre société importante de la région.

Reconnue coupable de gestion déloyale et d’abus de confiance, avec un autre accusé, elle avait alors été condamnée à plusieurs mois d’emprisonnement avec sursis en 2009. Mais personne, au Vivarium, n’avait, semble-t-il, été mis au courant de ce passé, qui d’ailleurs ne signifie pas qu’il y a eu cette fois-ci gestion déloyale ou autre abus.

Défi

Le problème, pour le Vivarium, c’est que le mal, volontaire ou pas, est fait: il se retrouve avec ce trou de 400'000 francs. A cela s’ajoutent les quelque 250'000 francs dont il a besoin d’ici à la fin du mois de mars pour simplement continuer à respirer. Le directeur, aujourd’hui, se retrouve dans une situation de défi.

«Nous formons des pompiers, des policiers à l’approche des reptiles. Nous proposons des cours exigeants mais complets, bien plus que ce que demande la loi, aux futurs détenteurs de serpents venimeux. Nous gardons ici, parmi les quelque 500 animaux présents, 52 espèces en danger critique de disparition de la planète. L'Association des zoos européens se prépare à nous faire un cadeau extraordinaire en guise d’amitié: un animal extrêmement rare, spectaculaire, inimaginable ici. Avant, nous étions décriés par l’Office vétérinaire fédéral, or il est devenu un partenaire. Et c’est le cas d’autres organismes.»

Mais alors pourquoi la situation est-elle si critique? «Parce que nous passons du temps et investissons de l’argent, beaucoup d’argent, à réparer à coups de sparadrap coûteux le bâtiment actuel, qui ne tient plus debout mais mange beaucoup d’énergie. Parallèlement, nous n’avons pas fait le nécessaire pour trouver de l’argent, nous n’avons pas réalisé ce qui se passait, or il est temps que nous fassions en sorte de ne plus compter seulement sur la Ville de Lausanne et le Canton, qui nous aident régulièrement sous de multiples formes.»

Impensable de fermer

Le directeur refuse d’imaginer la fermeture: «Il faudrait placer ou euthanasier un grand nombre d'animaux. Ethiquement, c’est impensable.» Du côté de la Ville de Lausanne, on est au courant de la situation. On estime que le Vivarium a besoin d’un projet crédible, d’une stabilisation de ses finances et que des signes encourageants apparaissent.

Dans le cadre de sa recherche de sponsors, Michel Ansermet et ses collaborateurs ont élaboré comme ça, en passant, un rêve un peu fou, une douce utopie, un projet ultramoderne qui ferait passer le Vivarium du stade de la caverne au palais de verre.

«Le bâtiment, qui est en forme d’araignée, permettrait enfin de mettre en valeur nos animaux, d’accueillir encore mieux les serpents abandonnés, d’accentuer la sauvegarde des espèces menacées, d’accueillir le public, les chercheurs, de donner des conférences à la mesure de ce que nous cultivons comme connaissances dans notre Vivarium. Je vais vous dire: pour nous, l’idéal, la révolution, ce serait qu’il soit construit dans la région de Dorigny, dans le quartier des Universités, pour que se crée une véritable interaction entre nous et les étudiants, les professeurs, les biologistes, les chercheurs. Mais, je sais, pour l’instant, ce n’est qu’un rêve!»

Les personnes désireuses d’apporter leur soutien au Vivarium peuvent faire un don sur le compte de Poste suivant: PostFinance : Fondation du Vivarium de Lausanne Chemin de Boissonnet 82 1010 Lausanne IBAN CH30 0900 0000 1726 2022 4 (24 heures)

Créé: 09.03.2013, 18h25

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10 Commentaires

emilie watts

09.03.2013, 21:43 Heures
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c'est terrible pour ce Vivarium qui s'est tellement engagé pour que ce lieu reste et les animaux également.Tant de riches dans le canton de Vaud et PERSONNE ???? pour donner 650'000 frs???Il y a tant de millionaires ..... Répondre


Antoine Marcas

10.03.2013, 09:30 Heures
Signaler un abus 18 Recommandation 2

Bien que les personnes travaillant au vivarium, méritent un immense respect, force est de constater que les locaux abritant les reptiles n'encouragent pas les visiteurs à retourner régulièrement voir les animaux. Trop vétuste et exigu. Et il y a certainement un gros manque à gagner au vu de la fréquentation. Répondre



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