«La solidarité fonctionne à la Vallée»

Le BrassusDimanche, une série de maisons mitoyennes ont été la proie des flammes. Le drame a déclenché un impressionnant élan de soutien.

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Le cœur du Brassus est encore meurtri. Depuis dimanche, le centre du village combier affiche des bâtisses sans toit et baigne dans une ambiance lourde. De mémoire de pompiers, l’incendie qui a ravagé ce jour-là une série de maisons mitoyennes est l’un des plus graves jamais enregistré autour du lac de Joux en termes de sinistrés: au moins 17 appartements, un atelier et un bureau détruits ou atteints, une petite trentaine d’habitants – seniors, apprentis, familles et employés – ne pourront pas retrouver leurs foyers avant des mois, voire des années. Certains ont simplement tout perdu dans les flammes. Une enquête est ouverte, et la Sûreté ratissait encore les lieux jeudi.

«Ça nous a fait un sacré coup, souffle Hervé Valceschini, l’un des sinistrés. Je préparais mes deux enfants quand quelqu’un est rentré et a crié «au feu, évacuez!» C’est un groupe de cyclistes qui a repéré les flammes en passant. On est sorti en vitesse. Le feu sortait déjà du toit. Heureusement qu’il n’y avait pas de bise, ça aurait été pire.» D’importants moyens ont été déployés par des sapeurs de la Vallée, de Vallorbe et de Lausanne. Lundi, le feu repartait à deux reprises. «Maintenant ça va mieux, poursuit le père de famille. On reçoit des tas de messages, d’appels, plein de gens nous proposent leur aide ou des affaires. Vous pouvez dire aux gens de la plaine comment fonctionne la solidarité chez les Combiers!»

Modérer les aides

C’est peu dire. Mardi, 200 personnes proposaient déjà hébergement, habits ou aide diverse sur une page Facebook. Le bouche à oreille, la famille et la communauté locale ont suffi pour reloger l’entier des sinistrés. A tel point que la Commune du Chenit n’a eu besoin d’ouvrir aucune de ses structures d’accueil. C’est à peine si les autorités n’ont pas eu à modérer les Combiers.

«Pour plus tard, on a déjà écrit aux régies de la région afin de leur demander de réserver un bon accueil aux éventuelles demandes des personnes touchées»

«L’élan de solidarité ne nous a en soi pas surpris, sourit David Piguet, municipal des Bâtiments. Ici, les gens se connaissent et ont l’habitude de se serrer les coudes. Mais on ne s’attendait pas à une telle vitesse de réaction. Il a fallu dire aux gens de ne rien déposer au greffe ou ailleurs. Maintenant, on centralise les offres d’aides, et on fera le point avec les sinistrés. L’inventaire des dégâts est encore en cours.» Avant de conclure: «Pour plus tard, on a déjà écrit aux régies de la région afin de leur demander de réserver un bon accueil aux éventuelles demandes des personnes touchées.»

Les mots de réconfort

Céramiste, Loraine Despraz peine encore à savoir ce qui est récupérable chez elle. «On verra. Ce qui touche surtout, ce sont les mots de réconfort. C’est là qu’on sent qu’on peut réellement compter sur les gens. Je ne sais pas si c’est parce que le climat est dur ici, mais en tout cas la générosité et les liens ne disparaissent pas avec le temps.»

Face à des murs noircis, le propriétaire de l’une des parcelles touchées cachait toutefois hier avec peine son émotion: «De splendides bâtiments. L’un d’eux date de 1736, on l’avait remis à neuf en conservant le cachet… C’est d’autant plus dur qu’un incendie avait déjà eu lieu ici en 1993. Il y avait eu un mort. Cette fois-ci, je me dis qu’au moins il n’y a pas eu de drame humain. C’est dur. Mais je vais me relever, vous savez. Je suis un Combier.» (24 heures)

Créé: 16.06.2017, 07h09

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