Grandson
«On pensait qu’il allait appeler les flics. Et il est revenu pour taper»
Par Christian Aebi. Mis à jour le 02.02.2012 52 Commentaires
«On dit que ce sont les jeunes qui sont violents. Là c’est un adulte qui a pété les plombs.» Piercings au visage, veste noir, cheveux courts pour l’un, crête d’iroquois pour l’autre. Stéphane* et Olivier* n’ont pas le look d’enfants de chœur. Hier, alors que le froid congelait les rues d’une petite bourgade de la Broye, ces deux ados de 18 et 17?ans bouillonnent de rage dans un bistrot.
Les journaux du jour rapportent en gros titres leur histoire vécue mardi à Grandson. «Le concierge frappe deux jeunes à coups de batte» écrit 24heures. «Le concierge sort sa batte» rapporte Le?Matin. Les deux jeunes, c’étaient eux.
Procès-verbal de police sous le bras, Stéphane et Olivier veulent donner leur version des faits. Dans les grandes lignes la version des jeunes colle à celle du concierge. Le père du plus jeune les accompagne, il est consterné. Le coup de batte a laissé cinq points de suture sur le front de son fils. «On sort d’un contrôle à l’hôpital. Depuis ce coup, mon fils a des bourdonnements dans les oreilles, sa vue baisse, il fait des malaises. J’ai pris un avocat. On ne roille pas ainsi sur des gamins.»
La pelle de la discorde
Entre deux gorgées de Coca-Cola, ils racontent: «Une de nos amies avait des problèmes avec des gars de son école. Les profs ne faisant rien, on est monté à Grandson en début d’après-midi. On ne voulait pas se bagarrer, juste les intimider.» Ils ne sont d’ailleurs pas armés. Lors de la fouille la police ne trouve rien sur eux.
A la rentrée en classe des élèves, les deux garçons restent dans le préau. Le temps de griller une clope. Stéphane empoigne une pelle à neige pour écrire «Hardcore United» dans la neige recouvrant la cour. Le concierge les voit. Quand il sort de l’école pour récupérer sa pelle, la tension monte instantanément.
«Il y a préméditation»
«Je lui ai dit qu’on la lui rendait pour éviter de lui casser la gueule avec», explique Olivier. La phrase de trop. Selon le concierge d’autres insultes auraient fusé. Ce solide sexagénaire retourne alors à l’école. Pas de bol, l’homme réapparaît avec une batte de baseball faite maison. «On pensait qu’il allait appeler les flics. Et puis, il est revenu pour taper.»
Le concierge frappe deux coups. «Il n’y a pas eu de sommation. Le mec, il a explosé! On ne s’attendait pas à ça dit Stéphane. J’ai été touché au bras car je me protégeais la tête. Mais il visait la tête». Olivier, prend un coup de bois sur le front. Son sang jaillit. Puis c’est la confusion. Le concierge se précipite dans le bâtiments, hurle d’appeler la police. Les jeunes appellent aussi la police avant de se précipiter à leur tour dans l’école en vociférant.
Les cris terrorisent l’établissement. Une secrétaire fond en larmes, le directeur et le doyen découvrent la scène atterrés. Interviewé dans nos colonnes, le concierge reconnaît avoir le sang chaud, le syndic déplore quant à lui «la provocation de deux zouaves». «Quoi qu’il en soit le concierge a perdu les pédales, accuse le père d’Olivier. On ne fait pas la loi dans son préau. En allant chercher sa batte, il savait que c’était pour faire mal. Il y a préméditation. Aller savoir ce qu’il pourrait faire un jour».
Une enquête est ouverte. La famille d’un des jeunes va déposer une plainte pour coups et blessures.
*prénoms d’emprunt (24 heures)
Créé: 02.02.2012, 22h41
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52 Commentaires
"indignez-vous" lançait Stéphane Hessel....
C'est fait...
Des jeunes avec une allure "marginales" entrent sur un territoire privé, prennent du matos qui ne leur appartient pas, provoquent, n'obéissent pas, narguent, restent.....finalement en prennent une...et vont pleurer chez papa....pour finalement porter plainte contre un gars "qui en a..."
C'était la pelle du 31 janvier...Voilà
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1.On ne fait pas la justice soi-même. On n’intimide pas les autres, on parle si nécessaire sans colère et sans crier.
2.On n’emprunte pas une pelle à neige sans en demander l’autorisation.
3.On ne fait pas d’inscription provoquante dans la neige.
4.On ne répond pas à un adulte surtout si il est concierge du collège.
5. Fuir et aussi une solution non violente envisageable.
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