Jura vaudois
Pionnière, Sainte-Croix dit oui à l'énergie éolienne
Par Isabelle Biolley, Frédéric Ravussin. Mis à jour le 05.02.2012 19 Commentaires
Jeans et pull rouge, Michel Bühler fait les cent pas, peu après midi dans le hall de la maison communale, et salue les opposants aux éoliennes qui le rejoignent. Les infos dont il dispose ne sont pas bonnes. L’ambiance est tendue et peu goûtent au buffet, dressé comme à chaque scrutin. Au Café du Centre, à quelques dizaines de mètres de là, le patron de Romande Energie, Pierre-Alain Urech, en pull de ski, boit un dernier café avec son équipe de communication. «Tout est possible», glisse-t-il, philosophe.
Lorsque à 12?h?30 le résultat tombe enfin, aucune manifestation de joie ou de colère: les opposants, qui ont voulu ce vote consultatif, sont comme assommés. La Municipalité, qui soutient le projet éolien, se garde de tout triomphalisme. Une retenue voulue par le syndic Franklin Thévenaz (PS): «Nous avons décidé d’être précis, factuels et non émotionnels.»
La population de Sainte-Croix (4489?habitants) a accepté l’implantation d’un parc éolien sur son territoire par 1103 voix (53%) contre 966. La participation est de 59,43%. Pour Romande Energie, ce vote lève beaucoup d’hypothèques. La Municipalité, qui s’était engagée à refuser tout permis de construire en cas de rejet populaire, le lui accordera, confirme le syndic.
Test pour le canton
Cette consultation avait aussi valeur de test pour le canton, qui aurait dû refréner ses projets éoliens. Romande Energie devrait, d’ici à quelques semaines, recevoir le feu vert de l’Etat de Vaud avec la modification du plan d’affectation cantonal. «Une fois toutes les autorisations obtenues, il nous faudra 12 à 18?mois pour construire les éoliennes», explique Pierre-Alain Urech.
Les opposants, fédérés autour d’Olivier Lador et de Michel Bühler, obtiennent à peine plus de voix qu’en 1999 (905), lorsque les Sainte-Crix rejetaient un crédit d’étude pour un parc éolien. Alors qu’ils ont ferraillé pendant toute la campagne, ils n’ont pas réussi à élargir leur base et à convaincre au-delà de leur cercle. Les partisans de l’éolien ont, eux, nettement progressé: ils étaient 630 seulement en 1999. «La population a changé, notamment avec les nouveaux arrivants», explique le syndic. «Ce sont les vieux qui sont contre, lance un jeune, qui n’est pas allé voter mais qui se dit heureux du résultat. Nous, on est pour.»
Amertume des opposants
Assaillis par les nombreux journalistes, certains opposants se laissent aller à l’amertume, parlant d’un matraquage de la part de Romande Energie et dénonçant l’implication de la Municipalité dans la campagne, qui aurait ainsi «pris en otage 47% de la population». Une femme est en larmes et s’en prend aux journalistes. «Depuis quinze?ans qu’on se bat, c’est le premier léger revers qu’on essuie. On continuera le combat», assure Olivier Lador, l’opposant «historique» qui se dit prêt à aller jusqu’au Tribunal fédéral.
Juste derrière lui, Michel Bühler admet la défaite. «Les gens se sont exprimés, c’est comme ça. Nous sommes tous convaincus qu’on doit sortir du nucléaire. Mais pas de cette manière, pas à cet endroit. Je ne veux pas trop paraître un Not in my backyard, mais je pense que ce projet présente plus d’inconvénients que d’avantages pour la région.»
«On s’attendait à un débat serré, avoue le syndic Franklin Thévenaz. Ce résultat est un signe très fort. Nous avons une tradition d’ouverture à Sainte-Croix. Nous montrons l’exemple et contribuons à l’indépendance énergétique et à la sortie du nucléaire.» Le renoncement à une septième éolienne a-t-il fait pencher la balance? «Cela a montré qu’il y avait un excellent dialogue entre Romande Energie et la Municipalité, souligne le vice-syndic Luc Martin (PLR). On a montré à la population que le parc avait un impact et que tout devait être discuté.»
Mais au soir du vote, la population de Sainte-Croix reste pour le moins divisée. Franklin Thévenaz se veut confiant. «Rassembler, c’est le rôle de la Municipalité. Nous sommes très présents sur le terrain depuis le début. La porte est ouverte et ça va continuer.» Soulagés, Pierre-Alain Urech (à g.), directeur de Romande Energie, et le syndic Franklin Thévenaz accueillaient hier avec le sourire le vote sainte-crix favorable à l’éolien. (24 heures)
Créé: 05.02.2012, 22h42
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19 Commentaires
On connaissait le syndrome Ehs (Pour Électro-hypersensibilité) ou le Sicem (Syndrome d’intolérance aux champs électro-magnétiques).
Il y a désormais le Sicéo (Syndrome d’intolérance aux chants éoliens).
Pour les opposants aux éoliennes de Ste-Croix, je connais une belle cité patagone.
Son nom? Aluminé. Bon vent donc à tous ces allumés!
(Un Sainte-Crix «expatrié» qui compte revenir sans délai...)
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Bravo, je s'avait que les jurassiens était des fonceurs, passionnés par les techniques du futur. Répondre


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