«Retirez ce portail qu’on ne saurait voir!» ordonne la Municipalité

PayerneUn portail ouvragé à grands frais devra être retiré d’ici à la fin du mois, il est jugé peu esthétique et hors contexte dans le quartier.

A peine posé, le portail de la rue de la Boverie a divisé les esprits et interpellé la municipalité.

A peine posé, le portail de la rue de la Boverie a divisé les esprits et interpellé la municipalité. Image: Jean-Paul Guinnard

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Si tous les goûts sont dans la nature, le bon goût n’est pas universel. Surtout en matière de police des constructions. Comment différencier le beau de ce qui ne l’est pas, distinguer ce qui tient de l’excentricité douteuse ou du génie artistique? Vaste débat, dont Carole Campeglia n’a pas l’épilogue. Cette Payernoise qui vient d’investir gros dans un petit immeuble au centre-ville doit démonter illico l’imposant portail qu’elle a fait installer l’été dernier au bas dudit immeuble.

S’appuyant sur un rapport de la commission consultative d’urbanisme, l’Exécutif estime que le portail en question, certes habilement ouvragé en fer forgé, en aluminium et en inox, «ne s’intègre pas du tout dans son environnement». Cette «œuvre» réalisée à grands frais ne répond pas non plus à la projection qui en était faite dans le dossier de mise à l’enquête. «Sur les plans, c’était un portail basique. Là, c’est l’œuvre d’un artiste! C’est une sorte de signature pour l’immeuble», explique Carole Campeglia. L’argument n’a pas convaincu.

«On s'y fait»

Installé en bordure de l’axe très fréquenté de la Boverie, le portail bien visible a des fans, aussi bien que des détracteurs. «Moi je le trouve superbe! Ça me fait penser à mes vacances au Portugal», assure une grand-maman de retour du marché, un sac chargé de légumes sous le bras. «Au début, ça faisait drôle, mais on s’y fait, constate un voisin. Vous avez vu le nombre d’horreurs qu’il y a à Payerne? Pour une fois que quelqu’un ose l’originalité!»

Derrière les façades vitrées de l’Hôtel de Ville, la syndique Christelle Luisier confirme que la mesure ordonnée est rare. «Habituellement, nous essayons d’aplanir les problèmes en amont. Nous faisons un gros travail avec les promoteurs, surtout au centre-ville qui est une zone sensible en termes d’intégration urbanistique», explique l’édile. «Pour ce portail, peut-être que dans un autre contexte, à un endroit moins visible, cela aurait passé mais là, ce n’est pas possible.»

«Eviter l’enlaidissement»

La syndique évoque l’article 76 du règlement communal pour défendre sa décision. «La Municipalité prend toutes mesures pour éviter l’enlaidissement du territoire communal, dit le texte. Les constructions, agrandissements, transformations de toutes espèces, les crépis et les peintures, les affiches, etc., de nature à nuire au bon aspect d’un lieu, sont interdits.

Après plusieurs échanges épistolaires par le biais d’un avocat-conseil, Carole Campeglia préfère renoncer. Le portail sera donc démonté dans les jours à venir. «Ça me fait mal au ventre, car ce portail est cohérent à mes yeux. Il faisait le lien entre le bâtiment ancien d’un côté et le nouveau de l’autre. Tant pis, nous irons l’installer ailleurs, dans une commune plus ouverte d’esprit.» (24 heures)

Créé: 19.01.2017, 18h03

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