Technologie
Yverdon se branche sur le frigo du futur
Par Anetka Mühlemann. Mis à jour le 07.01.2013 4 Commentaires
Comment ça marche?
Le froid magnétique résulte de l’interaction entre un alliage de terres rares et deux aimants. Lorsqu’il les traverse, ce matériau chauffe. Dès qu’il sort du champ magnétique, il refroidit. A ce stade, il entre en contact avec de l’eau (à 20°C) qui, à son tour, voit sa température baisser jusqu’à 4°C. C’est ce liquide, en circuit fermé, qui influence ensuite la température du frigo. A noter encore que, si l’eau entre dans le secteur de l’alliage chauffé, l’appareil peut générer du chaud.
Le principe de base n’est pas foncièrement nouveau. L’effet magnétocalorique a été découvert vers la fin du XIXe siècle par Emil Warburg. Ce physicien allemand s’était rendu compte que la température du fer augmentait sous l’influence d’aimants. Ce n’est qu’un siècle plus tard qu’Osmann Sari s’y est intéressé. «Le froid n’existait pas comme matière de recherche au niveau de l’office fédéral», se souvient l’ingénieur. Les premières expériences permettaient de faire osciller le thermomètre d’à peine 0,1 degré par passage, contre 3 aujourd’hui.
Le système est perfectible. Les travaux menés à la HEIG-VD ont conduit au dépôt de huit brevets. D’autres devraient encore suivre, annoncent les chercheurs.
Enfermée dans un énorme caisson hermétique et reliée à une batterie d’instruments de mesure, Cristal est porteuse d’un grand espoir. Ce prototype de laboratoire de la Haute école d’ingénierie d’Yverdon (HEIG-VD) pourrait donner naissance à des générations de frigidaires d’un genre nouveau. Ses vertus? Pratiquement silencieux, le nouveau système de refroidissement est plus écologique, puisqu’il ne contient aucun gaz à effet de serre. En plus, la consommation d’électricité serait réduite de moitié.
Ces promesses reposent sur dix ans de recherche fondamentale, menée par le professeur Osmann Sari sur le froid magnétique (lire ci-contre). Une installation à base d’aimants, de terres rares et d’eau permet de remplacer le traditionnel compresseur à gaz des frigos. Face au potentiel de cette découverte, la HEIG-VD a donné l’impulsion pour le convertir en produit commercial. Cela passe par une start-up baptisée Clean Cooling Systems (CCS).
Recherche de fonds
Mais entre les chercheurs et le marché, il y a un gouffre. Il faudra 4 millions de francs et trois ans pour se lancer. Cette étape permettra de peaufiner le produit pour répondre à des contraintes de taille et de coût. Une somme globale de 10 millions de francs est nécessaire pour lancer la production. Avant de faire le grand saut dans le monde des affaires, via les vitrines réfrigérées professionnelles. «On est obligé de passer par un marché de niche», indique Fouad Rahali.
Viendra ensuite le tour des particuliers qui, dans 4-5 ans, pourront se procurer un frigo fonctionnant au froid magnétique. «On n’est qu’au début d’une grande aventure», conclut Osmann Sari. (24 heures)
Créé: 07.01.2013, 13h57
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La rédaction
4 Commentaires
Heu... avec des terres rares, je suis pas sure, niveau écologie :°(... Répondre
Terres rares, pour le moment c'est surtout dans les milliards de smartphones qu'elles se trouvent.....laissons les ingénieurs développer leur système de froid magnétique avant de juger. Répondre
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