Le Carnaval de Sainte-Croix fédère ses habitants depuis 30 ans

Balcon du JuraCréée par l’actuel conseiller d’Etat Pascal Broulis et deux compères, la fête a vite trouvé son public dans une période très morose.

Avant de faire une carrière politique, Pascal Broulis (au centre, ici en 89) a fondé le carnaval et l’a présidé de 1988 à 1994.

Avant de faire une carrière politique, Pascal Broulis (au centre, ici en 89) a fondé le carnaval et l’a présidé de 1988 à 1994. Image: Journal de Sainte-Croix & environs

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Sur le balcon du Jura, les années 80 riment avec déclin industriel. Les grandes usines ferment, des centaines d’emplois disparaissent et de nombreuses familles déménagent en plaine pour trouver du travail. Bref, la sinistrose. C’est pour la combattre que trois amis âgés d’une vingtaine d’années créent le carnaval de Sainte-Croix, en 1985. Une fête au succès fulgurant dont la 30e édition a lieu ce mois. Elle fait l’objet d’une rétrospective au Musée des arts et des sciences de Sainte-Croix.

L’histoire du carnaval démarre à la Maison des Jeunes. C’est là, dans ce local de 80 m2 géré par leur association, que les animateurs Christophe Perrier, José Gonzalez et Pascal Broulis mettent sur pied une fête «pour conjurer le mauvais sort au cœur de l’hiver, une période idéale pour regrouper nos forces», raconte l’actuel conseiller d’Etat. Budget: 400 francs pour cette «édition zéro». Le bal costumé est un succès tel – il attire 200 personnes – qu’il faut déjà voir plus grand l’année d’après.

Multiples déménagements
«Il nous a fallu deux-trois ans pour trouver nos marques», estime Pascal Broulis, qui a présidé la Société du carnaval de 1988 à 1994. La manifestation au ton subversif se tient sur deux soirs, puis trois dès 1989. Elle prend d’abord ses quartiers dans une salle de l’ancien bâtiment du Stand – qui s’avère là aussi trop petite –, puis l’année suivante dans une salle de gym du collège de la Gare avant d’investir une des anciennes usines HPI. Des essais peu concluants jusqu’à ce que germe l’idée d’installer une cantine sur la place du Stand. Les festivités s’y déroulent encore. Elles attirent aujourd’hui 15 000 personnes sur le week-end et leur budget atteint 320'000 francs.

Deux éléments font partie de l’ADN du plus gros carnaval du district. Il est, depuis vingt-cinq ans, l’un des rares à disposer de sa propre station de radio (94.3 FM), qui émet 24 h sur 24 une semaine avant le début de la fête. L’identité de celle-ci s’est aussi forgée le vendredi avec, dès 1992, un repas gratuit offert aux carnavaliers sous la cantine. Plus de mille assiettes d’un plat chaque année différent sont servies par la Confrérie des amis du carnaval ce soir-là. Pascal Broulis en est toujours membre: «C’est maintenant bien rodé, mais les premières années c’était beaucoup de stress. Une des premières fois, on a servi de la fondue. Les 200 premières étaient bonnes, les 200 suivantes mangeables et les 600 dernières s’étaient séparées et figées à cause du froid. Une catastrophe», se souvient-il. Aux fourneaux, l’équipe des Toqu’Arts a eu maintes occasions de se rattraper. Sa broche géante capable de rôtir 560 poulets simultanément a d’ailleurs tourné dans le reste de la Suisse à diverses occasions.

Le succès fulgurant de la fête ne s’est jamais démenti. Sa présidente actuelle, Fanny Curchod-Duvoisin, y voit plusieurs facteurs. «La gratuité, l'ambiance bon enfant, l’engagement de toute la communauté – quasi toutes les entreprises locales nous soutiennent à un titre ou un autre. Et puis, beaucoup de gens ont quitté le balcon du Jura mais ont plaisir à y revenir ce week-end-là», observe-t-elle. La diaspora sainte-crix est en effet attachée à l’événement, qui a accompagné la reconversion de toute une région. «Il a participé à nous redonner le goût d’entreprendre et de faire la fête. Une manière de montrer que le village se reprenait en main, avec fierté», conclut Pascal Broulis. (24 heures)

Créé: 02.02.2015, 19h27

Quatre jours de fête

Trente ans, ça se fête. Exceptionnellement, le carnaval démarrera le jeudi 19 février déjà. «La cantine ouvrira à 19 h 30 pour un concert du groupe Flashback suivi d’une disco mobile», décrit la présidente du comité, Fanny Curchod-Duvoisin.
Les traditions reprendront le lendemain avec notamment le «mijoté à l’ancienne», servi gratuitement par la Confrérie des amis du carnaval. Pascal Broulis sera bien entendu au service, accompagné cette année de son collègue Pierre-Yves Maillard, président du gouvernement.
Dix Guggenmusik participeront à cette édition. Nouveauté cette année: elles donneront un concert le samedi à 14 h près du bâtiment communal. A 19 h débutera le défilé costumé, qui débouchera sur la mise à mort du Bonhomme Hiver. La grande parade des chars est prévue à 14 h 30 le dimanche. A noter que la cantine a été aménagée pour agrandir deux espaces: le bar du foot, qui offrira une seconde ambiance musicale, et le grand bar sur deux étages, qui disposera d’un balcon.

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