Un Combier a traversé les milieux climatiques les plus extrêmes

ExpéditionEntre août et mars, Christian Clot a traversé successivement quatre milieux climatiques extrêmes à des fins scientifiques.

Dans la moiteur étouffante de la forêt amazonienne, Christian Clot a parcouru 280 km à pied et en raft.

Dans la moiteur étouffante de la forêt amazonienne, Christian Clot a parcouru 280 km à pied et en raft. Image: DR

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Qu’ont en commun le désert iranien du Dasht-e Lut, les canaux marins de Patagonie chilienne, la jungle amazonienne du Brésil et les monts de Verkhoïansk en Sibérie? Leurs conditions climatiques extrêmes. Le premier est tout simplement le milieu le plus chaud et le plus sec au monde. Les deuxièmes combinent l’environnement le plus froid et le plus humide de la planète. La troisième fait partie des zones les plus chaudes et humides du globe. Quant aux quatrièmes, ils sont simplement le second milieu le plus froid et sec de la planète. Le Combier Christian Clot vient de les traverser successivement. Au-delà du défi personnel, c’est à des fins scientifiques que l’aventurier de 44 ans a réalisé, en solitaire, cette quadruple expédition de 30 jours.

De retour début mars de cette folle mission initiée en août, Christian Clot a fait le point, lundi matin au Centre suisse d’électronique et de microtechnique de Neuchâtel (CSEM), sur la première partie d’un projet baptisé «Adaptation». Le terme ne doit rien au hasard. Le projet vise en effet à étudier les capacités de réaction du cerveau et du corps humains. «Voilà 10 ans que je travaille sur notre capacité à nous adapter aux situations complexes, celles qu’il s’agit de surmonter lorsqu’on est pris dans un événement de crise, comme un tsunami ou un attentat», souligne celui qui s’est retrouvé projeté hors de son kayak, dans une eau à 4 degrés, par une rafale de vent de 120 km/h.

L’aventurier, dont la base suisse est aux Charbonnières, rappelle que l’on est aujourd’hui capable de travailler a posteriori, psychologiquement donc, suite à un changement brutal. «Mais les informations sur le moment même de l’évolution physiologique et cognitive font défaut. Le but était de recueillir ces informations-là in situ, pour essayer de comprendre le fonctionnement de l’être humain, de son cerveau.» Christian Clot ancre son action dans notre monde où crises économiques, sociales, terroristes et environnementales se succèdent en permanence, nous imposant de nous adapter.

Au total, l’aventurier a collecté 1,5 giga de données scientifiques grâce à un concentré de technologies mises à disposition par le CSEM. Un système ultraminiaturisé et sans fil a permis de mesurer et de récolter les paramètres de ses fonctions vitales. Ces données sont aujourd’hui analysées par les différents partenaires scientifiques du projet. Avant même qu’elles ne livrent leur verdict, le Combier a appris deux choses: «C’est face aux situations qu’on pense maîtriser le mieux qu’on se retrouve au final le plus en difficulté.» La seconde? Lors des 5-6 premiers jours de chacune des expéditions, il a voulu abandonner. «A la volonté, on accepte les nouvelles conditions et on trouve de quoi relever la tête, des sources d’émerveillement: un animal, un paysage… Je suis persuadé que l’on ne peut pas s’adapter à un nouveau système si on n’y trouve pas des sources de plaisir.»

Ces deux hypothèses, Christian Clot aura la possibilité de les vérifier d’ici quelques mois, quand la deuxième étape du projet aura démarré. Ces mêmes traversées seront reproduites avec un groupe de vingt personnes. «C’est nécessaire pour que nos études soient vraiment représentatives», conclut le Combier.

(24 heures)

Créé: 20.03.2017, 22h36

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