Enjeux dans le district Jura-Nord vaudois
La gauche se réjouit de voir le centre droit désuni
PLR et PS ex aequo à la Vallée?
Avec deux sièges à pourvoir dans le sous-arrondissement
de la Vallée, la logique mathématique ne laisse guère
de suspense. Comme en 2007, il semble acquis que l’un filera à gauche, au Parti socialiste, et l’autre à droite, au Parti libéral-radical. Ce d’autant plus que
les deux députés du cru, Nicolas Rochat (PS) et Dominique Bonny (PLR), se représentent.
Pour autant, déposer une liste à la Vallée et y faire quelques voix est important pour tous les partis, puisque celles-ci comptent dans le calcul total des suffrages du district. L’extrême gauche en sait quelque chose, puisqu’elle avait perdu son siège en 2007 pour avoir négligé de présenter deux candidats dans la petite circonscription.
Si La Gauche a retenu la leçon cette année et parachuté deux Lausannois pour capter les voix de ses électeurs combiers, deux formations n’ont aucun candidat à la Vallée: le Mouvement citoyens vaudois et l’union Vert’libéraux-Parti bourgeois démocratique.
De bien charismatiques politiciens, une ribambelle de députés sortants, plusieurs syndics médiatisés: bref, des personnalités. Le PLR, l’UDC, le Parti socialiste et Les Verts ont tous sorti l’artillerie lourde cette année pour les élections au Grand Conseil. La bataille s’annonce rude entre ces quatre partis qui pèsent actuellement seize sièges sur les dix-sept dévolus au district Jura-Nord vaudois. Ce sont sans doute les petites formations qui joueront les arbitres.
La barre fatidique des 5%
Quatre autres listes sont en effet dans la course. Pour elles, l’objectif premier est d’atteindre la barre fatidique des 5% de voix, qui permet en principe de décrocher un fauteuil au Grand Conseil. En dessous de ce score, toutes les voix sont en revanche perdues. En 2007, cette règle implacable avait privé le bloc de gauche d’un député: la liste A Gauche toute! était la seule à avoir manqué le quorum. D’un cheveu, qui plus est. Principal bénéficiaire: le PLR, qui avait raflé de justesse un cinquième siège, encore fragile aujourd'hui.
La menace plane de nouveau au-dessus de la liste d’extrême gauche, baptisée désormais La Gauche et, surtout, sur le Mouvement citoyens vaudois, dont l’électorat reste marginal. Et cette année, la règle du 5% pourrait faire perdre des plumes au camp bourgeois, car le centre droit part divisé.
Dans le Nord vaudois, les Vert’libéraux et le Parti bourgeois-démocratique ont décidé de faire bande à part, s’éloignant de leurs alliés naturels que sont l’UDF, le PDC et le PEV (Parti évangélique). Un sacré risque pour ces deux formations fraîchement créées qui, aux élections fédérales d’octobre dernier, n’ont totalisé que 4,96% des suffrages dans le district. A cette aune-là, l’alliance chrétienne entre l’UDF, le PDC et le PEV a, elle, plus de chances de tirer son épingle du jeu, et de conserver ainsi l’unique siège acquis en 2007. «En politique, un et un ne font pas toujours deux… Mais sur la base des résultats des fédérales, je situe notre score entre 5,5 et 6%», avance le député sortant Maximilien Bernhard (UDF).
Rééquilibrage possible
Si l’une ou l’autre, voire les deux listes de centre droit venaient à échouer, c’est tout le bloc de droite qui pourrait en pâtir. Ancré à droite, le district verrait ainsi un rééquilibrage s’opérer: au lieu 10 députés de droite et 7 de gauche, l’écart pourrait se resserrer: 9 à droite et 8 à gauche. C’est l’un des scénarios les plus plausibles, avec celui du statu quo.
Mordu de mathématique électorale, le socialiste Pierre Dessemontet a fait chauffer sa calculette. Les quatre sièges PS et les deux Verts sont «bétonnés», selon lui. Encore que les écologistes ont régressé depuis le dernier round cantonal, une partie de leur électorat étant séduite par les Vert’libéraux.
Alignant ses trois députés sortants et l’ex-conseillère nationale Alice Glauser, l’UDC peut sereinement attendre le 11 mars. Il n’en va pas de même des libéraux-radicaux. La présidente cantonale des radicaux, Christelle Luisier, reconnaît d’ailleurs que l’objectif dans le Nord vaudois est de «consolider les cinq sièges». Le PLR a mis des chances de son côté en présentant une liste solide, en tête de laquelle figure l’actuel président du Conseil d’Etat, Pascal Broulis. A ses côtés, l’ex-préfète Pierrette Roulet-Grin et trois députés sortants: le syndic de Grandson, François Payot, la municipale d’Yverdon Gloria Capt et l’ancien syndic de la ville Rémy Jaquier. (24 heures)
Créé: 21.02.2012, 22h23
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