Sainte-Croix transfigurée par le regard de François Junod

Un homme, une régionLe génial maître des automates nous emmène à la découverte des coins qui l’inspirent. Visite guidée dans la féerie du pays de la boîte à musique.

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François Junod, l’automatier-magicien de Sainte-Croix nous donne rendez-vous chez lui, une maison blanche, toute simple. Vraiment?

Il y a des petits détails qui détonnent: un homme en costard et lunettes de soleil est à demi enterré au milieu du talus et à travers les baies vitrées du premier étage, on devine des colibris monumentaux. Une fois la petite porte de l’atelier franchie, on tombe dans le terrier du Lapin d’Alice au Pays des Merveilles: machines, outils, horloges de toutes tailles, bouts de torses et autres éléments de marionnettes se confondent dans un joyeux chaos ordonné. A l’étage, l’un joue du fer à souder sur un imposant engrenage, l’autre la loupe d’horloger vissée sur l’œil assemble de tout petits mécanismes.

Loin du cliché des laboratoires aseptisés d’horlogerie, l’atelier de François Junod cultive sa fibre artistique: «J’aime travailler dans cette ambiance qui me rappelle mes années aux Beaux-arts à Lausanne, les mains et la blouse pleines de peintures et de plâtres. De la même manière, je pense que cet atelier, où tout est mélangé, stimule notre créativité et nous pousse à innover.» Pour illustrer le propos, il nous montre une vidéo sur la conception de sa dernière réalisation, la fée Ondine. Après 3 ans de développement, il vient tout juste de la livrer à la maison de haute joaillerie Van Cleef & Arpels: «ma plus belle création» affirme-t-il les yeux pleins d’étoiles. Jusqu’à la prochaine…

Une balade aux quatre coins cardinaux

A la faveur d’une éclaircie, on s’arrache du monde des poupées animées pour découvrir la région. «J’aime les endroits avec du dégagement» annonce-t-il, un petit sourire en coin. Première étape, les Mont-de-Baulmes sur le versant qui fait face à l’atelier. Après quinze minutes de voiture à travers la forêt, sur une route étroite et sinueuse, il s’arrête devant le restaurant du même nom. L’endroit est réputé pour ses beignets au fromage: «Attendez, je vais réserver. Après on va voir le point de vue». François Junod nous guide sur un petit chemin de cailloux blancs.

On gravit les quelques marches qui nous séparent de la table d’orientation installée là en 1785. La vue est à couper le souffle: «J’aime beaucoup cet endroit, il n’a quasiment pas changé. Quand j’ai des clients japonais et américains, c’est parfait pour leur montrer la diversité de la Suisse. Ce paysage me fait penser à Paul Klee ou à une maquette de train en plus beau», raconte le natif de Sainte-Croix, le regard perdu dans le paysage qui s’étale littéralement sous nos pieds.

On file ensuite sur les montagnes d’en face: «Les Avattes sont à la croisée de tout. Au pied du Chasseron et non loin du Mont Cochet» anticipe François Junod. En chemin, il nous raconte le village qui l’a vu naître et grandir: le chalet des frères Reuge, les étranges maisons rondes préfabriquées venues de France, le bed & breakfast en rondin et le grand hôtel des Rasses. «Il y a des gens qui viennent de Zurich pour prendre l’air et se faire masser». Juste à côté, la station de ski: «Je n’ai même pas eu le temps d’en profiter la saison dernière, constate-il. On a à peine eu trois semaines avec de bonnes conditions.»

Aux Avattes, qu’on peut atteindre en une heure à pied depuis la station ou dix minutes en voiture, la vue et l’accueillante buvette d’alpage valent le détour. Debout sur la terrasse, François Junod souffle: «Elles sont trop bien les vaches ici.» Il ajoute: «Le bruit du vent dans les sapins, c’est magique. Quand on skiait et qu’il faisait vraiment froid, on s’arrêtait ici boire un chocolat chaud avant de redescendre en ski jusqu’à la maison». Faute de neige, nous reprenons la voiture jusqu’au centre de Sainte-Croix.

Un centre pour conjuguer le passé au présent

La bourgade a longtemps été reconnue comme un haut lieu de compétences mondial pour les métiers de la mécanique de précision: caméras Bolex, machines à écrire Hermès, boîtes à musique Reuge et autres grandes maisons d’horlogeries y avaient tous des ateliers. Une vie dont il ne reste aujourd’hui que les fantômes. Les anciennes usines sont peu à peu laissées à l’abandon ou transformées en habitations, magasins ou musées. Pour cette troisième étape, François Junod nous emmène au cœur du village, au Centre International de la Mécanique d’Art (CIMA) qui commémore ce passé industriel au rayonnement mondial.

Depuis son ouverture en 1985, un Ange survole les visiteurs. Sa silhouette futuriste fascine et témoigne de l’incroyable esprit moderne et innovant de son créateur: «Le Centre est arrivé pile au bon moment, je venais de m’installer et il a attiré des artisans de partout. Cela a permis des échanges de connaissances très motivants.»

A travers le prisme des yeux de François Junod, grand voyageur à la force tranquille, Sainte-Croix prend une nouvelle dimension. Dynamique, à la croisée des chemins et ouverte sur le monde. (24 heures)

Créé: 15.07.2017, 09h53

Piscine des Replans



Entre le village de Sainte-Croix et la station de ski, on découvre au détour d’un virage la piscine des Replans à 1100 mètres d’altitude. Ouverte en 1968, après une forte mobilisation de la population et au soutien de la commune de Sainte-Croix. Même les grands noms des industries du coin ont mis la main au porte-monnaie.

Le lieu a gardé une âme populaire où les habitants aiment se retrouver en famille ou entre amis. Deux bassins, deux plongeoirs, un toboggan, une pataugeoire et un terrain de beach-volley ravissent petits et grands.

Ouverte, tlj: 9 h - 19 h
Buvette, tlj: 9 h - 21 h
Infos: www.piscineste-croix.ch

Les Avattes



Sur le chemin du Chasseron, le Restaurant de montagne Les Avattes offre une étape bienvenue pour le randonneur fatigué. Après une heure de montée entre les sapins et remontées mécaniques, la terrasse offre une vue imprenable sur les Alpes et le Mont-Blanc. Guirlandes de lumières et lanternes de couleurs apportent une ambiance cosy au lieu. Alberto et Elsa proposent une cuisine de chalet mêlant les origines piémontaises de l’un et les racines régionales de l’autre. Ouverte été comme hiver, la buvette met les produits locaux à l’honneur: viande de Sainte-Croix et fromage de L’Auberson.

Infos: 024 454 36 83/079 688 77 24

Mont-de-Baulmes



Véritable institution dans la région, le Chalet-Restaurant du Mont-de-Baulmes est situé sur le chemin des crêtes des Aiguilles homonymes à 15 minutes en voiture de Sainte-Croix. A pied, compter une petite heure de grimpette. Les gens du cru et les touristes viennent de loin pour savourer la spécialité de la maison: les beignets au fromage. Servis par paire ou à volonté avec une salade iceberg et un coup de blanc, la recette est jalousement gardée par les tenanciers depuis des générations. On peut également ravir ses papilles avec des mets traditionnels de la cuisine d’alpage: fondue, assiettes de jambon et desserts maison.

Infos: 024 454 24 89

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