Un député accuse le Conseil d’Etat après une perquisition à son domicile

AsileLa police est intervenue chez l’élu lausannois Manuel Donzé mardi vers 6h15. Il accueille depuis plusieurs mois un requérant afghan débouté.

Manuel Donzé, député au Grand Conseil, abrite officiellement le réfugié afghan débouté.

Manuel Donzé, député au Grand Conseil, abrite officiellement le réfugié afghan débouté. Image: Jean-Bernard Sieber

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«C’est scandaleux! C’est une pratique intolérable. C’est la première fois que le domicile d’un député est perquisitionné.» Manuel Donzé était furieux ce mardi, après que la police de sûreté a fouillé son domicile aux environs de 6h15. Les policiers étaient à la recherche d’un requérant d’asile afghan débouté, un «cas Dublin», qui doit être renvoyé vers l’Allemagne par un vol spécial.

En effet, cet homme vit officiellement chez Manuel Donzé, qui fait partie du Collectif R de soutien aux migrants. Ce réfugié n’était finalement pas présent au moment de la perquisition. L’affaire rappelle une histoire similaire de septembre dernier, lorsque la police avait perquisitionné les domiciles de trois conseillers communaux lausannois pour les mêmes raisons.

Selon Manuel Donzé, la décision de renvoi a été prise en novembre 2016. «Mais la police n’intervient que maintenant, comme par hasard le jour même où le Grand Conseil débat de la loi sur les étrangers.» Plusieurs organisations ont tenu les mêmes accusations: le Parti démocrate-chrétien bien sûr, mais aussi Vaud Libre, le Collectif R, SolidaritéS et le POP.

La police cantonale balaie ces soupçons, mais confirme la perquisition chez Manuel Donzé. «La planification opérationnelle des actions policières ne tient pas compte de l’agenda politique», explique Jean-Christophe Sauterel, chef de la Direction prévention et communication de la police cantonale. «Le Service de la population (SPOP) a confirmé la mise en œuvre de ce renvoi la semaine dernière, ajoute-t-il. Quant au mandat de perquisition, il a été délivré par la justice de paix en début de procédure.»

Soupçons d'intimidation

«L’égalité devant la loi s’applique à tout le monde, député ou pas», commente le conseiller d’Etat Philippe Leuba. Le magistrat libéral-radical dirige le Département de l’économie, dont dépend le SPOP. «Je ne connais pas personnellement ce dossier et tous ne remontent pas jusqu’à moi.» Il réfute toute manœuvre d’intimidation: «Intimider qui?» demande-t-il.

Sa collègue Verte Béatrice Métraux réfute aussi les soupçons. Celle qui dirige le Département des institutions et de la sécurité parle d’une affaire «regrettable». Elle explique avoir appris cette perquisition en arrivant au Grand Conseil ce mardi. «C’est la justice de paix qui ordonne la perquisition par la police, commente-t-elle. Nous n’avons aucune prise sur la décision de la justice.» (24 heures)

Créé: 14.02.2017, 11h31

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