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Procès Ségalat

Me Barillon à Laurent Ségalat: «C'est une amnésie simulée monsieur!»

Par Emmanuel Borloz. Mis à jour le 31.05.2012 58 Commentaires

Les débats ont repris à 13h30. Au programme: le réquisitoire du procureur Cottier, puis la plaidoirie de Me Barillon

1/39 Laurent Ségalat, libéré après 28 mois de réclusion, embrasse l'une de ses filles sous les yeux de sa compagne, qui le ramène à la maison.
Chris Blaser

   

(24 heures)

  • 18h05  

    Les débats sont suspendus, il reprendront demain matin, à 9h.

  • 18h05  

    Me Barillon: «C'est l'heure de votre intime conviction. Une erreur judiciaire, c'est quand on condamne un innocent, mais une erreur judiciaire, c'est aussi lorsqu'on ne condamne pas un coupable.»

  • 18h04  

    Me Barillon évoque maintenant sa version du doute. «Vous pouvez le plaider, mais vous allez vous fatiguer, gardez vos forces Me Disch, vous en aurez besoin dans votre nouvelle affaire (ndlr: Me Disch est le nouvel avocat de Bulat Chagaev). N'oubliez pas l'intime conviction, qui se fonde sur un dossier. Votre doute, c'est la tarte à la crème. On assène le contraire: "on prouvera qu'il est innocent."»

  • 18h00  

    «Laurent Ségalat est un grand criminel. S'il est coupable, et nous savons qu'il l'est, alors c'est absolument horrible. Mais puisque je n'avoue pas et qu'on ne retrouve pas l'arme du crime, je suis innocent. Mais c'est invraisemblable. Cela veut dire qu'à l'avenir, alors que l'ensemble des faits ne se dirigent que sur vous, pour un crime atroce, et que vous niez, que vous parvenez à faire disparaître l'arme du crime, vous allez faire des heureux: les directeurs de prison qui se plaignent de prisons trop pleines. Je ne peux pas concevoir que la défense n'ait pas conscience de l'absurdité du procédé. Et monsieur Ségalat lui-même a conscience de cette absurdité.»

  • 17h56  

    Prochain chapitre: «L'équation absurde»

    «C'est de dire, sans aveux et sans arme du crime, si on ne fait pas remonter les mobiles, alors on est innocent. Pas vu pas pris, donc je suis innocent.»

  • 17h55  

    «C'est une amnésie simulée monsieur! De toute la littérature psychiatrique, criminologique et clinicienne, on considère que l'amnésie simulée est le stratagème le plus utilisé.»

  • 17h53  

    Laurent Ségalat, vous ne déniez pas, vous niez. C'est différent et ça devient une stratégie. La même que vous observez depuis le début. J'avais espéré que cette audience puisse changer quelque chose. Celui qui nie mais ne dénie pas est un coupable avéré.

  • 17h52  

    «L'autre versant du déni, c'est le déni au sens courant. On le confond avec la dénégation peu crédible, comme celui qui nie l'évidence, qui nie les faits.»

  • 17h51  

    «Mais il y a un petit problème: le déni de grossesse dans ce sens là exonère l'accusée, qui ne sait pas. Mais si on est dans ce cas de figure, il y a pathologie. On ne peut pas dire en même temps qu'il n'a pas de maladie et qu'il oublie. Dans le déni de grossesse, la personne sait mais ne peut plus le dire. C'est quelqu'un dans une pathologie.»

  • 17h49  

    «Je sais ce que j'ai fait, mais je ne veux pas le reconnaître. Ça, c'est le déni. Le déni de grossesse, c'est le vrai déni, pas le déni stratégique.»

  • 17h48  

    Jacques Barillon poursuit en présentant une pièce: le rapport du premier expert psychiatre. «Ce docteur se risque à aborder la question du déni. Le déni, c'est le fait de quelqu'un et l'équivalent psychotique de la dénégation.»

  • 17h41  

    Enfin, la problématique psy:
    «le mobile peut être d'ordre financier, mais il peut aussi être cherché dans une dimension psychologique.»

  • 17h37  

    Place maintenant aux expertises privées:
    «Avec Mme Lecomte, vous n'avez pas misé sur le bon cheval. Pour en arriver à ne retenir qu'une hypothèse, celle de la chute, il faut être très fort et prendre les gens pour des imbéciles. Les Suisses ont quelque chose des Belges.

    Là où elle fait une erreur, et c'est un manque d'intelligence. Pour faire avaler une couleuvre, il faut mettre de la sauce. En ne retenant qu'un seule hypothèse, elle se discrédite elle-même avant son spectacle à la barre.»

  • 17h33  

    «M. Ségalat, avant que nous nous quittions et que vous ne placiez vos tenus espoirs en vos avocats, faisons un petit échange. Si vous dites que vous n'avez pas commis ce crime, comment avez-vous pu faire preuve de si peu d'empathie, presque de désintérêt, pour cette morte?

    A propos de la reconstitution, ne soyez jamais comédien. Ton affecté, posture, surjoué!

    Mais quand vous voyez les photos! (ndlr: Barillon brandit les photos) Regardez! Regardez-les! Vous les voyez? et vous osez prétendre que ça vient d'une seule chute!

    Pas même une émotion! vous signez votre culpabilité. Vous n'êtes pas celui que vous avez été pour vos proches. Vous êtes un autre depuis ce moment-là, comme tous les autres criminels.

    Allez, regardez, une dernière fois!»

    Laurent Ségalat fixe toujours droit devant lui.

  • 17h29  

    Me Barillon annonce son prochain point: «photos sans parole».

  • 17h29  

    «Les deux êtres qu'il dit aimer le plus le contredisent et le prennent en flagrant délit de mensonge.»

  • 17h28  

    «Vous portez votre père aux nues mais vous laissez sous-entendre qu'il se trompe ou qu'il ait été un peu sénile.»

  • 17h25  

    Barillon évoque Roger-Jean: «il eut tant aimé que vous ne fussiez pas coupable.»

  • 17h23  

    «Lorsque Béatrice Macé a déposé, vous ne l'avez même pas regardée. Vous étiez confondu par ses déclarations, ça en dit long.»

  • 17h22  

    Laurent Ségalat ne regarde pas Me Barillon. Les bras sur les genoux, il regarde droit devant lui.

  • 17h20  

    L'homme de loi évoque maintenant la compagne de Laurent Ségalat, Béatrice Macé, et loue son courage admirable à la barre.

  • 17h18  

    «Vous n'avez pas compris ça, votre psychisme vous l'interdit. Vous avez joué, Monsieur, vous avez perdu!»

  • 17h18  

    Me Barillon s'imagine en avocat de Ségalat, relevant ce qu'il considère comme les erreurs de l'accusé. «si vous m'aviez dit: "je suis innocent et j'irai jusqu'au bout, je n'ai pas peur de la prison."

    - je vous aurais fait signer une décharge, qui indiquerait tous les risques que vous courez.»

  • 17h13  

    Les témoins de moralité, on en accepte normalement deux. Plus de 30 personnes sont venues défendre Guy Georges (ndlr: le tueur en série français). J'ai compris le message et n'en ai cité qu'un. J'ai ensuite été surpris que la défense, démunie il est vrai, ait parlé d'une quarantaine de personne.

  • 17h11  

    Me Barillon évoque maintenant les «professions de foi» de tous les parents, sœurs, frère, filles et amis du fan-club de l'accusé: «je ne leur ai quasi posé aucune question. Ils croient en son innocence et continuent d'y croire. Je comprends! Il y a des gens à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, jusqu'au jour où, par un acte inaugural, on tue ou on viole.»

  • 17h09  

    «Cette affaire est grave, très grave. La plus grave depuis plus de 50 ans.»

  • 17h08  

    «Et je pense, chers confrères, que vous ne connaissez pas la vérité.»

  • 17h08  

    «Un homme ne dit jamais la vérité à son avocat. Soit c'est un avocat du milieu et je peux lui faire confiance même si je lui avoue mon forfait. Mais il ne le fait pas. Il sait que son avocat sera meilleur s'il le croit innocent.

    L'autre terme: le client qui n'a pas confiance en son avocat et craint qu'il ne le lâche.»

  • 17h06  

    L'avocat évoque maintenant le codétenu et sa déclaration: «Cet homme n'était pas condamné pour meurtre. Ce qu'il dit, il ne l'invente pas et donne des détails qu'il ne peut inventer.»

  • 17h03  

    «Rappelez-vous dans quelle situation on vous a trouvé! Je suis persuadé, M. Ségalat, vous eussiez été un enquêteur confronté à la même situation, vous auriez eu les mêmes réflexes.»

  • 17h01  

    «Il a beau être parvenu à faire disparaître l'arme du crime ou rendre tout assez flou pour que le mobile ne ressorte pas. Mais vous vous êtes surestimé, vous fanfaronnez et vous avez pris les policiers pour des imbéciles.»

  • 17h00  

    Nouveau point abordé par l'homme de loi: la police:
    «On les a trainés dans la boue.»

    Autre point: les médias:
    «On me reproche d'être un homme de communication, mais je n'ai jamais communiqué une pièce dans cette affaire.»

  • 16h58  

    «Elle n'est plus là, elle s'est tue à jamais.»

  • 16h57  

    Me Barillon évoque la générosité et l'amour de Catherine Ségalat.

  • 16h56  

    «vous auriez pu le faire, vous n'aviez rien dit. Maintenant, je ne veux pas faire de pathos
    (murmures et rires étouffés dans la salle).

    Voyez, le fan-club de M. Ségalat. Il est arrogant et se croit plus intelligent que tout le monde. C'est plus facile avec des policiers, Monsieur, mais ça ne marche plus aujourd'hui, c'est une autre paire de manches.

    Et même si ça fait rire votre fan-club, je ne peux pas imaginer qu'on puisse ricaner, même si on le croit innocent, car il n'y a qu'une seule victime. Et elle est morte

  • 16h52  

    «Pourquoi ne pas avoir regardé mes clients, pour leur dire, et ça ne déjouait pas vos plans. Vous leur auriez dit: mes premiers mots, j'aimerais les avoir pour les proches Catherine. Il n'en a jamais dit un mot. On parle d'une morte, qui vous était chère, selon vous.»

  • 16h51  

    «Voyez-vous M. Ségalat, merci de me regarder. La première fois que je vous ai vu, ce fut lors de la confrontation. Je ne vous connaissais pas. Je ne suis pas votre ennemi, comme certains le pensent. J'attendais de voir. Et votre comportement fait d'arrogance, cet aplomb et ce dédain. Et, surtout, vous aurez le temps d'y réfléchir, de ne pas regarder ces gens-là. Cette femme, cette sœur...»

  • 16h48  

    «Un avocat peut avoir du cœur, il peut être sensible. J'aimerais évoquer la mémoire de la seule victime de cette affaire. Catherine Ségalat, dont deux sœurs et beaux-frères, un frère qui m'appelait en pleurs pour me demander si j'allais parler de Catherine. Jamais une victime n'a été aussi absente, c'est le fantôme de cette procédure.

    A la fin, une fille s'est excusée... mais que de possibilités avons-nous eu de le faire avant?»

  • 16h46  

    «C'est un homme dangereux, qui a tué, mais il est très préparé et construit sa défense grâce au dossier.»

  • 16h43  

    Assises à sa gauche, les sœurs de Catherine écoutent Me Barillon. Les deux le regardent. Les filles de Laurent Ségalat aussi. Laurent Ségalat fixe droit devant lui, tandis que ses avocats tantôt prennent des notes, tantôt regardent Barillon du coin de l'œil.

  • 16h41  

    Barillon en vient au relevé de toutes les visites en prison de Laurent Ségalat qu'il avait demandé il y a quelques jours.

  • 16h39  

    «Quand son avocat lui parle, tout va bien. Moi, je me suis promis de ne pas être hypocrite, et je vous dirai la vérité. Quand on est avocat de la défense et je veux croire que mes confrères font bien leur travail, avec des moyens quasi illimités. Moi je suis seul pour 5 clients, eux sont 3 pour un client. Leur client risque plus, c'est vrai.»

  • 16h38  

    «On a rappelé les mérites de l'accusé, c'est d'ailleurs les seules fois où il regardait ceux qui s'exprimaient. Face à des interlocuteurs bien disposés à son égard, il joue sur du velours. Et comme il s'aime tellement, il est rayonnant. On en oublierait presque qu'on parle d'un meurtre.»

  • 16h36  

    L'avocat évoque les traits de caractère de Laurent Ségalat.

  • 16h35  

    La personnalité borderline est la plus grave altération possible de la conscience, aux confins de la psychose et de la névrose.

  • 16h32  

    Le conseil des sœurs de Catherine Ségalat poursuit: «vous jugez un homme qui a commis un meurtre sordide. Il faut s'intéresser à l'homme, descendre aux tréfonds de son âme.»

  • 16h31  

    «M. le président, c'est assez simple. Nous avons, je crois, tous compris - à part ceux qui veulent encore croire (ndlr: à son innocence). On leur montrerait des photos de celui qui commet le crime qu'ils diraient que ce n'est pas lui. Il s'agit du déni...

    Cet homme, dans des conditions abominables... Il faut parler de l'homme, et non pas que de ses mérites.»

  • 16h29  

    Après le procureur, au tour de Me Barillon d'évoquer Me Bonnant.

  • 16h27  

    «Le procès, c'est là où tout commence», enchaîne Me Barillon, dénonçant le battage médiatique de la défense.

  • 16h25  

    L'avocat loue l'humilité et la compétence du procureur.

    «Lorsqu'il n'est pas convaincu à 200%, il est prêt à se lever à tout moment, et je l'ai vécu, pour dire: à ce stade, je ne puis plus soutenir cette accusation.»

  • 16h23  

    Me Barillon, debout, s'adresse à la cour: «j'ai suivi l'intervention très complète de M. Eric Cottier, procureur général. Ce fut un moment d'anthologie.»

  • 16h21  

    L'audience reprend. Me Barillon, avocat de la famille de la victime, se prépare à plaider.

  • 16h05  

    Me Barillon demande une pause. Reprise à 16h15.

  • 16h04  

    "Ne procédez pas par demi-mesure. Il faut se montrer sévère. On est en présence d'un meurtre et d'un meurtrier qui s'est acharné. Il faut tenir compte de l'ensemble de la personne, de Laurent Ségalat dans son entier, avec tout ce qu'il a de remarquable."

    "On aurait peut-être eu envie qu'il ne soit pas coupable, mais il l'est."

    "Je demande une peine de 16 ans de privation de liberté."

  • 15h58  

    "L'accident pur est balayé par les rapports médicaux", poursuit le procureur.

    "L'agression par un tiers? On a suggéré la voie du règlement de compte politique. Elle voulait des logements sociaux, on y voit un mobile. Tout ceci se passe à la vaudoise, on se fâche et on ne se parle plus. Mais tuer la municipale? Farfelu!"

    "Par un tiers inconnu? Elle est farfelue, ce d'autant plus que rien n'a disparu. Il la tuerait et filerait sans se remplir les poches? C'est n'importe quoi!"

    "Et l'une de ces deux personnes l'aurait laissé vivante pour être ensuite dénoncée? ça ne tient pas."

    "Un seul verdict s'impose: la culpabilité. Il faut juger Laurent Ségalat pour meurtre de Catherine Ségalat!"

  • 15h54  

    Eric Cottier en arrive au mobile:

    "Deux personnes le connaissent, une est morte. Mais pas besoin d'en inventer, puisque les éléments de temps, de lieux, les rapports les traces indiquent une agression.

    La justice sait se satisfaire du vide, mais elle peut affirmer une certitude. Un seul verdict possible: la culpabilité! le mobile restera inconnu."

  • 15h52  

    "Il y a des éléments troublants qui concernent le poinçon ou l'outil utilisé par Laurent pour savoir si sa belle-mère était enfin morte. Cet engin a disparu, on ne l'a retrouvé nulle part, alors que lui-même parle de son existence.

    Deuxième point troublant: il y a du sang sur la porte de l'armoire, mais pas une goutte dans la caisse à outils.

    Troisième élément troublant: le timing. Nous soutenons qu'il est arrivé à 18h30 et qu'il appelle le 144 à 21h15. Ça laisse beaucoup de temps pour se débarrasser d'un objet. Et il connaît l'endroit comme sa poche, il y vient depuis toujours. Il connait sûrement des cachettes, c'est très vaste.

    On cherche un marteau, un poinçon... mais peut-être que c'est la tête qui est allée rencontrer un objet."

  • 15h48  

    "Nous n'avons ni l'arme du crime ni le mobile, c'est vrai. Mais je ne vais pas inventer pour vous rendre service. C'est l'accusé qui invente, pas le ministère public."

    "J'ai donc mentionné des coups violents, mais je n'ai pas parlé de marteau. Que ce soit un des trois marteaux reste du domaine du possible, même si elle est faible."

    "Il est aussi possible que Catherine ait été frappée contre quelque chose, comme par exemple la chaudière. Mais ce n'est qu'une hypothèse."

  • 15h45  

    "Il résulte que Laurent Ségalat ment sur son heure d'arrivée, sur son emploi du temps. Il ment sur les faits et sur l'origine de ses blessures." estime le procureur.

    "Un policier lui en a fait la remarque. Que fait-il à ce moment là? il raconte n'importe quoi. Il parle de jeu au sein de son couple, de jeu avec sa fille et il dit qu'il avait des marques en partant de Thonon. Ce que Béatrice Macé a démenti."

    "Donc mensonge sur toute la ligne. Laurent Ségalat était donc à Vaux bien avant l'heure où il dit y être et il est impliqué dans le décès de Catherine."

  • 15h41  

    Le procureur poursuit, relevant le manque de fiabilité du bol gastrique pour déterminer l'heure du décès.

    "Le professeur Vieira a mentionné l'émotion comme critère qui pouvait fortement changer la digestion. Une émotion réelle, pas une émotion de laboratoire. On peut recréer une douleur, mais pas une émotion en laboratoire."

    "Et Laurent est allé vomir, alors qu'il n'avait rien mangé depuis 7h. Le rapport Fried n'a donc pas sa place."

  • 15h38  

    Le réquisitoire du procureur dure depuis près de deux heures.

    Debout à droite de la salle, il tient son dossier de la main gauche, rythmant son discours avec sa main. Les sœurs de Catherine Ségalat fixent le procureur, qui relève toutes les fausses données du rapport Fried.

    Côté défense: Me Moinat prend des notes, Me Disch aussi. Main gauche pour soutenir sa tête, Me Portejoie, penché en arrière, regarde Eric Cottier.

    Dans la salle, suspendue aux lèvres du procureur, tous les yeux sont rivés sur la droite. Une fille de Laurent Ségalat dessine, une autre prend des notes.

    Bras croisés, tête inclinée, Laurent Ségalat regarde Eric Cottier du coin de l'oeil.

  • 15h31  

    "Tout allait bien, jusqu'au rapport Fried (ndlr: le gastro-entérologue zurichois).

    Lorsque le professeur a déposé son rapport, j'ai été déstabilisé. Quand il a témoigné, j'ai vacillé. J'ai beaucoup réfléchi: eh bien je mange trop.

    Voilà le danger à se mêler de la spécialité des autres. Fried prétend détenir la vérité. Sa mise en œuvre pose problème.

    Nous avons des doutes. Il a reçu les rapports d'autopsie et le résumé présumé chronologique des faits. Mais cette pièce ne figure pas au dossier."

    "La chronologie qu'il donne, où le décès aurait été prononcé à 21h30, est faux! Mentionnant le rapport d'autopsie, il oublie les bronches, le larynx et le pharynx."

  • 15h27  

    "Laurent Ségalat ment sur le timing! il ne le dira jamais. Mais il ne veut pas s'être trouvé entre 18h30 et 19h30 à Vaux-sur-Morges. Il reconstruit ses actes et ses déplacements pour pouvoir l'éviter" estime le procureur Eric Cottier.

    "Il n'y a pas de sang sur le tiroir où il a pris le bottin, qui ne présente pas de sang non plus. Pas plus que le téléphone. Il dit qu'il a mis les mains dans le sang mais on n'en retrouve pas sur le téléphone.

    Mais on trouve du sang dans la salle de bain, dans le couloir. En réalité, il s'est changé et s'est lavé."

    "Nous avons les preuves absolues d'un récit mensonger!"

    Le procureur poursuit: "Il laisse ses clés et son sac dans la voiture, avec son téléphone français. Il ne répond pas à 19h29, il n'est pas dans sa voiture, il est à Vaux-sur-Morges."

  • 15h25  

    Le procureur poursuit: "Autre invraisemblance: son arrivée sur place à 19h30 est exclue. C'est 1h45 avant l'appel au 144. On se dit: qu'aurait-il fait durant tout ce temps? C'est incompatible avec les pièces du dossier."

    "Enfin, le temps entre le coup de fil au 144, fini à 21h22, et l'arrivée du médecin, 21h50. Il s'écoule moins de 30 minutes. Durant ce temps, Laurent dit qu'il aurait mis une couverture sur Catherine, un coussin sous sa tête, il a vomi, nettoyé, essuyé le visage de Catherine, s'est changé deux fois, aurait attendu dehors et il dit qu'il a trouvé le temps long. Sans oublier le sparadrap."

    "30 minutes pour faire tout ça? Impossible! Nous ne disons pas qu'il n'a pas fait tous ces actes, mais qu'il ne les a pas faits entre l'appel au 144 et l'arrivée du médecin."

  • 15h19  

    "Laurent dit qu'il est arrivé entre 19h30 et 20h30, soit deux heures après avoir bouclé l'ordinateur. Il y a une très haute invraisemblance par rapport au départ de la librairie. En réalité, Laurent était précis."

    "Combien de temps faut-il pour rallier l'hôpital de Morges depuis la librairie: 18 minutes. On arrive donc à 18h, départ à 18h20. Mettons qu'il arrive à 18h45, heure d'arrivée possible et raisonnable, même en prenant le temps."

    "Cette heure est plausible: il est attendu à Thonon. Il y avait de l'eau dans le gaz avec Béatrice, il devait faire vite. Il faut 1h34 pour le trajet Vaux-Thonon. Il pensait ne faire qu'un saut à Vaux-sur-Morges."

  • 15h15  

    "Laurent se souvient tout de suite qu'il a passé un coup de fil vers 17h. La précision est remarquable, c'était à 16h56 et il ne porte pas de montre", précise Cottier.

    "Tout d'un coup, alors qu'il était précis, Laurent explique qu'il est parti entre 17h30 et 18h30, disant qu'il n'était pas pressé. Pourtant, Béatrice Macé a dit qu'il était convenu que Laurent devait rentrer manger avec sa fille ce soir-là. Elle contredit Laurent quand il dit qu'il n'était pas pressé."

    "Roger-Jean indique que Laurent est passé entre 17h et 18h et qu'il n'est resté que quelques minutes. Il ajoute que Laurent était très pressé."

    "La première médecin sur place arrive à 21h50, elle met 26 minutes pour arriver."

  • 15h11  

    Le procureur en vient à la question du timing:

    "En matière de chronologie, il y a deux repères: un repère technique, absolu et celui, plus aléatoire, qui relève de la chronologie.

    Comme preuve technique:
    Le premier repère certain, à 15h50, est l'enclenchement de l'ordinateur de la librairie.

    Le second repère fixe, à 15h58, est la tentative d'appel de Laurent Ségalat.

    Le troisième point fixe: à 16h56, Laurent appelle Catherine.

    17h10: Ségalat a une conversation téléphonique.

    17h26: Laurent Ségalat éteint l'ordinateur

    19h27: Béatrice essaie d'appeler Laurent.

    19h29: Béatrice essaie d'appeler Catherine.

    21h15: Laurent appelle le 144

    22h04: Laurent Ségalat appelle Béatrice Macé, temps de la conversation: 15 secondes."

  • 15h08  

    "Il y a haute vraisemblance d'agression, haute vraisemblance de défense, des traces d'ADN sanglantes sur la chemise de Laurent et sur le seul mur que l'accusé n'a pas nettoyé."

    "Tous les faits que je viens de décrire se sont déroulés avant la première question posée à Ségalat par un enquêteur."

  • 15h04  

    A propos des traces de sang:

    "La police scientifique s'est penchée dessus de façon approfondie. Un point est important: la chemise, à un endroit difficile d'accès, porte des traces de sang. Il y a du sang dilué et non dilué. Ce qui signifie que Laurent a porté la chemise à deux moments: au moment du contact (sang pur) et du nettoyage (sang dilué)."

    "La défense affirme que les traces viennent de la panosse. Mais ce n'est que du sang dilué. Qui irait nettoyer du sang sans eau? Donc sang dilué et pur ne sont pas arrivés au même moment. Les projections seraient aussi de sang dilué."

    "Et il y a encore plus: les deux boutons qui manquent à la chemise de Laurent. Celle qui a été en contact avec du sang pur. Sans oublier la trace de sang retrouvée derrière la chaudière."

  • 14h58  

    Le procureur: "Mangin et Vieira ont examiné les blessures de Laurent Ségalat de manière indépendante. Les experts admettent les explications de Laurent quant à certaines blessures, à d'autres, celles du visage, beaucoup moins. Ce sont des blessures de défense de Catherine"

    "Les experts ont la certitude que Catherine a été agressée, qu'elle s'est défendue et que Laurent en porte les traces."

    "Et il y a les enquêteurs qui décrivent ce qui a été retrouvé. Un de ses ongles contient l'ADN de Laurent, idem pour les bagues. Ils ont été en relation avec Laurent Ségalat."

    "Il y a plus encore: il y a les traces sur les vêtements de Laurent. Il y en a qui parlent: les projections de sang au niveau du col de la chemise de Laurent."

  • 14h56  

    Le procureur évoque les photos qui figurent au dossier. "J'ai dit à ma femme: si les escaliers sont capables de ça, il faut mettre un ascenseur."

  • 14h54  

    Eric Cottier en vient aux deux autres expertises (Mangin et Vieira): "Elles sont croisées, plusieurs spécialistes s'y sont penchés. Elles parlent de "haute probabilité" d'agression et sont bien moins péremptoires."

    "Catherine Ségalat a été agressée, Catherine Ségalat a été frappée. Peut-être est-elle aussi tombée dans l'escalier."

    "Les deux expertises le disent."

  • 14h52  

    Le procureur évoque les "casseroles" de Mme Lecomte.

  • 14h47  

    Le procureur en arrive au rapport Lecomte:

    "Le professeur Vieira (ndlr: très virulent à l'encontre de Lecomte) a une légitimité indéniable, il est professeur d'éthique médicale."

    "Nous ne pouvons pas contester le rapport Lecomte, car nous restons minuscules à côté d'elle, nous n'avons pas fait 20000 réquisitoires. Elle a fait 20000 autopsies, soit deux par jour!"

    "Mais Dominique Lecomte a travaillé seule. Chez nous, il faut au moins 2 légistes. Mme Lecomte a fait l'expertise toute seule. Et elle s'est montrée unilatérale et catégorique en ne citant qu'une seule chute dans l'escalier. A l'image d'une bille de billard qui heurte un certain nombre de bandes en un coup. Ce qu'elle a affirmé est scandaleux!"

    "La défense ne croit pas au rapport Lecomte!"
    souligne le procureur.

  • 14h40  

    Eric Cottier en vient au jour du drame, le 9 janvier 2010.

    "Il y a une autopsie ordinaire, comme pour chaque mort violente. Il y a ensuite le rapport Lecomte. Il y a une 2e vraie expertise médico-légale: celle de Vieira. S'agissant de la première expertise, mon observation est que la défense n'en a jamais rien dit. Elle n'a pas demandé officiellement de contre-expertise, elle n'a pas bougé. Sa première démarche médico-légale a été l'expertise privée."

    "Et là, les autres parties n'ont rien à dire, ni sur les questions, ni sur la personne choisie, ni sur les pièces fournies, même si le juge d'instruction a accepté que le professeur Lecomte reçoive des pièces."

    "Pourquoi M. le président a-t-il prêté la main à ce genre de manœuvres et participe à l'américanisation de la procédure pénale? Pour que Laurent Ségalat ait toutes les chances de se défendre. Nous avons accepté, comme lorsqu'un psychiatre est allé rencontrer Laurent Ségalat en prison, ce qui n'aurait jamais été possible en France, relevait Me Portejoie."

  • 14h35  

    "Si Roger-Jean décède, l'avenir de Laurent à la librairie n'était pas du tout assuré, poursuit le procureur, le témoignage du notaire à l'appui. Catherine a 1 million, l'autre million se partage entre Catherine et les trois autres enfants. Et après? On attend de voir ce qui arrive à Catherine", poursuit le procureur Eric Cottier.

    "Laurent Ségalat savait que si son père décédait, ou même s'il vivait, ça allait être compliqué qu'il puisse vivre de la librairie. Il l'a d'ailleurs dit lui-même."

  • 14h32  

    Sur le volet financier:

    "On ne dit pas que ça a joué un rôle. Laurent Ségalat est décrit comme désintéressé, il n'est pas un homme vorace. Il n'en reste pas moins qu'il avait son petit confort, c'est légitime. Mais qu'on ne nous dise pas que c'est un philanthrope désintéressé", poursuit Eric Cottier, évoquant l'année sabbatique au Canada.

  • 14h30  

    Le procureur continue: "Même si elle adorait Laurent, Catherine ne voulait pas qu'il vive à Vaux. Elle voulait préserver son couple. Tout ne se passait donc pas aussi sereinement."

    "Catherine Ségalat était le numéro 1 bis de la librairie. Quand Laurent est arrivé, Catherine a dû refaire sa place. C'était difficile. On était dans une période de turbulences."

  • 14h25  

    "J'aimerais parler de la librairie, un point central. C'est un des liens entre les trois protagonistes de cette affaire. "

    "Je veux remettre l'église au milieu du village. Nous sommes confrontés à la situation d'un homme pour lequel sa librairie était sa création et qu'il ne voulait pas voir disparaître avec lui. Il voulait qu'elle continue à être portée par un Ségalat."

    "Laurent était d'accord, Catherine aussi. Mais parlons des modalités: le père aimerait que son fils arrive mais veut que tout se fasse selon ses envies. C'était aussi un bouleversement pour Catherine, même si elle le voulait. Alors tous ceux qui disent que tout était fantastique ne connaissent pas les choses de la vie. On est dans une période d'instabilité."

    "Lui-même dit que la décision définitive n'était pas prise."

  • 14h20  

    Le procureur revient sur la personne de Roger-Jean Ségalat:

    "Une victime. Les Lausannois le connaissent, je me rendais dans la librairie. C'est un patriarche frappé par la maladie, frappé une 2e fois parce que sa femme lui est arrachée, et frappé une 3e fois parce que son fils préféré est le suspect numéro un."

    "L'homme qu'il aime le plus au monde est accusé du meurtre de celle qu'il aime le plus au monde. Que ferions-nous? On aimerait que son fils soit innocent. Mais, par loyauté, on veut savoir pourquoi elle nous a été arrachée ainsi."

  • 14h19  

    Cottier mentionne l'audition d'un codétenu de Ségalat:

    "Ségalat qu'il lui a dit qu'il envisageait toutes les possibilités, comme Napoléon, et qu'il ne disait pas tout à ses avocats. Ségalat lui a dit qu'il cherchait une solution pour les traces de sang."

    Cottier à Ségalat: "Vous tourniez la tête, comme lorsque quelque chose vous dérange."

  • 14h17  

    Cottier poursuit: "Laurent Ségalat est un calculateur et un stratège. Détail intéressant: il est éclectique, capable de jouer sur plusieurs tableaux, une bonne chose. Il a développé un logiciel informatique, ce qui ne relève pas de la biologie."

  • 14h15  

    Tête inclinée sur la gauche, les jambes croisées et accoudé à la table de ses avocats, Laurent Ségalat écoute, en regardant devant lui.

  • 14h13  

    "Laurent Ségalat a un discours à géométrie variable. Il a été fermé avec un expert psychiatre et très ouvert avec un autre (celui mandaté par la défense). Avec le deuxième, il parle de sa phobie du sang alors qu'il n'a jamais voulu en parler aux policiers ni au premier expert psychiatre. Mais au 2e, on raconte tout."

    "Autre chose: les cauchemars de Laurent Ségalat, où il se revoit faire les gestes pour sauver Catherine. Il n'en parle pas au premier psychiatre."

  • 14h10  

    Cottier évoque l'aspect financier de l'accusé: "sa compagne ne connait pas sa situation financière, elle n'en connait que les grandes lignes."

  • 14h07  

    Eric Cottier poursuit, démontrant que ses collaborateurs ignoraient que, depuis une année, Ségalat avait une activité à mi-temps à la librairie.

    Le procureur poursuit, évoquant la dissimulation et la nature secrète de l'accusé, témoignages à l'appui.

    "Au CNRS, on ignorait aussi qu'il était revenu. C'est important! Et l'activité lausannoise de Ségalat est importante aussi, il y passait trois jours par semaine."

  • 14h05  

    "Qui est Laurent Ségalat? Il faut constater que tout n'est pas si extraordinaire. Laurent Ségalat est un dissimulateur."

    "Preuve: sa double-vie dès début 2009. Au début de l'été 2008, il part au Canada pour une année sabbatique, où il doit travailler avec un collègue. Dans la réalité, l'année durera 6 mois. Début 2009, il est de retour. Certes, il y retournera mais n'y plantera plus un clou. Je suis obsédé par les marteaux."

    "Il profitait de son séjour pour écrire un livre. Ce ne serait pas grand-chose s'il n'y avait pas les autres éléments qui montrent que ses proches ne connaissaient pas son activité."

    "Une collaboratrice a dit ne jamais l'avoir vu en difficulté et qu'il était très secret."

  • 14h  

    Le procureur poursuit: "Seulement voilà, ce constat est teinté d'émotionnel. Cet émotionnel, j'en veux pour preuve le témoin qui a dit que Ségalat est "au mauvais endroit, au mauvais moment, avec le mauvais comportement".

    "Ce qui est incroyable, c'est la manière dont il s'adresse aux différents personnes. Les proches de Laurent Ségalat veulent que la justice valide leur jugement émotionnel. Mais la justice doit être à l'abri."

    "Moi aussi, comme des témoins, je pourrais avoir envie de voir Laurent Ségalat innocent. Ces gens sont animés par une envie de jugement."

    "Mais nous ne pouvons pas nous exprimer en fonction de nos envies. La justice ne se rend pas ainsi", poursuit Cottier, qui cite ensuite Me Bonnant: "tout le monde est admirable jusqu'à ce qu'il soit un assassin."

  • 13h50  

    Cottier évoque le doute dans la jurisprudence fédérale:

    "Il faut des doutes qui s'imposent à l'esprit. La jurisprudence vaudoise parle de doute raisonnable. Il n'est pas nécessaire qu'un juge fonde sa conviction sur des preuves matérielles, contrairement à ce qu'on entend partout."

    Les indices ne doivent pas être pris isolément les uns des autres, explique encore Eric Cottier.

    "Il faut parler du prévenu, il est au centre. Qui est Laurent Ségalat? Tout indique un personnage absolument remarquable, un homme qui partage avec la plupart de ceux qui sont dans la salle toutes les valeurs fondamentales: la famille, il aime l'humain, il veut faire du bien, il a une intelligence remarquable et j'ai été frappé, mardi, par ce qu'on a dit sur son rôle au Téléthon."

    "La personnalité de Laurent Ségalat est incompatible avec les faits reprochés. Les témoins - sortes de AAA de Standard's and Poor - l'ont bien dit."

  • 13h46  

    Eric Cottier en vient à évoquer le doute: "Ça doit se faire dans les tribunaux, pas dans les journaux. Sans jeter la pierre à la défense, les nombreuses fois ou l'un ou l'autre défenseur ou un membre du club de soutien de Laurent Ségalat ont prétendu qu'il n'y avait rien dans ce dossier. Ces gens-là se sont fourvoyés, ils ont eu tort. Les raisons du maintien de Laurent Ségalat en détention se comptent par dizaines."

  • 13h40  

    Le procureur revient sur les pressions dont a fait l'objet le tribunal. "Chez nous, dans le cadre de procès, et nous en avons eus, jamais une cour de justice et un magistrat n'avaient subi les pressions exercées dans cette affaire."

    "La justice doit travailler dans l'ouverture, elle n'a rien à cacher. Mais elle n'appartient pas au peuple, pas plus qu'elle n'appartenait au roi. Elle ne doit pas céder à la pression de la rue."

    Le procureur termine sa conclusion en évoquant l'indépendance du tribunal. "Il s'agit de tordre le cou à l'idée selon laquelle le tribunal est inféodé au ministère public."

  •  

    Le procureur refait l'historique du procès. Il salue le travail de la justice dans cette affaire, notamment celui de la police. "Nous le considérons comme complet, aussi bien fait à charge qu'à décharge." Il poursuit: "Rien n'a été négligé, toutes les pistes ont été suivies."

  • 13h36  

    Le procureur se lève. Il commence. "Le 9 janvier 2010, Catherine Ségalat est morte dans des conditions horribles. Trois mois plus tard, Roger-Jean Ségalat, qui aimait sa femme plus que tout, est lui aussi décédé. Il est normal de penser à ces deux personnes, de saluer leur mémoire." Le procureur observe un instant de silence.

  •  

    L'instruction est officiellement close.

  •  

    Me Barillon dépose ses conclusions civiles. Il les distribue au président, au procureur et à la défense.

  • 13h30  

    Le procès reprend. Il y a beaucoup plus de monde que les premiers jours: toutes les places sont prises, du monde attend encore. Les huissiers mettent des gens avec la presse. Nombre de personnes ne pourront assister à l'audience.

  • 13h20  

    Le procès reprend dans quelques minutes. Au programme et dans l'ordre: le réquisitoire du procureur Cottier puis la plaidoirie de Me Barillon, conseil des proches de Catherine Ségalat. Le public est venu en nombre. Il y a autant de monde que pour les premiers jours.

Créé: 31.05.2012, 17h55

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58 Commentaires

Alain Provist

31.05.2012, 17:21 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 0

Tout indique que LS est un intellectuel français qui prend les Suisses pour des demeurés et qui a crû que le meurtre parfait était possible en Suisse si il choisissait des avocats, une experte et un fan club français. Mauvais pari, M. LS ! Répondre


Jean LAVERITE

31.05.2012, 19:26 Heures
Signaler un abus 8 Recommandation 0

Monsieur SEGALAT c'est très bien ce qu'il a fait, je pense qu'il faut lui mettre une peine de 30 ans, afin de le faire réfléchir sur son amnésie simulée et sur ses actes, ensuite qu'il fasse un recours sur sa condamnation afin que lors d'un deuxième procès il puisse dire enfin la vérité et il aura certainement la compassion des juges et une peine réduite. Car sa stratégie actuelle n'est pas bonne. Répondre



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