Gitans
En Suisse, les gitans peuvent camper dans tous les champs
Par Nestor Delpino. Mis à jour le 26.07.2012 50 Commentaires
«Je reçois beaucoup d’appels de gens qui me soutiennent et qui veulent évacuer ces gens. Mais je dois les calmer, car s’il se passe quelque chose, je serai tenu pour responsable.» Mercredi, Simon Turin était résigné. Depuis dimanche dernier, des caravanes appartenant à des gens du voyage, venus de France et d’Allemagne, prennent place sur son champ situé à Muraz. Un rassemblement convoqué à l’occasion d’un mariage où près de 800?personnes sont attendues. Ceci au nez et à la barbe de Simon Turin qui ne peut leur demander de déguerpir sur-le-champ.
Loi inadaptée
Car, légalement, il n’existe aucune base pour traiter ce genre de cas. Ou tout du moins, la procédure menant à une décision d’expulsion est complexe. «Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, souligne le procureur général du canton de Vaud, Eric Cottier. On doit définir le rôle de la police, celui de la médiatrice, etc.» Un avis partagé par son homologue valaisan, Nicolas Dubuis. «Notre droit n’est pas fait pour le nomadisme et poursuivre des individus qui n’ont pas de domicile s’avère problématique. Si un Gitan occupe un terrain qui n’est pas le sien, on applique la même loi que pour tout autre auteur.»
Ainsi, la justice doit par exemple définir s’il y a un dommage à la propriété ou une violation de domicile privé. Ce second point peut poser problème quand il s’agit d’un champ agricole. «Selon la loi, ce n’est que si le terrain est clôturé et attenant à une maison qu’une violation de domicile peut être reprochée à celui qui s’y installe sans droit, explique Nicolas Dubuis. Sur cette base, un procureur peut définir s’il y a infraction ou pas.» Ce qui ne semble pas être le cas sur ce point à Muraz. Car si les plaintes pour menace et dommage à la propriété déposées par Simon Turin ont été acceptées, celle liée à la violation de domicile privée a été rejetée.
La mésaventure de Simon Turin fait également des vagues de l’autre côté du Rhône. Sur la commune d’Aigle, certains agriculteurs craignent de voir débarquer des gens du voyage sur leurs champs à l’occasion du mariage. «Des gens du voyage sont venus me demander s’ils pouvaient s’installer dans un de mes champs, témoigne Pierre-Alain Schweitzer. Ce à quoi j’ai dit non. Ils ont alors rétorqué qu’ils se foutaient de toute façon de ma réponse.»
En augmentation
Pierrette Roulet-Grin, médiatrice des gens du voyage mandatée par l’Etat de Vaud, relève que le nombre de Gitans est étonnamment élevé dans le canton cette année. «Il y a entre 140 et 150 caravanes qui sillonnent le territoire alors qu’il n’y a que 70?places officielles pour les accueillir.» Pierrette Roulet-Grin explique cette augmentation par la crise économique dans l’Union européenne. «Il y a trois types de Gitans. Les Suisses, appelés Jenisch, les Manouches et les plus nombreux, les Roms français. Ce sont ces derniers qui nous font souci. Comme on ne leur propose plus de travail dans leur pays, ils viennent chez nous.» Et de conclure. «Tant qu’ils pourront faire leur beurre ici et qu’il n’y aura pas de disposition réglementant le parcage sauvage, ils ne partiront pas.»
Risque élevé de contamination
Simon Turin, le paysan qui exploite le champ où se sont installés les Gitans à Muraz, ne cache pas son amertume: «Sur cette parcelle, la récolte est fichue. Mais ce qui m’inquiète, c’est que les déjections des occupants risquent de contaminer mon bétail.»
Principal souci? Une infection appelée cysticercose bovine. «Elle est provoquée par un parasite, un ver solitaire de l’homme, explique Bruno Gottstein, directeur de l’institut de parasitologie de la faculté de médecin vétérinaire de Berne. Il n’a pas de conséquence médicale sur l’homme, mais une personne infectée peut transmettre les œufs du ver au bétail, par ses excréments. Le bovin contaminé ne sera pas malade, mais des larves vont se développer dans sa viande.» Vétérinaire à Mézières et contrôleur dans les abattoirs de la région, Julien Lador ajoute que ce parasite «n’est détectable qu’à l’abattage.»
Résultat? Un prix au kilo dévalué de 45% et des frais demandé au producteur pour congeler la viande et ainsi tuer les larves. «Cela représente une grosse baisse pour le paysan, note Bruno Gottstein. Certains éleveurs ont perdu jusqu’à 40?000?fr.» Le risque de contamination est-il élevé à Muraz? «Qu’il s’agisse de Gitans ou non ne change rien, mais avec 800?personnes sur un même champ, il y a des forts risques, répond le parasitologue. Et les œufs peuvent survivre deux ans dans le sol.» D.G. (24 heures)
Créé: 26.07.2012, 07h14
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
50 Commentaires
Le comportement de ces gens est purement et simplement inadmissible.Où est la logique dans notre système de valeur où deux policiers sont sous enquête pour ne pas avoir assez recherché un chat blessé (http://www.lematin.ch/faits-divers/Deux-policiers-sous-enquete-a-cause-d-un-chat-/story/27820729) alors que des gitans peuvent faire ce que bon leur semble sur une propriété privée. Ca me révolte! Répondre
c'est de la violation de propriété privée donc ils devaient partir immédiatement sur demande du paysan, et ensuite de la police. Le fait qu'ils ne partent pas démontre à quel point ces gens se moquent de notre pays. Ne pas les laisser entrer est la seule solution. Facile de les repérer pourtant à la frontière. Répondre
ABONNEMENTS MOBILE
Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 

























