La ligne du Simplon quitte l’ère héroïque de la vapeur

Une vieille locomotive a passé dimanche une ultime fois entre Villeneuve et Lausanne. Où des équipements high-tech seront installés.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La Pacific 01 202 est venue faire ses adieux ce week-end à Lavaux et à la Riviera vaudoise. Comme toutes les machines du genre, cette vénérable locomotive de 1936 ne pourra plus emprunter le tronçon Lausanne-Villeneuve, qui sera doté d’une nouvelle technologie condamnant leur passage. «Nous avons voulu marquer le coup. Nous sommes tristes de ne plus pouvoir traverser à l’avenir cette région touristique magnifique», lâche Thomas Frieden, président de l’Association Pacific 01 202.

Après les tunnels de base du Gothard et du Lötschberg, le secteur reliant la capitale vaudoise et la cité du bout du lac sera en effet le premier en Suisse romande à bénéficier, dès le 23 avril, de la technologie ETCS (European Train Control System) Level 2. Cet équipement rendra les signaux lumineux le long des voies obsolètes, puisque toute la signalisation sera intégrée dans la cabine de conduite des trains via un réseau de téléphonie mobile dédié au chemin de fer. «Les mécaniciens recevront toutes les informations à leur poste de pilotage sans avoir besoin de les chercher du regard à l’extérieur», précise Donatella Del Vecchio, porte-parole des CFF. Or, les signaux voués à disparaître sont les seuls guides – avec la radio – des mécaniciens des vieilles locomotives.

Observer les signaux

A bord de la 01 202, dimanche, il y en avait deux. «Le premier conduit la machine et le deuxième est chargé d’observer les signaux. Il est le plus souvent aidé par le troisième homme, le chauffeur, lorsque celui-ci n’est plus au charbon», explique Daniel Waeber, mécanicien

Actuellement, l’ETCS Level 2 est utilisé pour les tronçons autorisant des vitesses supérieures à 160 km/h. «C’est avant tout un système de sécurité qui permettra de pouvoir encore mieux surveiller constamment la vitesse des 10 000 trains circulant par jour en Suisse et de réduire l’intervalle entre leurs passages successifs», poursuit Donatella Del Vecchio.

Vitesse record

Face à ces perspectives, l’équipage de la Pacific s’en est donné à cœur joie ce week-end. Dans un ultime baroud d’honneur, la locomotive a traversé la gare de Montreux à la vitesse record de 90 km/h. Ce que ne fait aucun autre train, même pas l’InterCity qui circule en direction de Venise, contraint de faire halte sur la Riviera. «Nous, la vitesse, on la calcule de tête sur la base du sillon horaire qui nous a été octroyé et des informations que nous recevons en temps réel de la centrale CFF de Berne ou de Lausanne par radio», explique Urs Bösch, deuxième mécanicien.

En s’en allant vers le Haut-Valais samedi, la mythique locomotive, qui n’avait pas d’arrêt prévu, a ainsi dû… freiner pour ne pas rattraper l’InterCity qui la précédait, coincé en gare de Martigny (VS). Et s’arrêter à Saxon (VS) pour laisser passer l’InterRegio qui la suivait de trop près. Tout cela sur la base d’informations orales.

Sur son trajet de Vevey à Brigue, la locomotive de 169 tonnes tractant sept wagons d’un poids total de 249 tonnes a consommé 5 tonnes de charbon et presque le double en eau. «C’est effectivement moins écologique que les locomotives modernes», sourit Alexander Choremi, chargé de veiller le feu dans la chaudière durant la nuit de samedi à dimanche à Brigue.

Les bateaux CGN salués

Dimanche, la Pacific a encore tenu à aller saluer ses amis du Swiss Vapeur Parc du Bouveret, où elle avait aussi donné rendez-vous au bateau à vapeur La Suisse. Car le tronçon Sierre-Sion sera lui aussi équipé de la technologie ETCS Level 2 en 2018, ce qui empêchera les locomotives à vapeur d’accéder au Chablais. «Cela tombait à pic, car nous lançons notre saison de navigation à vapeur ces jours», explique Maurice Decoppet, président de CGN Belle Epoque SA et de l’Association des amis des bateaux à vapeur du Léman (ABVL).

Avant-hier, La Suisse et la Pacific ont pu encore se retrouver durant trois minutes pour la toute dernière fois à Rivaz, où la gare côtoie le débarcadère. Puis la vénérable locomotive a regagné sa base de Lyss (BE). En traversant la gare de Lausanne sans s’arrêter . (24 heures)

Créé: 10.04.2017, 20h06

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Les villes font face aux canicules, paru le 23 juin
(Image: Bénédicte) Plus...