Virginie Faivre fait ses adieux au ski là où sont nés ses rêves de neige

Saint-LégierL’émotion était palpable jeudi dans le village de la reine mondiale du half-pipe. Qu’elle avait convié pour fêter sa «nouvelle vie».

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«C’est ici que mes rêves de neige sont nés», glisse Virginie Faivre (34 ans), les yeux encore plein de flocons. Après son retrait de la compétition en décembre, la reine mondiale du half-pipe a convié, jeudi, son village de Saint-Légier et ceux qui l’ont soutenue durant sa carrière unique.

En premier lieu son papa, Pierre-André, et sa maman, Catherine. «Bien avant de devoir supporter mon stress et mes doutes, ce sont eux qui m’ont mise sur des skis à l’âge de 2 ans, alors que je n’aimais pas ça», sourit la skieuse freestyle retraitée. Qui a très vite tracé son chemin par la suite, dans de l’or massif. La triple championne du monde a récolté trois globes de cristal, couronnant la meilleure compétitrice de la saison, et douze podiums, dont trois médailles d’or.

Jeudi, dans la grande salle de Saint-Légier, où les coupes sportives côtoyaient les verres de vin, l’émotion était palpable à l’heure des souvenirs.

«Grâce à son talent inversement proportionnel à sa petite taille, elle a grandement contribué à promouvoir le ski freestyle, rappelle Alain Bovay, syndic de Saint-Légier. Si nous avions pu miser de l’argent sur Virginie, qui a remporté trois titres mondiaux en quatre participations, nous nous serions plus vite enrichis qu’en jouant à la loterie.»

Le syndic frise le code
Comme nombre de ses administrés, le chef du village a beaucoup donné de sa personne pour soutenir la championne, notamment lors de son déplacement aux Jeux olympiques de Sotchi, en Russie, en 2014, où l’élu a frisé le code: «Avant de partir, un conseiller communal m’avait demandé de brandir les armoiries du village dans l’enceinte des jeux, raconte Alain Bovay. Ce que j’ai fait. La télévision m’a bien filmé. C’est après que ça s’est gâté: le service de sécurité russe m’est tombé sur le paletot en me demandant si c’était de la publicité ou de la propagande. J’ai finalement pu prouver qu’il s’agissait bien de notre drapeau.»

Jeudi, le village s’est souvenu de ce périple olympique qu’il avait pu suivre en direct et sous haute tension sur l’écran géant monté par le Ski-Club de Blonay, celui qui a permis à Virginie Faivre de faire ses armes. Las, à Sotchi, la Saint-Légerine avait échoué au pied du podium, avant de devenir championne du monde l’année suivante. Cette abnégation a marqué Philippe Leuba, présent jeudi avec ses collègues du Conseil d’Etat Jacqueline de Quattro et Pascal Broulis. «Cette passion se lit d’emblée dans le regard de Virginie, qui illumine ceux qui la rencontrent, relève le ministre vaudois des Sports. Elle constitue un véritable modèle pour la jeunesse.»

La reine du half-pipe a pour sa part été inspirée par une autre championne, Erika Hess, également habitante du village. Grâce à leurs titres respectifs, les deux sportives font de Saint-Légier la localité vaudoise qui a amassé le plus grand nombre de titres mondiaux de ski.

«Rendre ce que j’ai reçu»
«Après avoir suivi son exemple, j’ai beaucoup discuté avec elle sur cette période de transition que constitue la fin d’une carrière sportive, confie Virginie Faivre. Cela m’a beaucoup aidée. Car j’ai mis une dizaine de mois, tiraillée par l’envie de continuer à skier, avant de prendre la décision d’arrêter. Tout comme elle, je vais désormais m’activer pour la formation sportive, en m’attelant à lever des fonds au sein de l’Aide sportive suisse. Pour redonner un peu de ce que j’ai reçu.»

Les deux femmes ont également joué les ambassadrices de la candidature lausannoise pour les Jeux olympiques de la jeunesse 2020. «Si l’on ajoute notre contribution à la péréquation financière, a plaisanté Alain Bovay, force est de constater que notre Commune donne beaucoup à notre chère capitale vaudoise.»

Pour ses adieux au ski, Virginie Faivre a aussi invité Marie Martinod, son ex-rivale. «Avec la générosité et l’altruisme de Virginie, nous sommes rapidement devenues amies dans la vie, explique la championne française de half-pipe. Ce qu’elle a réussi sur le plan sportif est impressionnant. C’est déjà un exploit de parvenir au sommet, mais d’y être restée aussi longtemps est juste énorme. Il faudra attendre des lustres avant de retrouver à nouveau une triple championne du monde en half-pipe.» (24 heures)

Créé: 07.04.2017, 22h00

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