Un ancien directeur d’école condamné pour attouchements

JusticeQuinze mois fermes infligés à Vevey à un animateur de 47 ans pour des actes d’ordre sexuels sur les enfants qui lui étaient confiés par une amie. La défense dénonce une machination.

Image: Chantal Dervey -A

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«De toute ma carrière d’avocat, jamais je ne pourrais plaider de manière aussi évidente la machination.» Me Matthieu Genillod n’a pas ménagé sa peine la semaine dernière devant le Tribunal correctionnel à Vevey pour la défense d’une… chaise vide. En pure perte. Ce siège aurait dû être occupé par un animateur franco-canadien de 47 ans, ancien directeur d’école privée, accusé d’actes d’ordre sexuel et de contrainte sur quatre enfants pendant près de 18 mois. Le prévenu a préféré se rendre à son travail plutôt qu’au tribunal. La cour n’a pas apprécié. Elle l’a condamné par défaut à 15 mois ferme. Libre à lui de tenter de demander à être rejugé, en sa présence cette fois.

Le comportement reproché se situe entre le début 2011 et décembre 2012. Sans occupation depuis la faillite de l’école privée qu’il dirigeait dans les Alpes vaudoises, l’animateur se met à la disposition d’une famille nombreuse amie traversant une période difficile. Plusieurs fois par semaine, à son domicile ou chez ces gens, il prend soin de quatre enfants âgés de 6 à 12 ans, trois filles et un garçon. L’enquête retient notamment qu’il les surveillait de curieuse manière sous la douche et pendant leur toilette, alors que cela avait été explicitement exclu de ses tâches par leur mère: «Il lui arrivait régulièrement de dire aux enfants qu’ils n’étaient pas bien lavés, de les savonner et de les crémer sur tout le corps, y compris au niveau des parties intimes, même lorsqu’ils ne voulaient pas.» L’intéressé n’a cessé de contester, jusqu’à son procès, tout acte répréhensible.

Pour la procureure Sophie Koehli, étonnée qu’un prévenu qui clame son innocence ne se présente pas à son procès, il ne fait aucun doute que des abus ont été commis: «La toilette était utilisée comme prétexte pour assouvir ses pulsions. Au début, les enfants n’ont rien dit car ils savaient que leur mère aimait bien ce monsieur. Ils étaient pris dans un conflit de loyauté.» Mais cela n’a pas duré. «Il me touche partout, ça me dérange, j’ai tout dit à maman», a fini par déclarer une des fillettes.

Il a été rappelé au procès que l’intéressé avait été condamné en 2012 pour pornographie. On avait trouvé dans ses affaires une clé USB contenant des images de petites filles dans des poses suggestives. Le juge ne l’avait pas cru lorsqu’il a affirmé ne pas avoir téléchargé lui-même ces fichiers et que ceux-ci provenaient d’un PC de l’école.

Face au Ministère public, qui a requis et obtenu 15 mois ferme, la défense considère que tout a été inventé par la mère. Elle aurait voulu se venger de sa dénonciation par l’intéressé auprès du Service de protection de la jeunesse (SPJ) à la suite d’une dispute. «Elle a mordu parce qu’elle savait qu’elle risquait de perdre la garde de ses enfants», lance Me Genillod.

L’homme de loi soutient que la Brigade des mineurs n’est parvenue à aucune conclusion, et aussi que le SPJ, informé de l’affaire, a estimé que les actes reprochés étaient certes «dérangeants et inadéquats» mais sans pour autant franchir «la ligne rouge du pénal». Et l’avocate des enfants de répliquer que «la répondante au SPJ a probablement minimisé les faits afin qu’on ne lui reproche rien à elle».

En plus de la prison ferme, la cour a condamné l’accusé à payer 11'000 francs à la famille au titre de tort moral ainsi que près de 50'000 francs de frais de justice.

(24 heures)

Créé: 19.04.2017, 16h05

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