Le calvaire d'un bébé brutalisé pour ses pleurs

ProcèsJeune homme désemparé condamné lundi à Vevey à de la prison ferme pour lésions corporelles graves sur le bébé de sa concubine.

Le Tribunal correctionnel de l'Est vaudois à Vevey.

Le Tribunal correctionnel de l'Est vaudois à Vevey. Image: CHANTAL DERVEY

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Fracture du crâne, fracture d’un bras et d’une jambe, hémorragies pericérébrales aiguës et dans les yeux, lésions caractéristiques du syndrome du bébé secoué, multiples ecchymoses et hématomes au visage… De l’avis d’un médecin spécialiste de la maltraitance, c’est l’un des cas recensés parmi les plus graves. Deux ans après, si la petite victime, une fillette alors âgée de dix mois, semble à peu près remise, c’est sous réserve de séquelles pouvant se manifester au cours de son développement.

«Elle pleurait énormément… J’étais à bout de nerfs… J’ai pété les plombs… Je le regrette.» Le jeune Fribourgeois d’à peine 20 ans qui se trouve sur le banc des accusés baisse la tête lorsqu’on lui rappelle qu’il a admis avoir frappé la petite à la tête avec ses nilles ou ses poings, qu’il l’a secouée à plusieurs reprises, qu’il lui a tordu les mains, les bras ou les jambes, ou appuyé fortement un biberon sur sa bouche pour l’obliger à boire.

Cela s’est passé à domicile, en été 2015. L’enfant n’était pas le sien, mais celui de sa concubine, une Jurassienne âgée elle aussi de 20 ans, avec laquelle il était en ménage depuis quelques mois. La jeune mère répond quant à elle de violation du devoir d’assistance. On lui reproche de n’avoir pas réagi. Cela quand bien même elle se souvient que sa fille éprouvait de la peine à marcher à quatre pattes, qu’elle portait des marques derrière les oreilles et que son compagnon lui avait avoué l’avoir secouée.

Importantes brûlures
L’affaire, qui leur a valu quelques jours en préventive, a éclaté à la suite d’un épisode particulièrement dramatique relevant, aux yeux de la justice, plutôt de la négligence que de la maltraitance. Un soir, en l’absence de la maman rentrée plus tard, le papa de substitution donne le bain à la petite. Celle-ci est gravement brûlée par de l’eau très chaude qui serait sortie brusquement du flexible dans des circonstances indéterminées, alors qu’il tient l’enfant debout pour la rincer.

Ce n’est que le lendemain, vers midi, après avoir constaté que la peau du ventre du bébé s’était détachée et que des cloques étaient apparues sur ses cuisses et ses avant-bras que le couple fait appel à une ambulance. Pourquoi avoir tant attendu? «J’avais peur qu’on me retire ma fille parce que je vivais avec un homme qui la maltraitait», répond la maman, qui admet pourtant que dans la matinée la petite «était bleue et respirait très vite». La jeune femme a la franchise d’avouer qu’elle voulait mettre au point une version avec son ami «car ça ne passerait jamais avec les ambulanciers».

Le procureur Nicod a requis 3 ans de prison, dont 1 an ferme contre le jeune homme. La cour s’est arrêtée à 30 mois, dont 6 fermes mais à condition qu’il suive un traitement psy. Contre la maman, le Ministère public avait demandé 12 mois avec sursis et les juges lui en ont infligé 12 avec un traitement psy comme règle de conduite.

Quant à l'enfant, elle a été placée dans un foyer et se trouve sous l'autorité d'une tutrice. (24 heures)

Créé: 19.06.2017, 21h37

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