Les Diablerets retrouvent deux auberges mythiques

GastronomieCher au cœur des Ormonans, le restaurant du Lac Retaud vient de rouvrir. Celui du col de Pillon suivra, à la fin du mois.

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«Un paradis.» Les amateurs de randonnées sont unanimes lorsqu’il s’agit de qualifier le lac Retaud. Ne manquait qu’un «détail» pour les contenter à 100%: la réouverture du restaurant jouxtant le plan d’eau, fermé depuis deux étés. Ancien patron de l’Hôtel Saint-Louis puis de la Grange à Villars, René Kuster en a repris l’exploitation le 24 décembre, pour le compte de la société Lulu. TI.Ristora. Son directeur, Luca Mogliazzi, gère également l’Horneggli de Gstaad (BE).

Canards et champignons

L’endroit est cher au cœur des Ormonans qui s’y sont baignés en été ou ont pu, quelques hivers, y patiner. Construit en 1933 par François Maison, le restaurant servait alors de pension. La route qui le dessert, il la doit en partie à l’armée qui voulait bâtir là un baraquement. Elle y renoncera, préférant le site villardou de Bretaye. Les paysans du village construiront pourtant cette route en 1934, dans des conditions pénibles.

Dès 1960, c’est la famille Spycher qui donnera à l’auberge toute son aura sympathique. L’endroit est surtout lié au nom d’Albin Spycher. Albin, qui appelait les canards d’un cri spécial et gourmandait depuis la berge les garnements qui avaient loué un bateau et «oubliaient» de regagner la rive dans le quart d’heure imparti. Albin, qui cueillait les champignons et les baies sauvages aux abords du lac et les apprêtait dans son auberge. «Mon père a aussi beaucoup fait pour garder ce site propre, se souvient Thomas Spycher, qui a géré le resto jusqu’à sa vente, en 2011. On le voyait sortir avec son porte-voix pour demander aux promeneurs de reprendre leurs déchets.»

Les Spycher ont accueilli de nombreuses courses d’école. «Des années après, on rencontrait des clients qui se souvenaient être venus ici», évoque l’ancien propriétaire. Le lac est idéalement placé: «J’y suis venu plusieurs fois avec mes enfants. Depuis la télécabine d’Isenau, vous l’atteignez en trente minutes de marche, décrit René Kuster. Et en trente minutes de plus, vous arrivez au col du Pillon. C’est une belle balade à faire en été.» En hiver aussi: grâce aux importants travaux entrepris, l’enseigne – et c’est une nouveauté – est ouverte désormais à la saison froide.

Une demande claire

«Il y avait très clairement une attente pour que ce restaurant rouvre, note Françoise Dutoit, municipale en charge du Tourisme à Ormont-Dessus. L’été précédent, nous avions mis en place une buvette à proximité du lac. Cet été, nous n’avons pas reconduit l’opération, car l’ouverture du restaurant était annoncée plus tôt. Du coup, nous avons eu beaucoup de remarques de personnes qui montaient au lac et trouvaient porte close. Cette reprise est une excellente nouvelle.»

Passage stratégique

D’autant qu’elle n’arrive pas seule pour la station: fermé depuis deux ans, le Restaurant du Col du Pillon reprendra du service le 30 janvier. Manuella Thoenen-Bettler, son mari Fritz et leur amie Marlène Berchten en assureront l’exploitation. Pour le trio de Gsteig, sur l’autre versant du Pillon, l’endroit est «stratégique, en hiver comment en été. Il est situé sur les chemins de randonnées, au pied du téléphérique menant au glacier des Diablerets, sur un lieu de passage entre les cantons de Berne et de Vaud, sur une route appréciée des motards», détaille Manuella Thoenen-Bettler.

Les gérants entendent d’ailleurs attirer aussi bien les Vaudois que les touristes et les habitants du Saanenland, grâce à sa carte, à la fois rustique et fine. Au Lac Retaud, on mise sur un menu à l’avenant: les mets au fromage y côtoient les spécialités tessinoises de qualité. (24 heures)

Créé: 05.01.2016, 07h34

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