A Montreux, la villa Lemana a été vendue

RivieraDerrière la vente à 30 millions réalisée par la société Barnes, un renouveau paraît s’esquisser sur le marché immobilier lémanique de luxe.

La maison de maître se trouve près du château des Crêtes, à Clarens, un lieu qui a inspiré Jean-Jacques Rousseau pour sa «Julie ou la Nouvelle Héloïse», à l’origine du tourisme sur la Riviera vaudoise.

La maison de maître se trouve près du château des Crêtes, à Clarens, un lieu qui a inspiré Jean-Jacques Rousseau pour sa «Julie ou la Nouvelle Héloïse», à l’origine du tourisme sur la Riviera vaudoise. Image: DR

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Le lieu, situé près du château des Crêtes, à Clarens, a inspiré Jean-Jacques Rousseau pour sa Julie ou la Nouvelle Héloïse, à l’origine du tourisme sur la Riviera vaudoise. Au beau milieu trône une villa, bien connue, qui a abrité il y a trois décennies la Clinique Lemana Rustica. Habitée ces dix-sept dernières années par une famille française, cette bâtisse classique de style Art nouveau vient d’être vendue à un prix supérieur à 30 millions à un étranger. Une transaction exceptionnelle réalisée par les sociétés immobilières Barnes/Gerofinance-Dunand.

Transactions en hausse
Placée au cœur d’un parc de 18'000 m2 aux arbres centenaires, cette maison de maître compte plus de 1600 m2 habitables. C’est l’un des plus gros domaines privés de la Riviera. Mais, pour concrétiser cette acquisition, Barnes a dû déployer tous ses atouts: «Pour réaliser une telle vente, notre ancrage local, notre connaissance du terrain, des acteurs clés, des potentiels acheteurs et notre réseau international ont été précieux», explique Gregory Marchand, directeur de Barnes. La régie a ensuite dû se livrer à un travail d’équilibriste, entre les vendeurs-propriétaires, les futurs acheteurs, les architectes, les maîtres, la Commune, les banques et les avocats pour acter cette vente.

Le concurrent de Barnes, Cardis/Sotheby’s, applaudit sportivement cette transaction d’autant plus exceptionnelle que les immeubles les plus onéreux sont habituellement plutôt acquis entre Nyon et Genève: «Dans la foulée d’une reprise constatée en 2016 déjà, pour notre part, nous avons vendu cette année trois biens à 10 millions et un à 14 millions dans la région nyonnaise», confie Yves Cherpillod, responsable des ventes.

Globalement, ces deux acteurs de l’immobilier de luxe constatent depuis l’an dernier une augmentation des transactions de 10 à 14 millions, de Genève à Villeneuve. «Après une année 2015 en stand-by, il y a un renouveau sur les objets de luxe, commente Gregory Marchand. L’acheteur, aujourd’hui, quelle que soit sa nationalité, souhaite acquérir un bien immobilier à un prix plus juste que lors des années précédentes.»

De l’argent à investir
«Notre activité de courtage sur la Riviera a progressé de 47% entre 2015 et 2016, poursuit ce dernier. Le premier trimestre 2017 est prometteur pour Barnes Riviera puisque l’agence a déjà réalisé 70% de son chiffre d’affaires de 2016. Pour les agences vaudoises, qui ont atteint 45% du chiffre d’affaires 2016, la progression est également en forte hausse (+26%) mais sans commune mesure avec la Riviera et en particulier Montreux.»

Pour Laurent Wehrli, syndic, c’est la baisse des prix, de l’ordre de 20% ces trois dernières années dans l’immobilier haut de gamme à Montreux – on est passé de 20'000 francs à 16'000 francs le mètre carré –, qui semble faire redémarrer le marché.

Municipal des Finances, Pierre Rochat remarque, lui aussi, «un frémissement positif»: «Globalement, les indicateurs économiques sont bons. Les acquéreurs potentiels ont beaucoup d’argent à investir. Et localement, la Riviera devient de plus en plus attractive. De plus, la concrétisation prochaine de notre plan général d’affectation communal (PGA) semble rassurer les investisseurs.»

«Quand ils achètent un objet, c’est avant tout par coup de cœur. Ils ne sont d’ailleurs jamais pressés d’acheter ou de vendre»

Pour d’autres acteurs de l’immobilier, le tassement des prix dans le haut de gamme n’a que peu d’influence sur les riches acquéreurs potentiels. «Pour eux, 1 million, c’est comme 1000 francs pour nous, commente le directeur d’une agence immobilière veveysanne. Quand ils achètent un objet, c’est avant tout par coup de cœur. Ils ne sont d’ailleurs jamais pressés d’acheter ou de vendre.»

Ce qu’affirme aussi Gregory Marchand: «Le marché du luxe ne connaît pas vraiment la crise, d’autant moins dans une région stable politiquement et économiquement, qui bénéficie en outre d’un cadre magnifique, d’écoles privées, d’une importante offre culturelle ou encore de la proximité d’un aéroport.»

Or sur la Riviera, les objets immobiliers pouvant satisfaire les superriches ne manquent pas. A Clarens, par exemple, la célèbre Villa Karma, au bord du lac, est à vendre pour 60 millions de francs. Le château d’Hauteville, à Saint-Légier, est lui aussi sur le marché, pour 50 millions. (24 heures)

Créé: 18.05.2017, 09h16

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