Des refuges à bergers héliportables sur les alpages

Les DiableretsLe charpentier Joël Morerod a conçu un abri déplaçable par les airs avec isolation, lit, poêle à bois et panneaux solaires!

Lionel Villemin (à g.) et Joël Morerod (au centre) ont développé un abri pour améliorer le confort des bergers sur les alpages. Berger lui-même, Jean-Pierre Vittoni (à dr.) a suggéré l’idée.

Lionel Villemin (à g.) et Joël Morerod (au centre) ont développé un abri pour améliorer le confort des bergers sur les alpages. Berger lui-même, Jean-Pierre Vittoni (à dr.) a suggéré l’idée. Image: Chantal Dervey

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De prime abord, on dirait un minirefuge de forêt, du style en plus grâce à son profil asymétrique et à sa couleur gris pierre. Avec ses 3 mètres sur 2,5, son lit, son poêle, sa petite table murale, sa prise électrique, sa lampe, son frigo et son congélateur, la cahute invite à la pause méritée après une journée de labeur.

C’est exactement sa fonction puisque la charpenterie Morerod, aux Diablerets, a créé ce refuge héliportable pour les bergers en estivage! Un concept clés en main qui pourrait révolutionner la vie des gardiens de nos alpages. On peut aimer la vie au grand air, gérer un troupeau de moutons durant deux mois sur les cimes et apprécier malgré tout de dormir au chaud, avec un brin de confort, tout en rechargeant son téléphone sans le ronronnement d’une génératrice dans un austère conteneur en métal chauffé au gaz!

Ce n’est pas Jean-Pierre Vittoni, berger de La Forclaz, qui dira le contraire. C’est lui qui a soufflé l’idée à son ami charpentier: «Même si, étonnamment, c’est parce que les gens de Gryon en avaient marre des reflets des vitres de mon abri sur les hauts de Taveyanne que nous en avons parlé autour d’un verre avec Joël (ndlr: Morerod), explique le joyeux berger. Ces habitants considèrent aussi que ces bennes défigurent le paysage.»

Discret et chauffé

L’entreprise des Ormonts a mis ce week-end la dernière main au prototype dans son atelier. «Le principe est que le berger arrive simplement avec son sac à dos, explique Joël Morerod, patron de l’entreprise. Les capteurs solaires assurent une autonomie en électricité de trois jours pour une consommation standard.»

Le refuge arbore un look qui le rend discret dans le paysage. «On dirait un gros rocher», commente Bruno Morerod, le père de Joël. Quatre pieds réglables permettent de s’adapter aux terrains en pente et même de glisser une remorque en dessous pour le déplacer.

«De plus en plus de gens me disent que les conteneurs en métal défigurent le paysage»

La couche externe en aluminium sert de protection face aux intempéries sur la structure en bois, et les 40 mm de fibre de bois d’isolant. «L’air circule tout de même pour éviter la condensation et l’humidité à l’intérieur», ajoute Lionel Villemin, technicien sur le projet. «C’est très important pour sécher ses habits, ajoute Jean-Pierre Vittoni. Dans les conteneurs, c’est plus compliqué, il faut chauffer à fond ne serait-ce que pour assécher le local. Avec un chauffage à bois, le séchage des fringues est plus aisé.»

A pleine charge, l’abri pèse quelque 900 kg. «Et c’est du 100% local au niveau des matériaux – à l’exception de l’aluminium – et du travail.»

Le prix reste à fixer

L’autre gros avantage du con­cept est le transport facilité en hélicoptère: «Le conteneur métallique fait plus d’une tonne, il faut le démonter, ce qui nécessite plusieurs rotations, et il faut encore un camion pour amener le tout jusque chez moi, lance Jean-Pierre Vittoni. Chaque année, j’en ai pour 3500 francs. Là, quand mes moutons iront paître sur un autre alpage, je ferai déplacer l’ensemble en une fois.» Une différence de coûts qui permettrait de combler le prix plus élevé à l’achat: «Nous n’avons pas fixé le prix final, mais l’objectif est d’être sous les 10'000 francs, tout équipé, selon Joël Morerod. Un abri de ce type a une durée de vie d’environ quarante ans.» Une journée de tests dans les airs est prévue prochainement, «les contacts sont pris avec Heliswiss», précise Joël Morerod.

Des portes ouvertes auront lieu en outre à la mi-juin à la charpenterie. Le Forum Eco Village, qui se déroule fin août aux Diablerets, leur a déjà proposé un espace. «Pour nous, il s’agit d’une rampe d’essai, reprend Joël Morerod. A l’avenir, nous comptons sur Jean-Pierre pour activer son réseau de bergers dans la région, mais aussi aux Grisons et en France voisine.» (24 heures)

Créé: 17.05.2016, 10h01

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