Le sentier lacustre de La Tour-de-Peilz fait des vagues

ProjetLes piétons devront attendre au moins 2022 pour marcher au bord du lac. Le Conseil s’impatiente.

Le projet prévoit un sentier de 2 km entre la plage de la Maladaire et le Bain des Dames.

Le projet prévoit un sentier de 2 km entre la plage de la Maladaire et le Bain des Dames. Image: Chantal Dervey

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Le projet de sentier lacustre chemine à très petits pas à La Tour-de-Peilz, et ce n’est pas du goût de tout le monde. Sous l’impulsion des socialistes, les dents ont enco­re grincé, mercredi soir, au sein du Conseil communal.

«Pourquoi, malgré plusieurs lois fédérales, cantonales, une votation populaire et un règlement communal, le dossier génère-t-il autant de lenteur et d’immobilisme de la part de la Municipalité?» s’interroge Gilbert Vernez, conseiller et ardent défenseur du projet. En novembre 2010, 55% des Boélands avaient en effet voté une initiative populaire en faveur de ce sentier de 2 kilomètres situé entre la plage de la Maladaire et le Bain des Dames. Et, le printemps dernier, c’est le Canton qui avait demandé à la Municipalité d’agir au plus vite pour respecter ce scrutin.

«Quand j’ai pris connaissance du calendrier de la réalisation du projet, je suis tombé des nues dans les plus grandes profondeurs du lac, tonne Jacques Vallotton, conseiller socialiste. Le planning de la mise à l’enquête se prolonge jusqu’en 2022.»

Quid des riverains?

Dans ce dossier sensible, la Municipalité est régulièrement accusée d’immobilisme. «Vraisemblablement, il faudra donc attendre au mieux une quinzaine d’années pour cheminer au bord du lac, lance Jacques Vallotton. Plusieurs membres de ce Conseil, dont ma modeste personne, risquent de ne plus être, hélas, de ce monde pour en profiter.»

Pour appuyer sa démonstration, le conseiller communal cite deux initiatives fédérales dont la Lex Weber, pour laquelle «le peuple a voté en mars 2013 et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2016». «Et ici, dans notre bonne ville de La Tour-de-Peilz, il faudrait une quinzaine d’années pour un misérable chemin, poursuit l’élu. A ce que je sache, la Municipalité n’a pas besoin de négocier à Bruxelles pour réaliser le projet.»

Avec Bruxelles non, avec les riverains un peu plus. Sur ce point, le planning d’expropriation envisagé par la Municipalité irrite aussi Gilbert Vernez: «Il n’existe aucune expropriation à ce jour dans le canton de Vaud. Comment la Municipalité peut-elle affirmer qu’il est difficile d’imposer des travaux à des personnes qui n’en veulent pas alors que, à ma connaissance, il n’y a pas eu de négociations parcelle par parcelle.»

Le syndic, Lyonel Kaufmann, a indiqué qu’il ne souhaitait pas s’exprimer sur le sujet, mais qu’il continuait à le soutenir. «Ça fait pourtant partie de son rôle», lance Nicole Rimella, en charge de l’Urbanisme et des Travaux publics. Pour elle, rien de vraiment nouveau sous le soleil: «C’est surtout le fait de voir le planning sur papier qui a déclenché des réactions. Mais le projet est établi sans états d’âme, simplement en fonction des lois.» Et de rappeler que le Conseil communal a déjà refusé deux crédits d’étude et qu’il convient de «faire les choses calmement».

Sauf que «trop, c’est trop!» pour Jacques Vallotton, qui évoque «un énorme foutage de gueule du bon peuple»! Pour certains, le serpent de mer commence à ressembler à une couleuvre bien difficile à avaler.

(24 heures)

Créé: 20.03.2015, 06h59

Feu vert pour le château

Si la question du sentier lacustre a réchauffé les débats, deux autres dossiers majeurs étaient à l’ordre du jour du Conseil communal. Le rapport sur la construction d’un pavillon scolaire provisoire a été approuvé à une large majorité, même si le socialiste Jean-Yves Schmidhauser regrettait que,au «nom de l’urgence, on justifie n’importe quoi», faisant référence au coût des locaux. Ceux-ci doivent permettre de pallier le manque de place dans l’attente de la réalisation du nouveau collège Courbet.

D’autre part, l’organisation d’un concours pour la rénovation du château
a également été validée. Deux amendements avaient été déposés par les PDC et les Indépendants, qui proposaient de diminuer de 100 000 francs le crédit du projet et estimaient également le principe du concours trop coûteux.

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