La Tour-de-Peilz pose la question des limites de l’intercommunalité

Accueil de jourEn fort développement, les réseaux d’accueil de la petite enfance pèsent sur les budgets. Et si le système actuel avait fait son temps?

Photo d'illustration Image: FLORIAN CELLA

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Deux salves ont secoué les collaborations intercommunales lors du débat sur le budget 2017 à La Tour-de-Peilz, en décembre. La première à l’encontre du Fonds culturel Riviera; la seconde, bien plus conséquente, à l’encontre du REVE, le réseau d’accueil de jour de Vevey, de La Tour-de-Peilz, de Corsier, de Corseaux, de Jongny, de Chardonne et de la société Nestlé, soit 16 structures au total. Dans les deux cas, la facture et le manque de droit de regard du Conseil communal sont pointés du doigt.

Dans le cas de l’accueil de jour, la hausse est très sensible ces dernières années: +68% depuis 2015, soit l’équivalent de 3 points d’impôts ou 1,5 million de francs. Le réseau s’étend de manière importante, mais les coûts suivent, mettant la Commune en souffrance, surtout après le refus en votation populaire d’une hausse d’impôts de 6 points fin novembre. Le Législatif déplore aussi l’absence de droit de regard (ndlr: un membre de la Municipalité représente la Commune dans les comités).

Dans le cas du Fonds culturel, certains élus ont brandi le spectre d’une dénonciation de la convention. Pour l’accueil de jour, l’assemblée a diminué de 600 000 francs sa part au réseau (de 3,9 à 3,3 millions). En conséquence, la Municipalité s’est dite contrainte d’envisager l’option de privilégier des enfants d’autres communes.

Hausse générale

La hausse des coûts en matière d’accueil est générale. Même de grandes communes comme Montreux, à l’heure de plancher sur leur budget 2017, ont admis sentir le poids de la facture. Plus à l’ouest, Prilly vient de baisser aussi sa contribution à son réseau (notre édition d’hier). D’autres, aux moyens plus modestes, sont carrément sous pression, notamment dans le Chablais (lire ci-dessous).

Dans le cas de La Tour-de-Peilz, Lionel Girardin, président du REVE, se veut très clair: «Selon la convention du réseau, la Commune n’a ni le droit de donner la priorité à certains enfants ni celui de diminuer sa contribution. Sa facture reste de 3,9 millions pour 2017. Si elle veut économiser, elle devra le faire sur une partie indépendante du réseau.»

Le municipal Olivier Wälchli confirme: «Nous avons une marge sur le parascolaire. Nous nous laissons jusqu’à fin janvier pour y penser. Mais si les 3,3 millions inscrits ne suffisent pas, nous demanderons une rallonge au Conseil communal.»

«Une réflexion est en cours depuis septembre pour formuler une proposition d’ici à mai»

Lionel Girardin l’admet toutefois: le système actuel montre ses limites. «Une réflexion est en cours depuis septembre pour formuler une proposition d’ici à mai.» Trois axes sont sous la loupe: améliorer la gouvernance; esquisser un plan de développement sur cinq ans, notamment en vue de l’entrée en vigueur de la journée continue et son impact sur le budget; revoir la grille tarifaire. «Sur cette base, chaque Commune décidera si elle veut adhérer ou non.»

Pour La Tour-de-Peilz, faire cavalier seul est-il une option? «Pour l’heure, la Municipalité ne l’envisage pas, reprend Olivier Wälchli. Nous privilégions une redéfinition de la gouvernance. Le modèle d’une association intercommunale pourrait impliquer des délégués issus de Conseils communaux. Mais de toute façon, ça ne réglerait pas le problème de la hausse des coûts .» (24 heures)

Créé: 11.01.2017, 19h51

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«Entre 2009 et 2017, notre participation a passé de 40 000 à 370 000 fr., soit neuf fois plus, et l’équivalent de 11 points d’impôts consacrés à l’accueil de jour. Nous avons atteint les limites du système!» Christoph Lanz, syndic de Roche, tire la sonnette d’alarme. Avec une population qui a plus que doublé depuis 2007 (1500), composée de nombreuses familles, le coup est dur pour la Commune chablaisienne. D’où sa lettre au Réseau Enfants Chablais pour l’appeler à réviser la clé de répartition des frais et inviter les autres communes du même réseau à faire de même. Eric Fatio, responsable du réseau, confirme «une fronde»: «En termes d’équité, le système actuel a en effet montré ses limites. Une réflexion est en cours pour revoir la répartition des charges par Commune dans le district.»

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