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Stations vaudoises: le «tout ski» n’est plus de mise
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La Cour des comptes a effectué un audit de performance sur l’enneigement artificiel dans le canton de Vaud. Selon elle, le «tout ski» n’est plus de mise et la diversification un impératif. Elle recommande à l’Etat de ne cofinancer que les projets démontrant leur viabilité à long terme.
Dans le canton de Vaud, l’enneigement artificiel a connu un déploiement important entre 2005 et 2010. Les pouvoirs publics l’ont cofinancé à 80%, dont 50% (dix millions) à la charge du canton, a indiqué mercredi devant la presse la magistrate Anne Weill-Lévy.
Un moratoire sur le financement des remontées mécaniques et des canons à neige par le canton a été mis en place depuis 2010. Il ne sera levé que lorsqu’une solution globale aux problèmes que connaissent les stations aura été agréée par le canton, au travers de la stratégie «Vision Alpes vaudoises 2020» attendue pour cet automne.
Bilan correct
Dans ce contexte, le rapport de la Cour a examiné si le recours à l’enneigement artificiel en cours depuis 2005 avait atteint ses buts. Mais elle a aussi cherché à dégager des pistes de réflexion sur le devenir des Alpes vaudoises à l’horizon 2035. «Les enjeux socio-économiques portent sur des projets à 250 millions», a souligné Mme Weill-Lévy.
En ce qui concerne le bilan, l’enneigement artificiel a fait ses preuves du point de vue économique pour attirer les tours opérateurs et la clientèle étrangère. Il a permis de limiter au mieux les baisses du chiffre d’affaires des sociétés de remontées mécaniques, dans des stations qui ont pris du retard notamment en matière d’hébergement.
Les critères environnementaux ont en général été appliqués. Les directives mises en place en l’an 2000 par le conseiller d’Etat Philippe Biéler sont toujours d’actualité.
Réchauffement climatique
Le chiffre d’affaires généré par les canons à neige oscille entre 10% et 30% selon les années. Cela étant, la Cour constate que la clientèle régionale génère encore au moins 60% de ce chiffre.
Les coûts de production de neige artificielle sont inférieurs pour l’heure à la part de chiffres d’affaires qu’ils génèrent. Ils sont néanmoins élevés et augmenteront encore suite au réchauffement climatique. Cette hausse risque de se reporter sur le prix des forfaits.
Pas un exemple à suivre
Avec une proportion de 30% des pistes enneigées artificiellement, le canton approche la moyenne suisse, ce qui reste largement inférieur à la concurrence internationale. En Autriche, les pistes sont recouvertes à 80% d’or blanc artificiel, a-t-elle souligné.
Or une extension supplémentaire des canons semble problématique, compte tenu des critères cantonaux et des oppositions des défenseurs de la nature. Cela ne correspond pas à un développement «durable» sur les plans économique et environnemental, a relevé la magistrate.
La Cour cite l’exemple de l’hiver peu enneigé de 2010-2011. La consommation d’eau non potable par les canons s’est montée à 15% de la consommation annuelle d’eau potable par la population locale.
Compte tenu du réchauffement climatique, le canton devrait accorder son soutien financier en priorité aux projets servant la diversification touristique. La Cour préconise aussi une rationalisation et une restructuration des remontées.
Combat d’arrière-garde
La monoculture du ski qui prévaut en Suisse depuis les années 1940 est un combat d’arrière-garde, a souligné la magistrate. Il faut être réaliste: le ski est en perte de vitesse, il y a de moins en moins de camps de ski et les coûts restent importants. Les stations doivent miser sur des alternatives étalées sur quatre saisons allant de la simple beauté des paysages, à la grimpe, en passant par la randonnée, les raquettes, etc. Le canton doit soutenir les efforts des acteurs locaux dans cette phase de transition, a-t-elle conclu. (ATS24 heures)
Créé: 21.11.2012, 16h19
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