Les taxis «du dimanche» d’UberPop, c’est terminé

TransportsCoup de sac dans le monde des taxis avec un projet de loi cantonale qui déclare UberPop hors-la-loi mais qui légalise UberX.

Des taxis roulant dans les rues de Lausanne pour protester contre Uber, en mai 2016. L’action avait contribué à faire entendre la grogne des chauffeurs.

Des taxis roulant dans les rues de Lausanne pour protester contre Uber, en mai 2016. L’action avait contribué à faire entendre la grogne des chauffeurs. Image: Keystone

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«Entendons-nous bien. La maman qui conduit les enfants du quartier à leur entraînement de foot le mercredi après-midi ne sera pas obligée de passer un permis de chauffeuse professionnelle! Pour elle, rien ne change.» Pour tous les autres chauffeurs, par contre, le conseiller d’Etat Philippe Leuba a présenté ce mercredi un vrai coup de sac dans le monde des taxis vaudois, un chamboulement condensé dans un avant-projet de modification de la loi sur l’exercice des activités économiques (LEAE). En plus direct: il s’agit d’un projet de loi sur Uber, la société californienne qui bouscule les habitudes des Vaudois depuis janvier 2015. A l’avenir, tous les chauffeurs seront logés à la même enseigne, pour autant qu’ils bénéficient d’un permis professionnel. Le service UberPop, qui tournait essentiellement avec des conducteurs amateurs, sera donc interdit.

Pour Uber, la reconversion de ses chauffeurs «du dimanche» Pop en chauffeurs UberX, avec un permis professionnel, se concrétise. La société américaine avait d’ailleurs déjà amorcé ce changement en proposant notamment à tous ses conducteurs d’un jour de passer le permis professionnel et, surtout, de le leur financer. Si les modifications de la loi telles que dévoilées par Philippe Leuba passent indemnes la rampe de la consultation, puis celle du parlement, UberPop ne pourra plus exercer. En cas d’entorse au nouveau règlement, l’amende passera d’un millier de francs à des sommes allant jusqu’à 20 000 francs, voire 50 000 francs en cas de récidive dans les deux ans.

Mêmes amendes salées pour les chauffeurs UberX en cas de non-paiement des cotisations sociales. Et c’est la société Uber qui devra s’assurer de la bonne tenue de ses chauffeurs, à défaut de quoi, elle pourra être poursuivie et passer à la caisse pour ces mêmes montants. Pour ce faire, Uber aura l’obligation d’installer un siège en Suisse, ce qui n’est pas le cas actuellement.

A l’avenir, le petit monde vaudois des chauffeurs de taxi sera divisé en deux catégories: les taxis A actuels, qui bénéficient d’un usage accru du domaine public, et tous les autres, y compris les UberX. La catégorie des taxis B disparaît. Autre changement de taille: l’autorisation d’exercer, dont la délivrance restera de la compétence communale, sera valable sur l’entier du canton de Vaud. Les communes pourront toujours prévoir des conditions particulières, comme par exemple décider qui a le droit d’utiliser les couloirs de bus. Aujourd’hui à Lausanne, les taxis A et les taxis B bénéficient de ce droit, mais pas les Uber. Qu’en sera-t-il demain alors que les B et les Uber seront dans le même panier? Les négociations s’annoncent rudes.

Voir plus loin qu’UberPop

Certes simplifiée, la profession de chauffeur de taxi ne s’en montrera pas moins complexe dans la pratique. Pour l’exemple, un chauffeur ayant reçu une autorisation de la Commune de Morges pourra librement emmener un client dans tout le canton. Par contre, pour utiliser les couloirs de bus ou stationner sur les places «taxis» à Aigle, à Nyon ou à Lausanne, il devra avoir l’autorisation préalable de ces communes. Et s’il souhaite revenir à Morges avec un client pris en charge à Lausanne, c’est sa centrale de Morges qui devra lui en avoir fait la commande. Pas simple. Il y aura des contrôles de police. Pour aider, le Canton promet un registre informatique. Côté clients, il faudra s’attendre à un rééquilibrage du prix des courses, mais sûrement pas vers le bas. «Il faut savoir ce qu’on veut! Du travail au noir? Du dumping? Non. Ce que nous voulons instaurer, c’est une concurrence loyale et saine. Pour ce qui est des prix, nous verrons bien», martèle Philippe Leuba.

La société Uber a réagi à l’annonce des autorités cantonales, et de la fin annoncée de son service Pop, par le biais d’Alexandre Molla, directeur général pour la Suisse romande. «UberPop n’est pas une fin en soi. L’enjeu, c’est le futur de la mobilité. En effet, il s’agit de s’assurer que cette loi bénéficie au consommateur et participe à l’attractivité du canton mais n’ajoute pas de barrières d’entrée inutiles, notamment pour ceux qui souhaitent devenir chauffeurs.» (24 heures)

Créé: 19.05.2017, 19h09

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