«Toto» Morand, le poil à gratter d’une campagne électorale ronronnante

Le patron de magasins de chaussures se présente pour la seconde fois au Conseil d’Etat. L’indépendant milite pour une croissance «naturelle» du canton.

Image: Jean-Bernard Sieber/ARC

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Dans un paysage politique plutôt consensuel, la candidature de Guillaume Morand détonne. L’entrepreneur de 54 ans se représente au Conseil d’Etat sous la bannière Parti de Rien. Dont il est l’unique candidat.

Bien connu à Lausanne, notamment dans les milieux culturels, «Toto» Morand s’est déjà immiscé dans le débat public par le passé. Il s’était signalé à l’époque de la votation sur les minarets. Il en avait construit un sur le toit de son entrepôt à Bussigny. Le patron de magasins de chaussures ferraille aussi contre la destruction de la forêt du Flon qui doit faire place à un viaduc routier.

En 2012, pour sa première tentative au Conseil d’Etat, il avait récolté 5,74% des suffrages. Ce qui lui aurait permis de se maintenir au second tour. Mais les pontes socialistes avaient su trouver les mots pour qu’il se désiste. «On verra le score que je fais cette fois, mais je pense me maintenir», prévient-il. Histoire d’utiliser les trois semaines de l’entre-deux-tours pour développer les sujets qui lui sont chers. «Je ne me suis pas lancé dans cette élection pour dire qu’il faut plus de crèches. Ça, tout le monde est d’accord, note-t-il. Dans cette campagne, personne ne parle de thèmes qui sont cruciaux, à mon avis.»

La croissance que vit le canton interroge cet entrepreneur, diplômé de HEC. «Nous sommes en surchauffe, les infrastructures sont saturées. De plus en plus de Vaudois en ont marre de cette croissance énorme, pense-t-il. Certaines catégories de la population n’en profitent pas. Elles voient leur loyer augmenter et donc leur pouvoir d’achat baisser. Si nous ne les écoutons pas, on va voir arriver des formations extrémistes.» Mais le Lausannois se défend d’être un partisan de la décroissance: «Je suis pour une croissance naturelle du canton, pas pour cette croissance gonflée artificiellement avec une fiscalité agressive.» Dans le viseur de Guillaume Morand, la troisième réforme de l’imposition des entreprises. Il milite pour fixer un taux plancher sur la fiscalité des sociétés. «Et arrêter de signer des chèques en blanc aux multinationales», tranche-t-il. Une piste pour juguler cette croissance, selon lui.

Le Lausannois est aussi préoccupé par l’avenir de l’agriculture. Après avoir lancé une pétition sur le prix du lait, il est pour le développement de la vente directe et la conversion du secteur au bio. Enfin, il souligne les difficultés que connaissent les petits commerces. L’entrepreneur estime que les autorités devraient mener une politique active dans le domaine de l’immobilier pour favoriser ces commerces via des loyers abordables.

Si jamais il est élu, «Toto» Morand ne pense pas faire plus d’une législature. D’ailleurs, il est pour limiter les mandats à maximum deux.

(24 heures)

Créé: 20.04.2017, 20h53

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