Votation cantonale: c'est "oui" à la loi scolaire d'Anne-Catherine Lyon

ScrutinLe contre-projet LEO (Loi sur l’école obligatoire) fait 10 points de mieux que l’initiative "Ecole 2010". Dès la rentrée 2013, les élèves travailleront dans une école partiellement renouvelée. Publié le 4 septembre 2011.

Anne-Catherine Lyon, dimanche après-midi à Lausanne.

Patrick Martin

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C’est le soulagement absolu dans le camp des partisans de la Loi sur l’école obligatoire (LEO), contre-projet à l’initiative «Ecole 2010-Sauver l’école». Avec un poil plus de 52% des suffrages, la loi concoctée par le Conseil d’Etat et le Grand Conseil obtient la préférence du peuple vaudois. Le taux de participation est honorable avec 40%.

Il y a deux semaines encore, un sondage de 24?heures et de La Télé donnait pourtant l’initiative gagnante à 56%. Le texte des initiants proposait notamment le maintien des trois filières dans les degrés du secondaire et la mise en place de classes spéciales pour quelque 1000 élèves turbulents.

Les Vaudois arrosés d'informations
Ces solutions séduisantes au premier abord, n’ont pas convaincu les Vaudois qui se sont fait arroser d’informations durant ces deux dernières semaines, autant par les pro-LEO que par les pro-Ecole 2010. Au final, la loi concoctée par les autorités, et soutenue par la majorité des partis politiques, remporte la victoire.

Les principaux changements qui attendent désormais les élèves à partir de la rentrée 2014 sont l’introduction de l’anglais et de l’allemand, plus tôt et pour tous les élèves. Dès la rentrée 2013, la grande nouveauté de la LEO entrera en vigueur, à savoir la disparition d’une filière du secondaire (degré 7?à 9), la VSO (Voie secondaire à options). Cette filière, qui rassemble actuellement les élèves les moins scolaires, sera fusionnée avec la Voie secondaire générale (VSG), tandis que l’enseignement y sera organisé par niveaux en français, maths et allemand.

L’issue de cette votation met un terme à la guerre scolaire qui a fait rage durant les deux courtes semaines de la campagne. Mais la paix de l’école, tant désirée par la ministre de Anne-Catherine Lyon, pourrait être de courte durée, l’UDC ayant déjà promis de relancer le débat avec une nouvelle initiative.

L'arrivée d'Anne-Catherine Lyon au stamm des pro-LEO:


Réactions

Anne-Catherine Lyon, à ses collaborateurs du département: "Le canton de Vaud ne revient jamais en arrière. Les initiants voulaient inverser le cours de la rivière. Elle coule toujours dans le même sens. J'avais vraiment la crainte que l'initiative passe, cela aurait dénoté un changement dans les mentalités vaudoises." (Jo. F.)

Julien Eggenberger, président du syndicat SSP-Enseignement: "Nous sommes extrêmement satisfaits! Maintenant l'enjeu réside dans l'application de la loi. Nous serons très attentifs à ne pas faire dans la précipitation. Nous voulons que les choses soient claires dans le règlement d'application." (L. Pi.)

Sylvie Pittet-Blanchette, secrétaire de l'Association vaudoise des parents d'élèves: "Nous sommes contents de voir que l'école sera plus exigeante et plus stimulante. Nous appelons maintenant au rassemblement de tous les parlementaires de l'école, parents, enseignants et initiants. Il faudra continuer de se parler, notamment dans le cadre du règlement d'application."

Catherine Labouchère, présidente des Libéraux vaudois, favorable au double-oui: "Il y a une volonté de changement marquée et il me plaît que les citoyens aient fait confiance au compromis, qui est tout sauf laxiste. On voit ici une confiance dans les mots d'ordre des partis. C'est rassurant." (L. Pi.)

Cesla Amarelle, président du PS vaudois: "La victoire est claire. Ce n'est pas un truc "à l'arrache". Si l'UDC lance son initiative maintenant, ce sera mettre l'école à feu et à sang. Ce serait irresponsable. Je suis heureuse aussi pour le PS. Anne-Catherine Lyon conforte sa place politique, sa légitimité." (Jo. F.)

Marc-Olivier Buffat, député radical et cheville ouvrière de la LEO: "C'est la consécration méritée d'un intense travail des députés. Les slogans racoleurs n'ont pas convaincu. Cela dit, la voix des initiants doit être entendue, notamment sur la volonté de disposer d'une école structurée. Les libéraux-radicaux resteront extrêmement vigilants quant à la mise en application." (L. Pi.)

Jean-François Huguelet, porte-parole des initiants ("Ecole 2010"): "Je suis autant déçu du refus de l'initiative que de l'acceptation de la LEO. La parole désormais est aux politiques. Ce sont eux qui vont devoir mettre cette réforme en œuvre." (L. Bs/R. E.)

Béatrice Métraux, cheffe du groupe Vert au Grand Conseil: "Nous avons gagné, mais ces résultats nous empêchent tout triomphalisme et nous permettra de rester attentif quant à la mise en application du texte. En tant que politiques, nous avons désormais une grosse responsabilité sur le suivi de la LEO." (L. Pi.)

Créé: 22.12.2011, 14h50

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