A Aigle, les œufs des 3 Epis sont Verts

TerroirsLes Loewensberg ont créé une filière de production 100% écologique. Leurs poules les en remercient

Marc Loewensberg au milieu de ses poules de race Lohmann brun, qu’il élève exlusivement. Elles donnent des œufs bruns.

Marc Loewensberg au milieu de ses poules de race Lohmann brun, qu’il élève exlusivement. Elles donnent des œufs bruns. Image: Christian Brun

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«Quand on voit chez nous des conducteurs de gros 4X4 qui se désespèrent du réchauffement climatique, on se dit qu’ils pourraient déjà agir à leur échelle. Nous, on l’a fait à la nôtre.» Marc Loewensberg peut être fier de la filière qu’il a installée avec son père Felix dans leur Ferme des 3 Epis, à Aigle. La traque au CO2 s’est nichée dans les moindres détails, au point que les œufs qui en sortent portent un label Eco-œuf déposé pour l’occasion.

C’est le père, Felix, qui a développé son idée éthique, dès qu’il a repris la ferme que son père à lui, venu de Zurich, lui a remise il y a une bonne trentaine d’années. «C’est d’abord une conviction que nous partageons, affirme Marc. Et cela nous permet aussi de vendre notre production à un prix plus honnête. Mais nous ne le faisons pas pour l’argent.» Parce que les Loewensberg ont investi beaucoup dans leur outil de travail. Par exemple, toute l’électricité du domaine est fournie par les 1300 m2 de panneaux solaires posés en 2008 sur les toits des poulaillers, pour 1,2 million de francs. «Ils produisent environ 180 MWh par année, soit plus que ce dont nous avons besoin. Heureusement, comme nous étions pionniers, nous avons pu signer un contrat de rachat de notre électricité à bon prix avec Swissgrid pour vingt ans. Ce serait plus difficile aujourd’hui.»

L’électricité domestique éclaire, réfrigère, nourrit les automates ou les tapis roulants. Elle fait également tourner les pompes à chaleur géothermique et air-eau qui chauffent les installations et les habitations des 3 Epis. Un chauffage à bûches assure aussi le confort des jeunes poussins: «Nous habitons une commune qui a beaucoup de bois.» Un important travail pour améliorer l’isolation et la ventilation des différents locaux a également permis des économies d’énergie. Quant à la nouvelle maison des Loewensberg, elle est Minergie, évidemment.

Alimentation responsable

Mais cela ne s’arrête pas là. Pour nourrir les poules, on n’utilise ici que des céréales produites localement sur les 3,5 hectares de la ferme, auxquelles s’ajoute la production de voisins paysans. «Comme ça, la nourriture fait le moins de chemin possible.» Maïs, blé et luzerne sont cultivés sans produits chimiques, puis stockés dans des silos sur place. Marc, mécanicien sur machines de formation, a également aidé à monter la chaîne de production qui fournit chaque jour aux volailles de la nourriture fraîche. «Nous avons notre propre moulin et nous fabriquons tous les jours ou presque. C’est bien la fraîcheur de l’aliment qui préserve ses valeurs nutritives pour nos poules et qui améliore le goût des œufs.»

Les poules apprécient-elles les choses? Elles sont 17 000 à vivre ici. Un tiers sont des poules d’élevage, arrivées ici lorsqu’elles ont 1 jour, et grandissent tranquillement cinq mois dans un immense poulailler. La journée, elles ont accès à une véranda ouverte et, lorsqu’il fait beau et chaud, peuvent se détendre les pattes dans le jardin herbeux attenant. «On les enferme la nuit à cause des renards. Et quand elles sont encore trop petites, on ne les laisse pas aller au jardin d’où les rapaces pourraient les emmener.»

Ponte surveillée

Les 11 000 autres sont les poules pondeuses qui les ont précédées. Elles sont également enfermées jusque vers 10 h 30, puisqu’elles pondent (8000 à 9000 œufs par jour) dès qu’elles se réveillent et qu’on veut éviter qu’elles le fassent n’importe où. Pendant leur année de travail, elles ont le même type d’espace, agrémenté de nids, où les œufs tombent sur un plan incliné, puis un tapis roulant qui les amène en salle d’expédition. «Conditionner notre production nous permet de diminuer les trajets. Et cela nous montre pourquoi nous travaillons.» Chacune des volailles mange 115 g de nourriture par jour et fait ses besoins sur une grille. Leur fumier, naturellement, retourne dans les champs où poussent les céréales. «On doit bien doser, c’est un excellent engrais mais il est fort», sourit Marc Loewensberg. Tout le domaine est en PER (prestations écologiques requises).

Pour boucler la boucle, les 3 Epis livrent leur production eux-mêmes, allant jusqu’à Lausanne ou Sion avec six camionnettes électriques, rechargées par le courant des panneaux solaires. Et le bio? «On y songe, assure Marc. Ce serait la suite logique. Nous étudions les contraintes que cela nous imposerait, et elles ont un coût. Et cela ne changerait pas le goût de nos œufs.»

(24 heures)

Créé: 14.04.2017, 18h00

Infobox

Ferme des 3 Epis,
ch. du Châtelard 33,
Aigle.

024 468 02 20

www.f3e.ch

En vente dans des épiceries et chez Manor de Lausanne à Sion.


On mire les oeufs pour déceler les microfêlures.

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