Des glaces vaudoises aux fruits et au culot

TerroirsLe duo de Paleta Loca a transformé son coup de foudre pour des glaces à l'eau mexicaines en petite entreprise à Savigny.

Arnaud Golay et Benoît Bryand ont commencé leur aventure glacée un peu folle dans la chambre de l’école hôtelière du premier. Il existe aujourd’hui 12 parfums de glaces différents.

Arnaud Golay et Benoît Bryand ont commencé leur aventure glacée un peu folle dans la chambre de l’école hôtelière du premier. Il existe aujourd’hui 12 parfums de glaces différents. Image: Jean-Paul Guinnard

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Les glaces à l’eau de Paleta Loca (traduire bâtonnet glacé fou) mettent tout le monde d’accord: les intolérants au lactose, au gluten, les locavores, les petits, les grands, les obsédés des «cinq fruits et légumes par jour», les branchés ou les fêtards.

Difficile de dire ce qui séduit le plus: les 12 saveurs vraiment délicieuses sans être trop sucrées (du citron vert à la noix de coco en passant par les alcoolisées sangria ou mojito) ou le culot décontracté de deux copains de football de La Côte qui, après avoir flashé sur ces glaces au Mexique, commencent à en fabriquer dans une chambre de l’Ecole hôtelière de Lausanne.

«Même si on nous a appris lors de nos études comment faire un business plan, on continue malgré tout à fonctionner à l’arrache, vu que ça nous a plutôt bien réussi jusqu’à maintenant, sourit Arnaud Golay, 23 ans, son diplôme de l’EHL en poche depuis l’été dernier. En fait, un plan détaillé est surtout utile quand on cherche des investissements importants. Et nous, jusqu’à maintenant, on s’est tout payé nous-mêmes…»

Pélerinage mexicain

Tout, c’est-à-dire un voyage à Guadalajara en janvier 2016 pour apprendre les secrets de fabrication des paletas, ces glaces à l’eau particulièrement rafraîchissantes et naturelles qui font fureur au Mexique. «Grâce à deux paleteros, Don José puis, surtout, Don Efren, avec qui nous avons fini par passer plusieurs jours à fabriquer des glaces et à boire de la tequila en famille, nous sommes rentrés avec du savoir-faire, des recettes et une bonne dose de confiance», explique Benoît Bryand, 25 ans, lui en pleine période d’examens.

Les deux compères ont ensuite importé une machine à glaces (une sorte de cuve remplie d’eau et de glycol dans laquelle on plonge les moules remplis de liquide pour en congeler le contenu) du Mexique et l’ont installée dans la chambre d’Arnaud. Rapidement, leurs amis, collègues et les membres de leurs familles sont devenus accros à ces sucettes glacées si désaltérantes. Les potes – entre deux matches de leur équipe de football de l’US Terre-Sainte qui évolue en 2e ligue interrégionale – se rendent rapidement compte du besoin urgent d’un local de production.

Fonctionner au feeling

«Nous avons trouvé ce box à Savigny près de la Brasserie du Docteur Gab’s, reprend Benoît Bryand en glissant à la main les bâtonnets glacés dans leurs tout nouveaux emballages. Nous y sommes arrivés en avril et, grâce à l’aide de pas mal de copains, il ressemble aujourd’hui à un atelier, avec des parois, de l’eau, des congélateurs… tout quoi!» Ce sont aussi des copains de l’entreprise Cakktus (Mexique quand tu nous tiens) de Coppet qui réalisent le logo de la marque.

«On fait plein de choses au feeling, mais on a quand même créé notre société et protégé notre concept», rassure Arnaud Golay, qui s’est chargé du site Internet et qui travaille désormais à plein-temps (mais sans salaire régulier) pour faire passer Paleta Loca à l’échelon supérieur. Il avoue avoir emprunté pour la première fois quelques milliers de francs à sa maman, mais compte désormais sur le buzz digital et le bouche à l’oreille à l’ancienne pour des contributions au crowdfunding que le duo a récemment lancé.

«Pour le moment, nous pouvons fournir des particuliers et avons des partenaires motivés, notamment sur Lausanne, mais ils ne savent souvent pas où stocker nos glaces, reprend Benoît Bryand. Nous avons donc commandé des petits congélateurs qui porteront nos couleurs. Sinon nous sommes présents sur plein d’événements, comme ce samedi à la Fête de la musique à Nyon.»

Dans leurs congélateurs, des fruits locaux venant de Founex (fraises, abricots, pommes) dans la mesure du possible, mais aussi des saveurs plus exotiques. «Nous sommes très flexibles et on adore relever le challenge de nouveaux parfums, par exemple pour un événement privé, avoue le grand Arnaud les yeux brillants. Les possibilités sont presque illimitées, y compris avec des légumes, des épices… C’est juste plus délicat avec l’alcool, car il faut trouver le bon dosage (env. 3,5%) pour ne pas qu’elles fondent trop vite. Mais vous pensez bien qu’avec nos voisins du Docteur Gab’s on a déjà imaginé en produire à la bière…» Des voisins dont la success story risque bien de se reproduire sous forme de sucettes gelées multicolores. Comme quoi, parfois, les délires d’étudiants peuvent parfois se transformer en carrière. (24 heures)

Créé: 17.06.2017, 14h00

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