Le 8 novembre 1965: les futures infirmières ont leur gratte-ciel

Dans la «Feuille d'Avis de Lausanne»Avec ses douze étages, la tour de Chantepierre est une révolution dans le paysage lausannois.

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«Avec la construction de la nouvelle Ecole d'infirmières, d'infirmiers et de sages-femmes de l'Hôpital cantonal, le canton de Vaud démontre clairement sa ferme volonté de tout entreprendre pour lutter contre la pénurie du personnel infirmier et assurer à nos établissements hospitaliers un personnel hautement qualifié», assure la Feuille d'Avis de Lausanne dans son édition du lundi 8 novembre 1965.

Une école, oui, mais pas n'importe laquelle: «Une tour de douze étages flanquée de deux bâtiments, pouvant recevoir 250 élèves, telles sont les constructions inaugurées samedi matin. Cette remarquable réalisation, qui marque la première étape de l'édification de la future cité hospitalière, ne manquera sans doute pas de susciter de nouvelles vocations», prophétise Louis Polla dans le quotidien.

Une révolution urbanistique

Ce qui est sûr, c'est que ce bâtiment est une véritable révolution dans le paysage urbain lausannois des années 60: c’est l’une des premières tours de la ville. Oeuvre de l’architecte William F. Vetter, élève d’Auguste Perret - considéré comme le «père du béton armé» - elle témoigne de l’engouement pour le préfabriqué qui prend son envol à cette époque. Le dernier étage abrite un salon commun ainsi que trois salles de musique, afin que les mélomanes puissent pratiquer leur instrument sans déranger leurs camarades. Un salon de coiffure, une salle de gymnastique, des laboratoires, des cuisines à chaque étage ainsi que d’autres commodités figurent dans l’enceinte du bâtiment.

Le 6 novembre 1965, jour de l'inauguration, M. Gafner, directeur de l'Hôpital cantonal, relève, toujours selon la Feuille, qu'il «ne suffit pas de discuter le problème de la pénurie du personnel et de déplorer que les salles de malades menacent de se fermer par manque d'infirmières. Il faut résolument passer à l'action par la création de nouvelles écoles». Construits par les Retraites populaires, qui ont signé une convention avec l'Etat, les bâtiments «ont coûté une quinzaine de millions pour une école qui rendra service à toute la collectivité vaudoise».

Des installation modernes

M. Schumacher, président du gouvernement vaudois, chef du Département de l'intérieur, «se fit un plaisir de remettre les clés des bâtiments à Mlle. F. Wavre, directrice de l'Ecole. Cette dernière releva le privilège de pouvoir travailler dans des installations aussi modernes, poursuit la Julie. Une partie des locaux étant occupée dès le mois de juin, il a déjà été possible de faire des expériences qui se sont révélées très positives.

» Il existe une excellente ambiance dans cette maison qui n'est pas un internat, mais un foyer dans lequel les élèves, tout en devant normalement se soumettre à des règles communes, jouissent d'une grande liberté dans un climat de confiance. C'est dans cet esprit que Mlle Wavre remit à son tour les clés à une élève-infirmière». Soulignons que ce n'est que dans les années 80 que la Tour, entretemps surnommée «le silo à pucelles» par quelques facétieux, ouvrira ses portes aux élèves masculins.

Assermentation à la cathédrale

Dans cette même édition du 8 novembre 1965, la Feuille d'Avis rend compte de la cérémonie accompagnant la remise des diplômes aux nouvelles soignantes, donnée en la cathédrale de Lausanne: «C'est une belle assermentation que celle des infirmières et sages-femmes, qui commencent leur carrière après avoir obtenu leur diplôme à l'Ecole de l'Hôpital cantonal. Année après année, on éprouve la même émotion en voyant cette nouvelle cohorte pénétrer dans la nef, cortège clair suivant le pasteur en robe noire. On sent tout ce qui va dépendre de ces jeunes : tant de gens auront les répercussions de leurs actions. (...) La vocation n'est pas un terme près de disparaître; Dieu continue à nous appeler à suivre une voie. Cette nouvelle volée peut faire siennes les paroles que l'Eternel adressa à Abraham: «Je te bénirai et tu dois être une cause de bénédiction. »

Lieu de vie et d’étude pour des générations d’infirmières, la tour de Chantepierre loge actuellement dans 170 chambres les étudiants de HESAV, la Haute Ecole de Santé Vaud, répartis entre ses quatre filières de formation : soins infirmiers, physiothérapie, sage-femme et technique en radiologie médicale. (24 heures)

Créé: 08.11.2015, 08h53

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