Santé
Manger son placenta après l’accouchement
Par Rebecca Mosimann. Mis à jour le 03.06.2012 7 Commentaires
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Consommer son placenta en capsules ou cru, en smoothie, juste après l’accouchement est la dernière tendance à la mode dans les pays anglo-saxons. Même les stars américaines s’y mettent, à l’instar de January Jones, l’héroïne de la série Mad Men . Elle a récemment confié à la presse en avoir absorbé après la naissance de son fils et avoir retrouvé rapidement une forme olympique.
Pour les adeptes de la «placentophagie», les vertus sont nombreuses: cette pratique renforcerait le système immunitaire de la mère et de son enfant, améliorerait la production du lait et diminuerait la dépression post-partum.
Depuis quelques années, des Américaines et des Anglaises se sont même spécialisées dans la préparation de cet organe composé de glandes. Moyennant 250?dollars, ces femmes le nettoient, le cuisent à la vapeur, le déshydratent puis le réduisent en poudre avant de le rendre à la mère sous forme de capsules. Lynnea Shrief, une Américaine expatriée à Londres, s’est lancée dans l’aventure en 2008. «Je l’ai fait la première fois pour une amie en suivant une recette de médecine traditionnelle chinoise», explique-t-elle.
Depuis, Lynnea Shrief a monté sa petite entreprise, The Independent Placenta Encapsulation Network, et formé une trentaine de «préparatrices de placenta» en Angleterre, en Australie, à Dubaï et à Hongkong. «La demande est en constante augmentation, surtout depuis cette année. J’en ai déjà encapsulé pour environ 500 femmes.»
Elle est tenue d’appliquer de strictes directives d’hygiène alimentaire pour être autorisée à manipuler le placenta, selon la loi anglaise. «Je suis le même protocole de stérilisation des instruments que celui de l’hôpital», ajoute-t-elle.
Cas isolés en Suisse
Si cette pratique fait des émules outre-Atlantique, elle reste marginale en Suisse. Les sages-femmes interrogées n’ont entendu parler que de cas isolés, qu’elles travaillent en maison de naissance, à domicile ou en milieu hospitalier. Sandrine Racine, sage-femme indépendante, n’est pas convaincue: «C’est plus un phénomène de mode. Il n’est ni mesuré ni validé par des recherches scientifiques.»
Par contre, certaines mères demandent un échantillon de placenta pour produire des granules homéopathiques. «Cet organe produit de nombreuses hormones, entre autres celles de croissance, et des anticorps. Sous forme homéopathique, il peut donc être utilisé pour renforcer le système immunitaire de la mère et de l’enfant», précise-t-elle. Une autre pratique consiste à récupérer le placenta afin de l’enterrer et de planter un arbre dessus comme symbole de vie.
Le manger aux petits oignons est-il dangereux? «Non, estime Pierre Kovaliv, gynécologue obstétricien à la Clinique Cecil. A moins qu’il ne soit infecté, ce qui est rare.» Mais il trouve l’idée farfelue. «Le placenta n’a plus d’utilité après l’accouchement. Le milieu scientifique ne s’y intéresse pas. En allaitant, on stimule déjà naturellement le système immunitaire de la mère et du bébé. Mis à part certains mammifères qui ingèrent leur placenta afin de ne pas laisser de traces et de masquer les odeurs, je n’ai pas connaissance de peuplades qui aient pratiqué cela.»
La réglementation sur la gestion de cet organe diffère d’un canton à l’autre. Aux hôpitaux universitaires genevois, on ne peut le récupérer après l’accouchement, tandis que c’est possible au CHUV, sur demande. «Il est congelé et éliminé avec les déchets opératoires. Mais, avant, nous proposons toujours aux parents de le voir », note Christine Jouvenat, infirmière et sage-femme à la maternité du CHUV. Qu’on le mange ou non, cet organe a une portée symbolique, car c’est grâce à lui que le bébé s’épanouit dans le ventre de sa mère.
«Je n’en ai pas consommé beaucoup»
Carine Biner, spécialiste en médecine chinoise à Estavayer-le-Lac, s’est formée dans l’Empire du Milieu et y a séjourné pendant quatre ans. «Le placenta humain est couramment utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise. En Chine, il est vendu dans les pharmacies spécialisées. Il est lavé plusieurs fois, bouilli ou cuit à la vapeur, puis séché. Il se prend en décoction avec d’autres substances médicinales ou en poudre, selon le traitement souhaité. On l’utilise par exemple dans des cas d’affaiblissement après une hémorragie, lors de maladies pulmonaires chroniques, ou pour des problèmes de stérilité ou de bourdonnements d’oreilles. Il nourrit le sang et favorise le processus de lactation chez les mères.»
Après un premier accouchement difficile en 1998, elle demande de récupérer son placenta pour le cuire selon la recette traditionnelle. «C’était un échec. Je n’ai pas réussi à le sécher dans mon four et ça sentait mauvais. Je l’ai finalement enterré.» Pour son deuxième enfant, né en Valais en 2002, elle décide cette fois de le faire préparer en capsules dans une pharmacie spécialisée. «Je n’ai pas eu besoin d’en consommer beaucoup, car mon fils et moi étions en forme. Je l’avais fait en prévision d’un éventuel affaiblissement.» Selon elle, le risque de toxicité est limité si le placenta est propre, préparé soigneusement et bien dosé. «C’est possible de le manger frais, mais je ne pourrais pas, car l’odeur est trop forte. En capsules, par contre, c’est plus facile.» (24 heures)
Créé: 03.06.2012, 23h02
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Les animaux le fond pour reprndre des force juste après la mise bas... Et comme nous le savons, nous sommes des animaux avec le seul point en plus... de maitriser certains reflexes primitifs (et encore, pour certain c'est pas encore ca...) Répondre
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