Mourir en EMS
Les soins palliatifs, l’autre façon de terminer sa vie sans souffrance
Par Francine Brunschwig. Mis à jour le 08.06.2012 5 Commentaires
«Le tact, c’est tellement important. Et ici, l’infirmière référente de mon mari a tout fait avec énormément de tact.» Depuis la mort de son mari, à 91?ans, le 30 avril dernier à l’EMS Château des Novalles, à Blonay, Hélène*, son épouse, revient parfois dans l’établissement. Son mari y a passé les douze derniers mois de sa vie. Au sourire et aux quelques mots qu’elle adresse aux collaborateurs, on sent toute la gratitude qu’elle a pour ce lieu et pour ses soignants.
«Mon mari avait de grandes difficultés respiratoires et devait être sous oxygène vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il avait dû être hospitalisé plusieurs fois. Lorsque je l’entendais gémir par moments, j’étais impuissante, j’avais atteint mes limites.» Alors, en juin 2011, avec les médecins, la décision a été prise de le faire entrer au Château des Novalles.
Hélène n’avait jamais imaginé qu’elle et son mari seraient ainsi un jour séparés. Elle à la maison, lui là-bas. «Cela n’a pas été simple, mais je savais qu’à l’EMS il y avait toujours quelqu’un pour s’occuper de lui, que s’il passait par un mauvais moment ou s’il avait des angoisses, on lui donnerait un calmant, quelque chose pour le détendre.
Mon mari était quelqu’un qui ne s’exprimait pas beaucoup, mais je sais que cet environnement l’a beaucoup rassuré.» Cet environnement – sécurisant aussi pour Hélène – a pour nom soins palliatifs, compétences et accompagnement attentionné. Ils figurent au cœur de la mission des EMS.
On parle de la mort
Durant un an, Hélène, 80?ans, est venue chaque jour auprès de son mari. «L’infirmière me tenait au courant de tout. Si elle remarquait quelque chose d’inquiétant, elle appelait le médecin. Je le sentais bien soigné, bien pris en charge.» Elle avait donné comme instruction de l’appeler à n’importe quel moment du jour ou de la nuit en cas de problème. «Le samedi, il était encore assez bien. Dimanche, il a eu de la fièvre. On m’a téléphoné le lundi vers 16?h?30 en me disant qu’il me demandait. Le médecin lui avait fait des injections pour son confort.» A 19?h?30, entouré de son épouse, de son frère et de sa belle-sœur, il s’est éteint.
La séparation est toute récente, encore si douloureuse. Mais, pour son épouse, «le soutien magnifique» apporté par les soignants et tout le personnel l’aident aujourd’hui dans son deuil. «Nous étions soudés, en accord. Nous avons fait corps autour de mon mari.»
La mort, Hélène l’avait évoquée avec lui. Il lui avait dit être prêt. «Nous en parlons aussi», expliquent Christine Burki et Sarah Perrier, respectivement infirmière-chef et infirmière-chef adjointe au sein de l’EMS. Dans le projet d’accompagnement élaboré avec tout nouveau résident, l’accent est mis sur la vie qu’il souhaite mener au quotidien, ses envies, ses priorités. «Mais la mort s’invite dans nos discussions, notamment lorsque nous abordons les directives anticipées ou les dernières volontés. Chacun réagit différemment», relèvent les infirmières. «Une résidente m’a dit: «Je laisse faire mes enfants.» Une autre m’a montré une robe qu’elle avait déjà préparée «pour le dernier voyage».
Respect du choix
Des résidents fatigués de vivre ou qui expriment le désir de s’en aller, Christine et Sarah en côtoient tous les jours. «Nous les entendons, nous les comprenons. Notre rôle consiste à les accompagner dans ces moments-là aussi. Mais, vous savez, la minute d’après, ils se réjouissent d’une prochaine sortie ou elles réclament un rendez-vous chez le coiffeur.»
Le Château des Novalles ne fait pas partie des EMS opposés à l’assistance au suicide dans ses murs. «Nous respectons le choix de la personne», affirme Pierre-Alain Dupont, son directeur. Jusqu’à présent, personne n’a fait appel à Exit. «Il s’agit certes d’une décision individuelle, mais prise dans un contexte qui ne l’est pas. Cela aurait une incidence sur l’équipe et sur les autres résidents, c’est clair. Un suicide reste un suicide.»
* Nom connu de la rédaction (24 heures)
Créé: 08.06.2012, 22h37
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5 Commentaires
Quelle hypocrisie que votre titre! "Sans souffrances"! Il faut ne jamais avoir accompagné un proche dans ces unités-là pour écrire de telles inepties. Répondre
Magnifique et extraordinaire bon sens de cette établissement qui ne s'est pas opposé à l'assistance au suicide dans ces murs, comme d'autres EMS, qui ont peur de perdre leur fidèle clientèle plus vite que prévu! Au Château des Novalles ont respectent le choix de la personne et celle-ci peut décider d'avoir recours à EXIT, sans être sous pression constante de la Direction de l'établissement. Répondre
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