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France12h de confrontation entre Tariq Ramadan et son accusatrice suisse

La plaignante suisse, surnommée «Brigitte» dans les médias, avait déposé plainte contre Tariq Ramadan, pour viol à Genève le 13 avril 2018.

Tariq Ramadan estime que la plaignante a été «confrontée à ses propres affabulations» lors de la première audition.
Tariq Ramadan estime que la plaignante a été «confrontée à ses propres affabulations» lors de la première audition.
KEYSTONE/EPA/MOHAMMED BADRA

L’islamologue Tariq Ramadan a été confronté une nouvelle fois, pendant douze heures, à une femme qui l’accuse de l’avoir violée en 2008 en Suisse, jeudi au tribunal de Paris. Il a déjà été mis en examen à quatre reprises pour viols. À l’issue de la confrontation, les deux camps ont exposé des versions diamétralement opposées.

Tariq Ramadan s’est dit «très satisfait». «Les mensonges, les affabulations, les contradictions de la plaignante sont apparus clairement dans tout ce qui a été dit aujourd’hui», a réagi auprès de la presse le prédicateur de 58 ans, vers 23h00 à l’issue de la confrontation.

«Le rideau est tombé. On avait déjà indiqué dans un premier acte les invraisemblances et les incohérences de cette femme qui, dans le prolongement immédiat de cette nuit qu’elle décrit avec cet homme comme un enfer, lui écrit nombre de messages lui disant qu’elle rêve de l’embrasser, que c’est un homme merveilleux, qu’elle l’aime», a développé Yaël Hayat, l’une des avocates suisses de Tariq Ramadan.

Selon elle, lors de la confrontation, «nous avons révélé que cette femme entretient des liens étroits avec d’autres femmes qui ont eu des intentions vindicatives pour avoir été éconduites par Tariq Ramadan» et «des personnes qui n’ont eu cesse d’avoir pour fantasme de mettre cet homme à terre».

«Étape importante»

«Affaire suisse». La confrontation du 16 septembre a révélé combien la plaignante suisse mentait. Elle a surtout été confrontée à ses propres affabulations», avait tweeté jeudi matin l’islamologue, annonçant avoir déposé plainte pour «dénonciation calomnieuse». Pour sa part Robert Assael, l’un des avocats suisses de la plaignante, surnommée dans les médias «Brigitte», a souligné que la confrontation constituait une «étape importante».

«Le dossier n’est absolument pas affaibli», a-t-il estimé. «Beaucoup de questions ont été posées et comme malheureusement souvent dans les procès pour viol, c’est le procès à l’envers, c’est le procès de la victime qui doit se justifier finalement de ce qu’elle a subi», a-t-il regretté, assurant que sa cliente avait «confirmé avoir subi les horreurs qu’elle a dénoncées avec courage et dignité».

Première audience suspendue

Tariq Ramadan, interdit par la justice de quitter le territoire français, et «Brigitte», âgée de 54 ans aujourd’hui, s’étaient retrouvés le mois dernier dans le bureau de juges français en présence d’un procureur genevois pour une première confrontation.

L’audition avait été suspendue à la demande de «Brigitte», qui a déposé plainte pour viol le 13 avril 2018 en Suisse. Elle accuse l’islamologue de l’avoir entraînée dans une chambre d’hôtel, à Genève le soir du 28 octobre 2008, où il l’aurait soumise à des actes sexuels brutaux, accompagnés de coups et d’insultes.

Convertie à l’islam, elle avait fait sa connaissance quelques mois auparavant lors d’une séance de dédicaces, puis lors d’une conférence en septembre. S’en était suivie une correspondance de plus en plus intime sur MSN et Facebook. Le soir des faits, elle avait rendez-vous avec le célèbre prédicateur pour prendre le thé. Tariq Ramadan a reconnu avoir rencontré «Brigitte», expliquant avoir renoncé à la relation sexuelle après un échange de caresses, selon ses avocats.

ATS/NXP