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L’invité2020, une année sans bon souvenir? Voire

René Knüsel souhaite que l’on n’oublie pas l’attention accrue portée aux plus faibles durant l’année écoulée.

Que retenir de l’année 2020? La pandémie marquera la mémoire de la plupart d’entre nous. Le Covid-19 a imposé de nouvelles contraintes et nous a surtout «reconfrontés» aux incertitudes. Notre zone de confort est troublée. Nos habitudes en ont pris un coup. Nous sentons bien que notre futur devra composer avec les retombées de cette crise. Ce changement va nous imprégner durablement.

L’apparition de contraintes inattendues, par exemple dans nos déplacements, pour visiter quasi toutes les régions de la planète, à des coûts souvent insignifiants, va changer notre représentation des vacances. La remise en question est sans doute plus profonde qu’il n’y paraît. Les années à venir ne ressembleront pas ou plus à celles de la dernière décennie. Les activités liées au secteur du voyage, l’aviation, la navigation, mais aussi le tourisme, vont devoir se redimensionner, probablement drastiquement.

«La pandémie a rebattu les cartes, tel le chien dans un jeu de quilles.»

L’incertitude dans nos existences a pris le pas sur nos certitudes, parfois avec des conséquences dramatiques. Nos vies mâtinées de confort et de sécurité doivent dorénavant composer avec l’aléatoire du quotidien. Nos velléités pour réduire les risques existentiels ont connu des limites face auxquelles les assurances, les protections de toute nature, se montrent dérisoires. La pandémie a rebattu les cartes, tel le chien dans un jeu de quilles.

Des pans entiers de l’économie et de la vie en société ont dû affronter des conditions inattendues, des choix politiques et sociétaux imprévisibles, hésitants, incohérents parfois. Certains secteurs d’activité, précaires par nature, sont fortement menacés dans leur existence même. D’autres, au contraire, se redéploient parfois avec arrogance.

C’est là le lot de toute crise. De l’avoir oublié est probablement la principale erreur collective que nous avons commise. Un péché d’orgueil en quelque sorte. 2021 n’y changera rien. La cicatrice restera.

Vulnérabilité et solidarité

Cette extension de l’impression de vulnérabilité a entraîné des adaptations, difficiles, et stimulé des réponses comme la solidarité. Ce regain d’activités solidaires devrait aussi marquer nos souvenirs de 2020. Les images fortes des files interminables faisant la queue devant les centres de distribution de sacs de victuailles, à Genève comme ailleurs. Mais aussi des marques moins médiatisées entre voisins, entre générations. Relevons encore les initiatives de collectivités publiques pour assurer une présence auprès des personnes isolées, seniors, mais aussi aux familles en difficulté ou encore aux étudiants bloqués par la crise.

L’attention aux plus faibles, à ceux que le semi-confinement a vulnérabilisés, c’est l’image qu’il faudra surtout conserver de l’année écoulée. Une solidarité en dépit ou à cause du défaut de proximité dû aux gestes barrières.