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«De la ruche à la tartine»À Aubonne, un apiculteur célèbre le génie des abeilles

Guillaume Schneider se consacre à une apiculture durable et tournée vers la sensibilisation à l’environnement. Il a remporté en 2020 le Prix de la Ville, ainsi que le Prix coup de cœur de la Transition SEFA.

L’apiculteur Guillaume Schneider s’occupe d’une vingtaine de ruches, habitées par des abeilles qui l’ont suivi au gré de ses déplacements
L’apiculteur Guillaume Schneider s’occupe d’une vingtaine de ruches, habitées par des abeilles qui l’ont suivi au gré de ses déplacements
Christian Brun

«Le génie des abeilles est fascinant. Elles ne parlent pas, mais pourtant elles se comprennent toutes, contrairement aux humains, qui arrivent quand même à se faire la guerre», lance Guillaume Schneider avec un petit accent qui trahit ses origines neuchâteloises. Installé à Aubonne depuis 2015, l’apiculteur s’occupe d’une vingtaine de ruches, occupées par des abeilles qui l’ont suivi au gré de ses déplacements.

Il faut dire qu’à l’âge où Obélix tombait dans la marmite du druide, le gamin du Val-de-Travers, lui, plongeait franchement dans un pot de miel. C’est à 12 ans, lors d’une sortie scolaire, qu’il découvre la profession auprès d’un vieil apiculteur. Pour lui, c’est décidé, il en fera son métier.

Casquettes multiples

Tout d’abord formé en tant qu’inspecteur des ruchers, il enchaîne ensuite les expériences professionnelles, sans jamais s’éloigner ni de sa première passion, ni de ses convictions écologiques. Tour à tour ébéniste, ingénieur en écotechnologie et conseiller en environnement, il cofonde en 2015 l’association Mellifera, avec sa femme Lindsay Lessard et un couple d’amis de Sottens. Ensemble, ils développent tout un pan de sensibilisation au petit apidé et à l’environnement, sans renoncer à la production de miel, bien évidemment.

«C’est cette diversité d’activités qui nous permet de nouer les deux bouts.»

Guillaume Schneider, apiculteur

En effet, le deuxième volet de l’association consiste au parrainage d’une centaine de membres, auxquels Guillaume Schneider livre régulièrement du miel, juché sur son vélo-cargo, son substitut à la voiture. En temps normal, ce sont près de 1000 pots qui sont distribués chaque année. «Un produit réfléchi sur toute sa durée de vie, de la construction de la ruche à la tartine, tout en tenant le coup financièrement, précise-t-il. C’est cette diversité d’activités qui nous permet de nouer les deux bouts.»

Deux prix en 2020

Cette implication sur des sujets environnementaux, couplée à son engagement citoyen au sein du Conseil communal, lui a valu de remporter deux prix au cours de l’année écoulée: Le Prix de la Ville d’Aubonne et le Prix Coup de cœur de la Transition SEFA (Société Électrique des Forces de l’Aubonne SA). «C’est une récompense bien méritée, avance Pascal Lincio, municipal chargé des Affaires culturelles. Dans l’esprit d’une écologie active, ce citoyen aubonnois entend notamment sensibiliser les jeunes et moins jeunes de la région.»

L’apiculteur Guillaume Schneider range son matériel dans l’atelier de son rucher à Aubonne.
L’apiculteur Guillaume Schneider range son matériel dans l’atelier de son rucher à Aubonne.
Christian Brun

Même son de cloche du côté de la SEFA. «L’unanimité du jury a eu un coup de cœur pour l’association Mellifera, portée par Guillaume Schneider, reporte Laurent Balsiger, directeur de la société et membre du jury. Ce choix a été motivé par le fait que deux familles se soient réunies pour informer leurs membres et les écoles sur le rôle des ruches et des abeilles dans notre environnement. Nous avons aussi été séduits par leur cohérence car, étant sensibles à tous les aspects du développement durable, ils se sont montrés exemplaires, notamment en livrant leur miel à vélo.»

«Il a un côté entrepreneur et passionné, c’est quelqu’un de simple mais d’engagé.»

Yves Loerincik, fondateur de l’entreprise Eqlosion

Yves Loerincik, fondateur de l’entreprise Eqlosion, qui a organisé l’événement pour le compte de la SEFA, souligne quant à lui la persévérance de l’apiculteur. «Il a un côté entrepreneur et passionné, c’est quelqu’un de simple mais d’engagé.»

Cirage et jeu en bois

L’Aubonnois d’adoption a beau avoir fait rayonner sa commune, il n’a pas moins souffert d’une année compliquée, marquée par l’annulation de la plupart des visites pédagogiques du rucher, ainsi que du report de la cérémonie de remise du Prix de la Ville, qui devait avoir lieu courant décembre. Il aura néanmoins pu compter sur une récolte abondante – de quoi équilibrer la balance – tandis que ces mois passés au grand air auront été propices au fourmillement d’idées. Outre la production de boîtes de cirage à chaussures, l’apiculteur a aussi revêtu sa casquette d’ébéniste pour réaliser, avec divers artisans de la région, un jeu de plateau pédagogique, nommé «Icare».