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Abondance de talentsÀ chaque fois, Ilija Borenovic repère «quelque chose de spécial»

Avant de se révéler au Lausanne-Sport, les dernières pépites vaudoises sont toutes passées entre les mains du coach du Team Vaud M21. Confidences.

Ilija Borenovic donne ses précieux conseils aux jeunes du Team Vaud.
Ilija Borenovic donne ses précieux conseils aux jeunes du Team Vaud.
Patrick Martin

Chaque week-end, c’est le même choix cornélien qui réapparaît pour Ilija Borenovic: quel match regarder? Celui d’Andi Zeqiri à Brighton? Celui de Dan Ndoye et Jordan Lotomba à Nice? Ou peut-être celui d’Adam Ouattara à Neuchâtel Xamax? Passée cette décision sensible demeure surtout la rançon du succès. Parce que les quatre talentueux footballeurs ont en commun d’être passés entre les mains de coach Borenovic. «En ce moment, je suis surtout l’OGC Nice, parce que les matches tombent à une heure idéale. Mais s’il y a moyen de caser une autre rencontre dans le week-end, je m’arrange pour le faire.»

Entraîneur des M21 du Team Vaud en 1re ligue pour la sixième saison, Ilija Borenovic est l’homme qui allume la mèche. Depuis tout ce temps, son équipe n’a pas gravi de ligue, ni rétrogradé, mais sorti un nombre impressionnant de joueurs qui se sont imposés ou sont en train de le faire dans le monde professionnel. Il sait que son bon travail, de coach, d’ami, de mentor, n’y est pas étranger, tout comme il sait qu’il a la chance de se trouver au sommet d’une pyramide de formation qui fonctionne particulièrement bien. «Certains sont déjà tellement forts qu’il suffit de les accompagner. Mais ce que je préfère, le plus gratifiant, c’est d’amener en haut des joueurs pas forcément programmés pour réussir.»

Le Serbe n’en est pas moins ambitieux. Sans faire de bruit, sans se mettre en avant, il espère que son travail finira par être remarqué. En attendant, sa seule ambition est d’accompagner ses poulains aux portes du professionnalisme. D’ici peu, les prochains noms à exploser sur le devant de la scène pourraient bien être ceux de Stéphane Cueni, Théo Rochat ou Florian Hysenaj.

Avant, Ilija Borenovic pose son regard de spécialiste, d’ancien coach et de protecteur sur ceux qui ont déjà pris une dimension supplémentaire.

Andi Zeqiri, 21 ans, Brighton

«La grande question avec Andi, c’était de savoir si on ne l’avait pas propulsé en haut un peu trop vite. On nous l’avait reproché d’ailleurs. À juste titre? Peut-être. Mais qui peut dire où il serait si on l’avait gardé au Team Vaud six mois ou une année de plus? Il n’y a pas de formule préconçue. Ce qui est valable pour un jeune ne l’est pas forcément pour l’autre. Andi, c’est un gars qui a toujours montré une immense envie. À l’entraînement, il était impressionnant. Il a une grande, une très grande confiance en lui. Attention, on ne parle pas de prétention, jamais. Mais c’est ce qui l’a mené où il est. S'il va réussir à Brighton? J’en suis convaincu. Certains se demandent si la marche n’est pas un peu haute, mais ils ne savent pas qu’Andi a besoin de ce genre de défi.»

Andi Zeqiri.
Andi Zeqiri.
Keystone

Gabriel Barès, 20 ans, LS

«En tant que coach des M21, mon but est de faire naître une ambition intrinsèque chez chaque joueur. Souvent, je les mets dans la peau d’un entrepreneur et je compare leur corps à une entreprise. J’essaie de leur faire comprendre que plus ils investissent dans ce corps, plus ils en prennent soin, et plus ils iront loin. Avec Gabriel, je n’en ai jamais eu besoin. Il a toujours su ce qu’il voulait, où il allait. Ça ne veut pas dire qu’il n’a pas connu de bas, au contraire. Son principal problème venait de sa morphologie. Pour un milieu de terrain, il était léger, il en imposait moins que les autres. Mais il a bossé, beaucoup bossé. Et il ne faut pas se mentir: Gabi, c’est un «top talent». Il est promis à de belles choses. La prochaine étape, c’est de convaincre son coach de lui donner du temps de jeu à un poste où il y a déjà du lourd.»

Gabriel Barès (à droite).
Gabriel Barès (à droite).
Keystone

Cameron Puertas, 22 ans, LS

«Il m’avait convaincu en un entraînement. On l’avait fait venir de Forward-Morges pour vérifier que ce qu’on nous promettait à son sujet était vrai: c’était encore mieux! Le seul petit détail, c’est qu’une fois lâché sur la pelouse, il était incontrôlable: il courrait partout. En s’écartant de la filière Team Vaud, il avait pris beaucoup de retard tactique. Mais qu'est-ce qu’il donne sur un terrain! À la fin, j’avais même fini par adapter ma stratégie de match pour qu’il jouisse de suffisamment de liberté et exprime ses qualités. Avec Cameron, l’objectif a toujours été de contrôler sa fougue. Maintenant qu’il le fait bien et qu’il s’est mis à niveau tactiquement, tout le monde le remarque. D’ailleurs, je le range dans la catégorie «no limit». Il n’a aucun plafond. Un peu comme Andi.»

Cameron Puertas.
Cameron Puertas.
Keystone

Dan Ndoye, 19 ans, Nice

«Il voulait tout le temps jouer, avoir le ballon, s’entraîner. Il a passé un peu moins d’une saison et demie avec les M21. Sans doute le laps de temps idéal pour un jeune en pleine ascension. Dan, aussi, c’était un «top talent» destiné à gravir rapidement les échelons. Dans ces cas-là, mon rôle est surtout de les assister psychologiquement. D’ailleurs, le seul «problème» pour Dan, c’était d’avoir participé à la préparation d’avant-saison avec le LS et de ne pas avoir été retenu. Le genre d’événement dont il faut se relever. Il l’a fait et aujourd’hui, il joue pour Nice et n’est plus très loin de l’équipe nationale. Son début de saison? Il a participé à presque tous les matches jusqu’ici, vous vous rendez compte? Je sais qu’il a les capacités pour s’imposer en France.»

Dan Ndoye.
Dan Ndoye.
Keystone

Joël Monteiro, 21 ans, LS

«Quel chemin parcouru! J’ai encore le souvenir d’être assis à mon bureau et de le voir trimballer des cartons dans les couloirs de la Pontaise. C’était il y a même pas une année. Il jouait dans mon équipe et, le reste du temps, il était employé par le secteur marketing du club. Avant d’arriver chez nous, il y a une année, il jouait à Conthey, en 2e ligue inter. Et avant cela, en 1re ligue, à Azzurri Lausanne. C’est dire à quelle vitesse il a progressé. Il s’est super bien adapté. Peut-être aussi parce que son frère, Elton, est ici. Joël, c’est l’exemple du joueur qui ne toque pas à la porte, mais qui la défonce. Tu peux être un bon footballeur, mériter d’évoluer plus haut et malgré tout passer inaperçu. Mais si tu défonces la porte, on est obligé de te prendre.»

Joël Monteiro.
Joël Monteiro.
FC Lausanne-Sport
1 commentaire
    AllezLS

    Article très intéressant même si encore un peu plus de détails sur chaque joueur et même parler d'autres joueurs encore, eût été encore plus intéressant et complet.