A Lausanne, la dette se creuse, et alors?
Pas facile de tenir le budget d'une ville centre. Les charges sont importantes, la moyenne des contribuables n'est pas riche, les besoins en investissements sont récurrents. Et tant les habitants de la commune que les centaines de milliers de personnes qui y travaillent, s'y détendent ou y font leurs achats ont envers la grande ville des attentes générales élevées.
Lausanne répond en tout point à cette description générique. Le budget 2018 présenté jeudi par la conseillère municipale Florence Germond, en charge des Finances de la Ville, traduit cette réalité. D'un côté un effort de maîtrise des charges, de l'autre des exigences de dépenses qui ne baissent pas. Au final, un équilibre de funambule mal assuré, puisque c'est tout de même le rouge qui s'impose (30 millions de déficit).
La Municipalité de la capitale vaudoise doit aussi assumer un héritage de décisions certes visionnaires, mais dont l'impact financier pèse lourd. Toutefois, blâmer ces développements (nouveau quartier, nouveau stade de football) serait faux. C'est d'abord le maintien et la modernisation des équipements – souterrains en particulier – qui grève le ménage lausannois.
Tout cela est incontestable. Comme le creusement de la dette. Lausanne traîne une créance totale de 2,6 milliards de francs, soit 18'110 francs par habitant. C'est colossal. Et c'est malsain. Parce que cela peut obérer la capacité à solliciter de nouveaux crédits indispensables dans de bonnes conditions.
Problème, personne ne semble penser que c'en est un. Le sujet est relégué en marge par l'Exécutif de la Ville, et fait à peine sourciller les principales formations d'opposition. Le niveau extrêmement bas des taux d'intérêt renforce le sentiment, déjà naturel chez de nombreux politiciens, que la dette est un épouvantail, et qu'on peut très bien vivre avec. Les mêmes pourtant dénoncent les abus du petit crédit.
Sans nier la difficulté de la tâche, on aimerait donc voir se développer à Lausanne un plan précis pour réduire cette dépendance financière, cadeau empoisonné aux générations futures. Pas besoin de chercher loin pour demander des conseils: en dix ans, le Canton de Vaud a fait passer sa dette de 9 milliards à zéro. Une réussite qui est le fruit d'une volonté politique. A la gauche très majoritaire de s'emparer de ce dossier.
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