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Le coup de fourchetteÀ Lausanne, Sardine a plus d’un tour dans sa jolie boîte

L’ancien Café Bellini a tout changé pour accueillir, dans un décor de Julia Christ, la cuisine simple et colorée d’Alexis Le Tadic, passé par Ducasse.

Alexis Le Tadic et Léonore Blanc sont amoureux, et aussi chef et responsable du restaurant lausannois.
Alexis Le Tadic et Léonore Blanc sont amoureux, et aussi chef et responsable du restaurant lausannois.
Christian Brun

Aller manger à Sardine, c’est prendre une machette et affûter ses sens en mode explorateur, tout en restant à Lausanne. La géniale terrasse de feu le Café Bellini, à la Cité, l’est toujours. Désormais, grâce à la «ginteria», on peut parfaire sa connaissance en la matière, grâce à une carte longue et originale et un classement bienvenu en familles aromatiques.

Mais c’est en arrivant à l’intérieur que les surprises commencent vraiment. Ceux qui s’attendaient à être transportés dans un resto moderne de Lisbonne aux murs couverts de petites boîtes de sardines colorées seront perdus, les autres merveilleusement dépaysés par l’ambiance de jungle imaginée par la talentueuse Julia Christ, qui s’était notamment déjà occupée du Perroquet. On ne se laissera pas déstabiliser par le coquin pangolin qui tire la langue sur les catelles d’un des murs du fond de la salle. Au contraire, on fait fi de ses provocations en s’attablant pour un voyage qui nous rappelle que la Covid-19 n’a pas eu raison de nos papilles…

Le créateur de cette exploration gustative a tout le culot de ses 28 ans. Alexis Le Tadic est un jeune chef bourré de talent et amoureux des produits simples depuis sa formation initiale de charcutier. Après avoir travaillé pour Ducasse à La Chèvre d’Or, à Monaco (deux étoiles), puis à Paris au Bistrot Brut où sa carte blanche lui en a fait remporter une à son tour, il est venu ravir les palais lausannois par amour… pour Léonore Blanc.

La géniale terrasse de Sardine.
La géniale terrasse de Sardine.
CHRISTIAN BRUN

Responsable de Sardine, la Vaudoise est une guide parfaite pour notre voyage. Ses explications passionnées nous font saliver avant même l’arrivée du plat. Une aventure qui aurait été impossible sans le soutien de Julien Colas, déjà propriétaire de plusieurs établissements de la ville, qui a flashé pour le talent du jeune chef français. Mieux encore, il met sa cave à disposition des clients du restaurant pour qu’ils y choisissent une bouteille pour accompagner leur repas si la carte des vins — pour la plupart bios (notre Rioja Rayos de Uva, 45 fr. était parfait) — ne devait pas suffire.

En ce qui concerne les mets, le choix est également ciblé. Quatre entrées, cinq plats, quatre desserts et une suggestion du moment, mais la carte change souvent. «Alexis est quelqu’un qui se lasse très vite… je parle de sa cuisine bien sûr», sourit sa compagne. Le pâté en croûte tout volaille (26 fr.) et ses pickles estivales nous transporte aux origines de l’art du jeune chef avec un crochet par sa passion pour les déclinaisons d’un seul et même légume, ici l’oignon. Le tourteau, riz acidulé et concombre (21 fr.) fait une entorse aux produits régionaux, mais le crustacé qui rafraîchit cette soirée estivale n’a jamais connu la congélation.

Pour les plats, deux classiques: une côte de cochon et du thon rouge. La première, fondante à souhait, est mariée à une sardinade (il y a toujours une sardine cachée dans le menu!) et une caponata (38 fr.). Le poisson est snacké à la fleur de curry, mais surtout agrémenté aux condiments du vitello tonnato (42 fr.) Hyper original? Pas autant que la très audacieuse union du céleri boule et du chocolat (15 fr.) Les plus frileux préféreront la tarte éclatée citron et concombre (15 fr.), délicieusement déclinée en trois parties.

4 commentaires
    Nicki

    Endroit sympathique dans la vieille ville, la Cité.

    Belle vue. Je n'y suis pas encore allée mais me réjouis de découvrir.