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Patrimoine agricoleÀ Moudon, les fermiers de Chalabruz doivent patienter

Le Conseil communal a décidé de ne pas vendre le domaine communal. Du moins, pas pour l’instant.

Des élus aimeraient que des alternatives à la vente soient étudiées.
Des élus aimeraient que des alternatives à la vente soient étudiées.
Jean-Paul Guinnard

Coup de tonnerre mardi soir, au Conseil communal de Moudon. Alors que les autorités devaient se prononcer sur la vente pour 1,72 million de francs d’un de ses plus anciens bijoux de famille, le domaine agricole de Chalabruz, en mains communales depuis 1721, un cinquième des élus a décidé de renvoyer le préavis à la Municipalité. En cause? «Le projet est orienté uniquement dans l’esprit de la vente et aucune alternative n’est prise en compte, tel que la constitution d’un droit de superficie», a argumenté Daniel Perret-Gentil.

Selon l’élu socialiste, une telle démarche permettrait «d’obtenir tous les avantages désirés, soit permettre de garder le patrimoine et laisser l’exploitation pendant deux et même trois générations aux agriculteurs». En outre, le conseiller estime que la vente de la ferme serait un mauvais signal: «Il ne faut pas être devin pour comprendre que cette opération se répétera avec la vente de toutes les fermes communales.»

Laisser les professionnels faire

L’intervention a fait tiquer deux membres de l’Entente moudonnoise. D’abord, Charles Charvet: «J’aurais pu comprendre que des vieux Moudonnois soient nostalgiques, mais je rappelle que le PS s’était déjà prononcé en faveur de la vente des six fermes communales.» André Zimmermann met en doute le bien-fondé de la proposition de Daniel Perret-Gentil: «J’ai vu des droits de superficie lorsqu’il s’agit de construire un nouveau bâtiment, par exemple. Jamais concernant l’exploitation d’un domaine agricole.» Droit derrière, le Parti socialiste s’est désolidarisé de son élu, en précisant que sa proposition «méritait tout de même l’attention de tout le monde».

Ce dernier a finalement réussi à réunir les dix voix nécessaires pour renvoyer le préavis pour étude à l’Exécutif, malgré le plaidoyer de Jean-Philippe Steck, municipal en charge des domaines communaux: «Êtes-vous agriculteur? Moi non plus. Le sens de ce préavis est aussi de laisser la ferme aux mains des professionnels.» Il reprend: «Vous dites que le préavis n’a étudié que la vente, c’est faux! Depuis 2013, plusieurs études ont été réalisées.»

Bien décidé à revenir devant le Conseil avec ce dossier lors de la prochaine séance, l’édile confie qu’il n’en changera pas les conclusions. «Il est trop tôt pour annoncer comment nous allons précisément procéder, souffle Jean-Philippe Steck. Peut-être allons-nous simplement proposer un contre-argumentaire.»