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Réaction artistique aux annulationsÀ Orzens, les sculptures veillent sur la scène orpheline

Syndic, scénographe et artiste, Frédéric Burkhard ne supportait pas de voir la scène de la salle villageoise rester vide. Il y a donc installé ses œuvres et organise des visites en petit comité sur demande.

Frédéric Burkhard, alias Federico Burkha lorsqu’il peint, syndic d’Orzens et scénographe ayant décidé de combler le vide laissé par les comédiens à l’arrêt avec ses propres œuvres.
Frédéric Burkhard, alias Federico Burkha lorsqu’il peint, syndic d’Orzens et scénographe ayant décidé de combler le vide laissé par les comédiens à l’arrêt avec ses propres œuvres.
Jean-Paul Guinnard

Si nous n’étions pas en 2021, ce samedi, la salle villageoise d’Orzens aurait été bondée. Les habitants du village et des environs seraient venus y découvrir Le Pied d’Estale, une pièce présentée par la troupe de théâtre liée au chœur mixte d’Orzens-Oppens. Et prolongeraient ainsi une tradition dont on sait qu’elle existait déjà il y a… 140 ans.

À partir du noir

La salle restera toutefois désespérément vide et silencieuse. Une perspective insupportable pour Frédéric Burhkard, syndic des lieux, et co-metteur en scène de la pièce avec Philippe Laedermann. Mais aussi artiste-peintre et sculpteur sous le nom de Federico Burkha, aimant travailler à partir du noir. Une de ses techniques préférée consiste en effet à calciner du vieux bois pour ensuite en faire ressortir de la lumière et des volumes au moyen de peinture blanche et de pigments naturels. L’homme ne pouvait donc qu’être inspiré par les tentures couleur charbon délimitant la scène désertée par les acteurs et comédiens.

«Le but est que chacun se raconte sa propre histoire.»

Federico Burkha, peintre et sculpteur à Orzens et syndic sous le nom de Frédéric Burkhard

«Je suis parti du livre de contes géant que nous avions réalisé pour la pièce, explique le syndic-artiste. Alors qu’il aurait dû se trouver au centre de la scène, il est rangé en coulisses. Mais il sort toujours des histoires d’un livre. Et si celle qui était prévue ne peut se raconter, une autre prendra sa place.» Du bord des pages de l’ouvrage, Frédéric Burhkard a donc mis en place une installation de ses propres œuvres racontant, à sa manière, l’année écoulée. «Pour moi, chaque élément a une signification précise, mais le but est que chacun se raconte sa propre histoire.»

La scène de la salle villageoise d’Orzens, réinventée en salle d’exposition par Frédéric Burkhard, avec la tranche du livre géant de la pièce Le pied d’Estale tout à droite.
La scène de la salle villageoise d’Orzens, réinventée en salle d’exposition par Frédéric Burkhard, avec la tranche du livre géant de la pièce Le pied d’Estale tout à droite.
Jean-Paul Guinnard

Si l’installation est avant tout le résultat de son propre besoin de combler le vide, elle peut tout à fait être visitée, sur demande et à quatre personnes maximum. L’occasion de découvrir un coin de pays à la limite entre le Nord vaudois et le Gros-de-Vaud, une magnifique salle villageoise reconstruite en 2017 suite à l’incendie de la précédente et… une vingtaine d’œuvres du syndic-artistes, accrochées de façon permanente aux murs du bâtiment et racontant sur de vieilles planches peintes l’histoire théâtrale du village.

Et jusqu’à quand durera cette exposition? «Jusqu’à ce que le livre retourne sur la scène, ce qui signifiera que l’on peut reprendre les répétitions!»

Exposition Boîte noire à la salle villageoise d’Orzens, Route du Battoir 4. Visites sur demande au 079 372 39 79. Voir www.burkha.me