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L’invitéÀ propos de l’expression Allâhu Akbar

Christian Bibollet commente ces mots qui inquiètent les Occidentaux.

Il y a, à propos de cette expression, quelques vérités qu’il vaut la peine de rappeler. Le terme Allah dérive de la même racine sémitique qu’Elohim et El. Ainsi, la version arabe de la Bible désigne Dieu sous le terme d’Allah. D’autre part, musulmans, juifs et chrétiens n’ont aucun doute sur le fait que la foi en Dieu rend les cultes idolâtres caducs et reconnaissent ensemble la grandeur de Dieu.

Mais alors pourquoi, en Occident, l’expression Allâhu Akbar est-elle associée au terrorisme, à la violence, au fanatisme et à l’obscurantisme? Est-ce dû, comme l’affirment certains, à un attachement dogmatique aux enseignements des Lumières, à notre analphabétisme religieux et à notre culture du non-sens? Dans une certaine mesure, assurément. Mais est-ce la seule cause, et est-ce la plus importante? L’idéologie islamiste n’en serait-elle pas la raison déterminante?

«Cette manière agressive et violente de concevoir le «service de Dieu» est confirmée par les premiers mots de la sourate 8.60»

Examinons quelques faits. Hassan al-Banna, le «Guide suprême» des Frères musulmans, a résumé son projet de société en un slogan bien connu: «Dieu est notre but, le Prophète est notre chef, le Coran est notre Constitution, la guerre dans le chemin d’Allah (djihad) est notre moyen, la mort au service de Dieu notre désir suprême». Ces propos désignent bien Dieu comme but, mais ce but est atteint par la guerre qu’il a prescrite et pour laquelle les membres de la confrérie doivent se mobiliser et être prêts à mourir (en martyrs).

Cette manière agressive et violente de concevoir le «service de Dieu» est confirmée par les premiers mots de la sourate 8.60 figurant sur l’emblème des Frères musulmans, au-dessous de deux sabres croisés et d’un coran. Ce verset dit: «Et préparez (pour lutter) contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée afin d’effrayer (terroriser ou jeter l’effroi, littéralement) l’ennemi d’Allah et le vôtre.» Ce verset a été «révélé» à Mahomet pour rendre licite une des premières batailles menées par ses troupes contre les polythéistes. Il a utilisé le cri Allâhu Akbar pour signifier que la guerre était faite au nom d’Allah, comme le fait l’islam politique et guerrier de nos jours, un procédé contre lequel s’élèvent une majorité de musulmans laïcs.

Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’en Occident, les partisans de l’islam politique – tels les Frères musulmans, très bien implantés en Suisse – s’évertuent à mettre l’accent sur son caractère strictement dévotionnel. Mais en le faisant, ne tentent-ils pas de dissimuler une réalité embarrassante? Allâhu Akbar est non seulement le cri de guerre de nombreux groupes terroristes inspirés par leur propre idéologie mais aussi celui de l’islam politique qui, en Occident, adopte une discrète approche d’infiltration culturelle afin de reprendre le contrôle sur la vie de nombreux musulmans qu’ils cherchent à rallier à leur cause. Il y a donc quelques bonnes raisons pour lesquelles Allâhu Akbar résonne mal à nos oreilles.