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CultureÀ Venise, les festivals se serrent les coudes face au Covid

La 77ème édition de la Mostra de Venise s’ouvre mercredi soir. La solidarité entre festivals est de mise.

Le président de la Biennale de Venise, Roberto Cicutto (à gauche) et le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, font front commun, mercredi.
Le président de la Biennale de Venise, Roberto Cicutto (à gauche) et le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, font front commun, mercredi.
AFP

Confrontés à des annulations en cascade pour cause de Covid, les directeurs des plus grands festivals de cinéma européens ont affiché leur solidarité mercredi à Venise, où doit s’ouvrir dans la soirée la 77ème édition de la Mostra.

Mettant de côté leurs rivalités, les directeurs de Venise (Alberto Barbera), Cannes (Thierry Frémaux), Locarno (Suisse, Lili Hinstin), Rotterdam (Pays-Bas, Vanja Kaludjeric), Karlovy Vary (République Tchèque, Karel Och) et San Sebastian (Espagne, José Luis Rebordinos) ont donné une conférence de presse commune.

Et en soirée, un «texte commun» doit être présenté, lors de la cérémonie d’ouverture de la Mostra, pour réaffirmer «la valeur fondamentale du cinéma et l’importance des festivals dans le soutien et la promotion du cinéma du monde entier, et du cinéma européen en particulier».

«Marque de solidarité»

La présence de ces directeurs de festival à Venise est «une marque de solidarité envers l’industrie mondiale du cinéma qui a été durement touchée par la pandémie, et leurs collègues qui ont été contraints d’annuler ou de reporter leurs festivals», a précisé la Mostra dans un communiqué.

«C’est une représentation symbolique que nous vous offrons aujourd’hui (…). Nous voulons montrer que nous pouvons surmonter toutes les crises si nous travaillons ensemble», a commenté Alberto Barbera. «L’un des peu nombreux effets positifs du confinement est que nous (les dirigeants de festivals, ndlr) avons commencé à nous parler beaucoup», s’est-il réjoui.

«C’est le plus vieux festival du monde»

À ses côtés, le directeur de Cannes, qui avait dû annuler au printemps son rendez-vous sur la Croisette, a remercié les dirigeants de Venise: «Ce sont nos aînés, c’est le plus vieux festival du monde». «C’est avant tout pour le cinéma que les festivals existent (…) Ça n’est pas pour nous-mêmes, c’est pour les œuvres, les auteurs», dont il a «ressenti la grande solitude» durant le confinement.

«Nous ne sommes pas encore dans le monde d’après» le Covid, a-t-il mis en garde, tout en disant avoir «toute confiance en l’avenir».

«Nous devons les soutenir»

Alors que l’industrie du cinéma a énormément souffert durant le confinement, Thierry Frémaux a mis l’accent sur «la chance d’avoir un système d’aide particulièrement développé en Europe». «La culture est ce qui coûte le moins cher et rapporte le plus», a-t-il argué.

Alberto Barbera a lui tenu à pointer les difficultés rencontrées par les salles de cinéma: «Nous devons les soutenir (…) Nous ne pouvons pas perdre l’expérience de la vision d’un film dans une salle», qui «fait partie de la nature même du cinéma».

AFP/NXP