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Élection complémentaireÀ Vevey, l’extrême gauche fait son entrée à la Municipalité

Avec 46,4% des voix récoltées, Yvan Luccarini (Décroissance-Alternatives) siégera à l’Exécutif dès le 1er août. En attendant les générales de 2021, la droite n’y a plus de représentant.

Dans son stamm du bar Le Bout du Monde, Yvan Luccarini a été fêté comme il se doit par ses partisans au terme d’un vote historique: l’extrême gauche accède à la Municipalité de Vevey.
Dans son stamm du bar Le Bout du Monde, Yvan Luccarini a été fêté comme il se doit par ses partisans au terme d’un vote historique: l’extrême gauche accède à la Municipalité de Vevey.
Vanessa Cardoso

Fatigué, soulagé, heureux, Yvan Luccarini en ce dimanche après-midi. Sur la terrasse du café Le Bout du Monde, le conseiller communal et député relâche la pression en répondant à quelques-uns des innombrables SMS de félicitations ou dans les bras des partisans venus lui témoigner leur joie.

Et pour cause. La quatrième tentative en neuf ans aura été la bonne pour l’élu Décroissance-Alternatives (DA): après 2011, 2015 et 2016 (où il avait échoué de peu), il accède à la Municipalité de Vevey au terme d’une élection complémentaire aussi étrange (Covid aidant) qu’éprouvante.

Un résultat historique? «Cela fait des années que nous réalisons des scores exceptionnellement hauts pour une formation d’extrême gauche, lance-t-il. Je dirais donc doublement historique.»

Score serré

Avec 46,4% des voix, il a gagné son duel à distance avec le PLR Valentin Groslimond, le représentant de l’Entente veveysanne (PLR, UDC, PDC, Vert’Libéraux). Inconnu il y a quatre mois, ce dernier termine tout de même avec un score de 44,01% au terme d’une élection très serrée (103 voix d’écart). Celui qui avait d’ailleurs terminé en tête au premier tour (pour 38 voix) a espéré longtemps pouvoir conserver le siège du sortant Étienne Rivier (PLR), démissionnaire. Il n’en sera rien.

Quant à Oliver Ghorayeb, le candidat de la nouvelle formation En Avant Vevey, il a récolté 8,22% des voix (11,4% au premier tour). En dépit de son statut d’outsider, il avait décidé de se représenter au second tour faute de discussions concluantes avec les deux favoris. À qui a-t-il ravi des voix? Personne ne se risque à un pronostic.

On peut par contre raisonnablement imaginer que l’appel officiel du PS à voter en faveur d’Yvan Luccarini lors de ce deuxième tour – ce qu’il n’avait pas fait au premier – ait profité au vainqueur du jour. Cette union de la gauche, avec les Verts ouvertement pro-DA, est aussi un appel du pied en vue des élections générales du printemps 2021.

Le taux de participation s’est élevé à 33,12%.

PLR dans l’opposition

Résultat, il n’y a plus de représentant de la droite à la Municipalité de Vevey. Une sacrée déconvenue pour le PLR, parti le mieux représenté au Conseil communal et qui se retrouvera dans l’opposition ces douze prochains mois.

Le perdant du jour en prend acte, mais veut positiver: «Il y a de la déception, forcément, mais pas d’abattement, jure Valentin Groslimond. Je suis très fier de la campagne qu’on a faite et très content de mon score, dans la mesure où tout le monde disait que je serais massacré au vu de mon inexpérience. Nombre de Veveysans ont du reste montré qu’ils étaient prêts à faire confiance à un jeune, compétent et du cru».

Une manière de se profiler en vue des élections générales du printemps prochain? «J’ai toujours dit que mon engagement serait durable, je serai donc candidat l’année prochaine. Le siège de droite est tombé et il faut s’employer à le récupérer, voire davantage avec un Exécutif qui passera à sept membres. Il faut être ambitieux.»

«Ma priorité? Les 12 prochains mois»

Yvan Luccarini botte en touche concernant les ambitions de son parti pour 2021. «La priorité, ce sont ces 12 prochains mois. Nous avons gagné grâce à notre programme, il nous faut le réaliser, même si tout ne pourra pas aboutir.»

Après des années de crise interne à la Municipalité, quelle ambiance de travail pense-t-il trouver? «Je ne cerne encore pas bien à quel point la dissension est grande et je n’ai pas envie de jouer les médiateurs. Nous avons l’occasion de fonctionner comme un vrai collège municipal, en sortant de la logique des deux blocs qui a prévalu jusqu’ici (ndlr, la syndique Verte Élina Leimgruber et Étienne Rivier d’une part, les deux Vevey Libre Michel Agnant et Jérôme Christen de l’autre, en l’absence de Lionel Girardin, toujours suspendu) et j’espère pouvoir y contribuer, notamment pour soulager une partie de l’administration mise en souffrance par cette situation de tensions.»

27 commentaires
    Jacques Gaillard

    Vous savez quoi? Dans l'Italie riche, celle du nord, entre Milan et Ravenne, dans des régions comme Padoue, Parme, Reggio Emilia, Modène, Bologne, ce sont les patrons qui font pencher la balance à gauche, alors qu'ils savent que ça les oblige à partager, mais qu'en échange ils vivent dans un système qui tourne bien. Senza combinazioni.

    Ah, et au fait, je signe de mon nom, comme le relève un autre intervenant, c'est pas tout le monde.