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Établissements de santéAccès interdit aux porteurs d’un masque en tissu

Parce qu’il est impossible de déterminer le niveau de protection de ces masques, souvent artisanaux, des hôpitaux et des cliniques privées vaudois ont décidé de les bannir.

Difficile de connaître le degré de protection des différents masques en tissu.
Difficile de connaître le degré de protection des différents masques en tissu.
Olivier Vogelsang

Des masques de protection, on en voit de toutes les couleurs dans les rues, les magasins et les transports publics. Des chirurgicaux classiques, pas très fun, aux véritables accessoires de mode en tissu souvent cousus de manière artisanale. Leurs porteurs ne sont toutefois pas tous égaux, comme pour rendre visite à un proche hospitalisé: la majeure partie des établissements de santé vaudois ne les autorisent pas à entrer ainsi masqués.

«Ces masques ne répondent pas au standard de sécurité en milieu hospitalier»

Le CHUV

Au CHUV, par exemple, tant les visiteurs que les collaborateurs doivent porter un masque chirurgical. «Les masques en tissu ne sont en effet pas autorisés car ils ne répondent pas au standard de sécurité en milieu hospitalier», explique l’hôpital universitaire. Des masques sont mis à disposition à l’entrée et dans les différentes unités de l’hôpital. La politique est la même à la Clinique de Genolier, à celle de Valmont à Glion et à celle de Montchoisi à Lausanne, qui appartiennent au même groupe, Swiss Medical Network. Là encore, le refus des masques en tissu est légitimé par le fait qu’il est impossible de vérifier si les mesures d’hygiène sont appliquées par tous, sans compter l’impossibilité de connaître le degré de protection de chacun de ces masques en tissu. Swiss Medical Network remet gracieusement des masques en papier à chaque visiteur.

Le match tissu contre papier?

Refuser l’entrée des cliniques ou des hôpitaux aux porteurs de masques en tissu ne découle pas d’une directive cantonale. Les établissements sont libres d’appliquer cette restriction ou pas. Eric Masserey est le médecin cantonal adjoint. Il réagit à cette mesure. «Nous estimons que le masque en tissu procure une protection satisfaisante en milieu communautaire, mais nous comprenons que des institutions imposent le port du masque chirurgical dans des lieux plus sensibles, plus exposants et plus exposés, comme les établissements de santé.» Faut-il en déduire que les masques en tissu, bannis par les cliniques et les hôpitaux, sont moins recommandables que les masques chirurgicaux? «La réflexion doit être équilibrée. Elle ne doit pas porter strictement sur l’aspect sanitaire du masque. Il faut aussi aborder leur prix, l’impact environnemental des masques en papier, ou encore se demander par qui et comment ils sont fabriqués en Chine», estime Eric Masserey.