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Après le test erronéLes bons réflexes quand les sirènes retentissent

Les sirènes sont régulièrement testées «en mode muet», a expliqué le Canton, qui s’est excusé pour l’erreur de lundi.
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La fausse alerte de lundi matin, lorsque les sirènes vaudoises ont sonné deux fois à la suite d’une erreur de manipulation, a engendré des réactions très diverses. Beaucoup de personnes se sont mises en quête d’informations, sans forcément se tourner vers les bonnes sources. D’autres ont tout simplement ignoré la mise en garde. Des attitudes qui posent la question de la réceptivité de la population en cas d’alarme réelle. Analyse avec Denis Froidevaux, chef de l’État-major cantonal de conduite (EMCC).

Denis Froidevaux est chef de l’État-major cantonal de conduite.

Quels sont les bons réflexes si les sirènes retentissent?

«L’alarme de lundi a été courte puisqu’elle n’a sonné que deux fois. Ça ne correspond pas à la norme et cela a généré une énorme confusion. La population s’est retrouvée incrédule et a cherché à s’informer auprès des centrales d’urgence ou de certains numéros administratifs, ce qui est compréhensible dans ce cas de figure mais pas du tout une bonne idée», rappelle Denis Froidevaux.

Face à une catastrophe, la référence est l’application Alertswiss (il existe aussi un site web). Celle-ci envoie des alertes et fournit des conseils.

En cas d’alarme générale, le comportement à adopter est simple: s’informer par le biais de la radio ou de la télévision puisque la SSR relaie les alertes via un système d’urgence; suivre les instructions des autorités et des forces d’intervention; renseigner et aider les personnes de son voisinage ou de son entourage.

Pourquoi faut-il éviter de téléphoner?

À l’inverse, il faut éviter de surcharger les réseaux de téléphonie avec des appels inutiles, les axes de transport avec des trajets superflus et, donc, les services d’urgence quand ce n’est pas nécessaire. «Si tout le monde téléphone au 117, au 118 ou au 144 pour obtenir des renseignements, nous risquons une saturation et de perdre les vrais appels d’urgence. Il faut se tourner vers Alertswiss et vers la radio en premier recours, mais aussi accepter qu’il puisse y avoir quelques minutes de latence entre les sirènes et les messages qui sont relayés par les médias», souligne Denis Froidevaux.

Courir «aux abris»: bonne idée ou non?

Non, en cas d’alarme, il ne faut pas chercher l’abri de protection civile ou le point de rencontre d’urgence (PRU) le plus proche de son domicile. «Concernant les abris PC, c’est un vieux réflexe qui date de la guerre froide, situe Denis Froidevaux. Beaucoup de scénarios n’imposent pas de sortir de chez soi, au contraire. Un accident avec des produits toxiques, par exemple, implique plutôt de rester dans son logement en fermant les fenêtres.»

À quoi servent les points de rencontre d’urgence?

Les points de rencontre d’urgence, ces «lieux de gestion de crise à l’échelle locale», servent à informer, assister, éventuellement organiser l’évacuation. Là encore, inutile d’y penser au moment où la sirène sonne. «Il ne faut pas y aller spontanément. En cas de besoin, ce sont les autorités qui donnent la consigne de s’y rendre.»

Alors qu’il existe un site recensant tous les PRU du pays, Vaud n’y figure pas. Pourquoi? Denis Froidevaux précise que cette plateforme va être transférée vers un site web fédéral à la fin de l’année 2024 et que le Canton a donc décidé de «migrer directement vers le site de la Confédération». Les emplacements de tous les PRU vaudois sont visibles sur le guichet cartographique cantonal.

Les tests endorment-ils la vigilance?

Le test annuel des sirènes, toujours le premier mercredi de février et pour lequel la population est toujours prévenue, a-t-il endormi la vigilance générale? Faudrait-il, parfois, un test non annoncé pour évaluer la réponse collective? «C’est une question éminemment politique, de résilience et de gestion des risques, répond Denis Froidevaux. Nous allons vers un monde plus incertain, au niveau géopolitique comme des risques naturels, et les autorités doivent trouver un point d’équilibre entre une stratégie réactive et une approche proactive, laquelle pourrait potentiellement être ressentie comme anxiogène.»

Multiplier les tests peut créer de la confusion, comme lundi, et susciter des inquiétudes. À l’inverse, n’en faire qu’un par an peut permettre à l’indifférence de s’installer. «Malheureusement, notre système est binaire, nous n’avons pas de nuancier. Soit vous êtes qualifiés d’alarmistes, soit vous êtes jugés trop passifs. Il faut donc tolérer une marge d’erreur et densifier encore le système d’alerte avec l’alarme par SMS», défend le chef de l’EMCC.

À quand une alerte par messagerie?

Depuis 2017, Vaud demande à la Confédération d’inclure cette diffusion cellulaire dans son dispositif. En complément des moyens de communication actuels, il s’agirait d’envoyer une alerte SMS à toutes les personnes situées dans la zone géographique concernée par un événement. L’Office fédéral de la protection de la population vient justement de valider le concept. Entrée en fonction espérée en 2028-2029. «Trop tard» aux yeux de Denis Froidevaux.

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