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Le Noël des artistes vaudoisAloïse, le Bon-Enfant et 46 Noëls en confinement

Internée en février 1918 à 32 ans, la Vaudoise, signature phare de l’art brut, a passé le reste de son existence en institution, où elle a créé un univers qui évoque aussi Noël.

«Noël 1955 – Carousel Napolitain», crayons de couleur et mine de plomb. «La scène se passe devant un arbre de Noël, décrit Jacqueline Porret-Forel, grande spécialiste d’Aloïse, dans le catalogue raisonné de la créatrice. […] La jupe-cloche est historiée de personnages hiéroglyphes: à droite, un Bon-Enfant vêtu d’écarlate et d’hermine.»
«Noël 1955 – Carousel Napolitain», crayons de couleur et mine de plomb. «La scène se passe devant un arbre de Noël, décrit Jacqueline Porret-Forel, grande spécialiste d’Aloïse, dans le catalogue raisonné de la créatrice. […] La jupe-cloche est historiée de personnages hiéroglyphes: à droite, un Bon-Enfant vêtu d’écarlate et d’hermine.»
COLLECTION DE L’ART BRUT


Noël 1963, mademoiselle Aloïse Corbaz a reçu une terrine de foie gras dans son asile de la Rosière, à Gimel. Le cadeau vient de Paris, il a été envoyé par le prophète de l’art brut Jean Dubuffet. L’homme suit son travail d’artiste depuis près de vingt ans, émerveillé par ce cheminement souverain vers la lumière et l’esprit grisé par le talent de cette femme qu’il ne considère «pas folle» mais «retranchée dans l’ingénieux cocon qu’elle s’est fabriqué».

Aloïse Corbaz (1886-1964) a laissé une œuvre de plus de 2000 compositions. Le Musée cantonal des beaux-arts, à Lausanne, et la Collection de l’art brut, à Lausanne, en conservent une grande partie.
Aloïse Corbaz (1886-1964) a laissé une œuvre de plus de 2000 compositions. Le Musée cantonal des beaux-arts, à Lausanne, et la Collection de l’art brut, à Lausanne, en conservent une grande partie.
Fondation Aloïse Corbaz

Des 45 autres Noëls en institution de la Lausannoise internée pour une démence précoce – c’est ce qu’on disait des schizophrènes à l’époque –, on ne sait rien. Pas de récits, pas de témoignages, pas de photos: c’est le grand blanc. Mais Aloïse (1886-1964), entrée dans la couleur vive comme artiste, a laissé de quoi le remplir autrement! Une sorte de fascination pour cette fête qui brille, pour ce sapin qui ploie sous les décorations et pour la hotte d’un Bon-Enfant débordant de cadeaux.

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