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Annulé, le Castrum cherche à exister malgré tout

Prévue à la mi-août, l’édition 2020 du festival pluridisciplinaire yverdonnois n’aura pas lieu. Mais des événements tirés de son programme pourraient être agendés en automne et au printemps.

Le public du Castrum devra patienter jusqu’en août 2021.
Le public du Castrum devra patienter jusqu’en août 2021.
VANESSA CARDOSO – A

Devenu annuel en 2017, le Castrum retombe – provisoirement – dans un rythme biennal. Par la force des choses et la situation sanitaire liée au coronavirus. L’édition 2020, prévue du 13 au 16 août, du festival pluridisciplinaire yverdonnois a été annulée par ses organisateurs, qui craignaient cette issue depuis plusieurs semaines. La sécurité du public, des bénévoles, des prestataires, des partenaires et des artistes est invoquée comme cause principale de ce choix opéré à contrecœur.

Avant d’arriver à cette extrémité, l’équipe a cherché à rebondir à chaque fois que le Conseil fédéral prenait de nouvelles mesures en lien avec la pandémie. Mais l’infime marge de manœuvre laissée aujourd’hui aux organisateurs (un hypothétique report de date) ne leur a pas vraiment laissé d’alternative. Si le festival avait eu lieu, les organisateurs auraient dû de toute manière limiter le nombre de spectateurs pour leurs spectacles. «Or, c’est contraire à nos valeurs, explique son directeur, Damien Frei. La découverte et le partage artistique, la cohésion sociale, l’accessibilité et la convivialité sont des critères essentiels au Castrum. Si l’un d’eux ne peut être assuré, notre festival se trouve amputé d’un de ses organes vitaux et ne peut permettre une fête aussi belle que nous le souhaitons.» Et puis, le temps venait à manquer pour un coup d’envoi prévu dans pile trois mois. «Et de toute manière, les mesures sanitaires en vigueur aujourd’hui ne permettent pas de réunir plus de cinq personnes dans un lieu public», reprend-il.

La découverte et le partage artistique et l’accessibilité sont des critères essentiels au Castrum

Damien Frei, directeur du Castrum

L’équipe du Castrum planche aujourd’hui sur des solutions à même d’amortir les répercussions que ne manquera pas d’avoir son annulation sur l’écosystème qui gravite autour de sa mise sur pied. «En tout, 300 personnes sont impliquées dans l’organisation, en majorité des partenaires locaux. Et on sait que pour certains, l’annulation de cette édition peut avoir des conséquences dramatiques», relève Zoé Dupraz, porte-parole du festival. Certes, les employés de l’association ont pu toucher des RHT, mais nombre de contrats passés avec des partenaires sont devenus caducs, dès lors que le festival était interdit.

Dans la mesure du possible, les artistes prévus cette année seront reprogrammés en 2021. Mais certains pourraient peut-être avoir une visibilité nord-vaudoise avant quinze mois. «On réfléchit à organiser des événements cet automne ou au printemps prochain pour que certains d’entre eux puissent faire quelque chose avec nous ou un autre acteur culturel de la région», conclut Zoé Dupraz.