Passer au contenu principal

Choc en Promotion LeagueAnthony Braizat: «On ne parle jamais d’Yverdon»

Le coach du Stade Nyonnais et son quatuor d’anciens joueurs yverdonnois affrontent leur ex-équipe mercredi. Pour un duel symbolique et décisif.

Anthony Braizat l’assure: il n’y a aucune animosité entre les anciens Yverdonnois devenus Nyonnais et leur ex-équipe.
Anthony Braizat l’assure: il n’y a aucune animosité entre les anciens Yverdonnois devenus Nyonnais et leur ex-équipe.
Keystone

Difficile de savoir si Anthony Braizat bluff. Lundi soir au sortir du très léger entraînement qu’il a concocté à ses joueurs, fait de «toro» et de foot-tennis, le coach du Stade Nyonnais dit tout de son plan pour faire déjouer Yverdon Sport. Un bloc un tout petit peu plus bas que d’habitude, beaucoup de vitesse sur les côtés, un focus mis sur l’un des deux défenseurs centraux yverdonnois: celui qui a passé près de trois ans sur le banc d’YS et qui connaît presque toutes les subtilités de l’effectif nord-vaudois promet qu’une vraie bataille attend l’incontesté leader de Promotion League mercredi soir à Colovray. «Même si on peut tout aussi bien en prendre quatre…» Reste à savoir si le Français ne cherche pas à brouiller les pistes à quelques heures d’un derby capital.

D’ailleurs, le technicien n’entend pas non plus parler de choc au sommet. «On n’en est malheureusement plus là.» Dans les chiffres, il a raison: Yverdon, c’est 18 points en six matches. Nyon, dix de moins… avec un match en plus. Dans les faits, c’est autre chose. Les Stadistes ont bâti cet été une équipe pour être compétitifs, faire mieux que l’an dernier (3es) et tenter de concurrencer YS. Si bien qu’une partie de son mercato s’est même jouée dans le Nord vaudois, les Nyonnais ayant récupéré Shaho Maroufi, François Marque, Belly Vumbi et Bruno Caslei, quatre hommes en passe d’être promus avec Yverdon Sport la saison dernière avant l’arrêt des compétitions.

Qui a eu raison?

Alors on veut croire qu’un sentiment de rancœur, qu’une volonté de revanche se terrent dans les esprits nyonnais. Parce que quelque part, ces gens-là ont été remplacés alors qu’ils menaient leur mission à bien. Mais là encore, impossible de prendre à défaut Anthony Braizat. «Comment en vouloir au club qui nous a nourris, avec qui on a grandi pendant plusieurs années? La page est tournée. Il n’y a aucune animosité, rien. Et à vrai dire, entre nous dans l’équipe, on ne parle jamais d’Yverdon.»

Toujours est-il que les deux équipes joueront gros mercredi. À commencer par leur crédibilité. Nyon a-t-il eu raison de s’attacher les services d’anciens rivaux? Yverdon a-t-il eu raison de les laisser partir? Voilà pour la toile de fond. Au premier plan se trouve évidemment l’intérêt sportif. Chez les Verts, il y a un sans-faute à poursuivre, une autoroute à continuer de tracer. En face, c’est déjà la dernière qui sonne, ou quelque chose qui y ressemble.

Placer un grain de sable dans la machine yverdonnoise

«On se souvient de l’année passée. Tout allait bien à YS, on était largement en tête, puis on a presque tout foutu en l’air en deux week-ends, se remémore Shaho Maroufi. L’idée, c’est d’inséminer le doute dans leur tête. C’est peut-être notre plus grande chance. Il n’y a rien de malsain là-dedans, on ne parle pas de vengeance, mais on veut les taper!»

Vaincre les anciennes couleurs, les anciens amis. Vaincre, surtout, la frustration qui ronge une équipe abonnée aux matches nuls et loin d’être récompensées à la hauteur de ses efforts.