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BiélorussieAprès la répression, nouvelle marche de l’opposition

Les opposants ont prévu de se réunir ce dimanche après-midi pour exiger le départ du chef de l’Etat, au pouvoir depuis 26 ans.

Une manifestante blessée est transportée par des militaires. Photo d’illustration.
Une manifestante blessée est transportée par des militaires. Photo d’illustration.
AFP

Une nouvelle marche d’opposition est prévue dimanche dans le centre de la capitale bélarusse sous haute surveillance policière, au lendemain de l’arrestation brutale de centaines de manifestantes.

Depuis la réélection contestée d’Alexandre Loukachenko, le 9 août, des manifestations d’une ampleur historique se tiennent chaque dimanche pour exiger le départ du chef d’Etat, au pouvoir depuis 26 ans.

La manifestation de dimanche doit commencer à 13h00 heure suisse à Minsk, mais des appels à protester dans d’autres villes du pays ont également été diffusés sur les réseaux sociaux.

Dimanche matin, des médias d’opposition ont publié des images de convois militaires circulant dans le centre de la capitale.

La veille, la police y a dispersé brutalement une manifestation de femmes: selon la porte-parole du ministère de l’Intérieur, Olga Tchemodanova, 415 personnes ont été arrêtées à Minsk, et 15 dans d’autres villes, pour participation à des «manifestations non autorisées».

Au total, 385 d’entre elles ont déjà été libérées, selon cette source, qui a menacé de poursuites pénales les participants d’autres rassemblements de ce type.

Des images ont montré des officiers de police portant sans ménagement certaines manifestantes jusqu’à des fourgons pénitentiaires.

«Escalade des violences»

Le nombre d’arrestations samedi ayant été bien supérieur que lors d’une manifestation semblable la semaine précédente, le Conseil de coordination de l’opposition a mis en garde contre «une nouvelle phase dans une escalade des violences contre des manifestants pacifiques».

La militante Nina Baguinskaïa, 73 ans, devenue une figure du mouvement contre le président Loukachenko, a notamment été interpellée, avant d’être rapidement relâchée.

Face à la répression policière, une chaîne Telegram d’opposition très suivie, Nexta, a publié une liste de plus de 1000 personnes présentées comme des fonctionnaires de police bélarusses.

Lors des actions de protestation, des manifestations tentent régulièrement d’enlever les masques ou cagoules de policiers ne portant pas d’insignes, ou de badges avec leur identité.

Réfugiée en Lituanie, la leader de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui revendique sa victoire lors de l’élection du 9 août, a affirmé samedi que les «Bélarusses étaient prêts à faire tomber l’anonymat de ceux qui obéissent à des ordres criminels».

«Vous devez regarder dans les yeux votre peuple, celui que vous devez défendre», a-t-elle affirmé en s’adressant aux forces de l’ordre, citée sur la chaîne Telegram de son service de presse.

Le président Alexandre Loukachenko refuse catégoriquement de s’incliner et a demandé l’aide de son homologue russe Vladimir Poutine, qui a promis un soutien sécuritaire à Minsk si nécessaire et promis au Bélarus un prêt de 1,5 milliard de dollars.

Rencontre lundi

Svetlana Tikhanovskaïa doit rencontrer lundi les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bruxelles. Des sanctions européennes sont prévues contre des personnalités bélarusses jugées responsables de fraudes électorales et de la répression policière contre les manifestants.

Le régime bélarusse a emprisonné de nombreux cadres du Conseil de coordination de l’opposition créé par Svetlana Tikhanovskaïa. D’autres ont dû fuir le pays.

L’une de ses alliées de premier plan, Maria Kolesnikova, a pour sa part refusé d’être conduite hors du pays. Elle est désormais emprisonnée et accusée d’avoir porté atteinte à la sécurité nationale.

ATS/NXP